Nouvelle Vague

Zoom : MAZE’S MOOD

Maze’s Mood est “comme un accord à 5 doigts” – ceux des guitaristes adroits Mathieu et Olivier, du bassiste calme Christophe, du batteur « pêchu » Alex et du chanteur à la voix souffrante et mélancolique Antoine. Nous les retrouvons peu après la sortie de leur EP “Songs From a Former Empty Room” dans une vieille maison flippante, perdue dans le Var.

 

Comment Maze’s Mood est-il né ?

Mathieu: Maze’s Mood a été créé en 2000 autour de quelques musiciens avec lesquels je jouais dans un autre groupe à l’époque. Ça ne correspondait pas à mon univers donc je leur ai demandé s’ils voulaient me suivre. Ils m’ont dit Oui et cela a duré jusqu’en 2005. Ensuite, je suis parti en solo puisque j’avais autre chose à proposer et qu’ils n’étaient plus sur la même longueur d’onde. Pendant deux trois ans j’ai laissé toutes mes compos dans un coin. J’en avais marre d’être tout seul et j’ai commencé à chercher des musiciens. Cela n’a pas été chose facile. Puis au fur et à mesure Christophe, Olivier, Alex et Antoine (par ordre d’arrivée) se sont joints au groupe et chacun a amené sa petite pierre à l’édifice.

Vous avez gardé et retravaillé tes compos ?

Mathieu: Au début toutes mes chansons avaient été rejouées par le groupe puis celles-ci ont été ré-arrangées au fur et à mesure. Christophe a donc apporté ses lignes de basse, Alex a rajouté sa façon de jouer de la batterie, Olivier a rajouté ses riffs et Antoine (le dernier arrivé) me collait pas mal et puis il a pris ses marques et a proposé son chant. Donc au début nous avons joué mes chansons, puis au fur et à mesure Olivier a ramené les siennes, Christophe aussi et nous sommes repartis sur des nouvelles bases.

Pourquoi ce nom de groupe ?

Mathieu: Cela vient de très loin. Ça venait un peu d’un rêve. Je l’ai choisi car ma musique a un côté ambivalent (côté noir, côté blanc), on ne sait pas sur quel pied danser, il y a une hésitation. Ce nom est le seul au monde.

Quel est le parcours musical de chacun d’entre vous ?

Mathieu: Pour ma part, j’ai monté avec une copine un groupe au lycée qui a changé cinquante fois de nom. Après à la Fac j’avais un autre groupe qui s’appelait « Moon Spirit . C’était un groupe de rock’n roll, reggae, électro etc.

Christophe: Moi, j’ai joué pendant des années dans un groupe et puis l’ancien batteur de Maze’s Mood m’a proposé de jouer de la basse dans le groupe et j’y suis resté. Je joue aussi de la guitare et de la contrebasse.

Olivier: Moi je me suis mis à jouer d’un instrument tard. J’ai composé chez moi tout seul, j’ai joué tout seul, je faisais de la musique assistée par ordinateur. C’était plutôt de la musique indus’ et puis je me suis tourné vers le rock indé. À l’époque, j’étais sur Paris et en descendant sur Nice j’ai cherché un groupe. J’en ai trouvé un de transition qui a existé six ou sept mois et puis j’ai vu une annonce et c’était en fait Mathieu. On ne se connaissait pas avant, mais à Paris j’avais entendu parler de lui (car on avait des amis en commun) mais je ne savais pas que c’était lui qui a posté cette annonce. Et je me suis joint à Maze’s Mood. Ça m’a beaucoup plus et c’est la raison pour laquelle je suis encore dans le groupe. En parallèle, depuis un an, je me suis mis à la basse dans un groupe de noisy pop.

Antoine: Moi j’ai joué un peu de guitare dans deux, trois groupes à Lille. Puis en arrivant à Nice je suis resté tous seul pendant un an et demi. Je suis ensuite retourné à Lille et j’ai fait deux groupes de rock-électro et un peu de métal aussi. Puis je suis revenu à Nice où j’ai rencontré L.A.O.H. J’ai passé avec eux deux ans avant de rencontrer Maze’s Mood. Et maintenant, Alex, une copine et moi, nous sommes en train de monter un groupe de garage rock.

Olivier: Quant à Alex, il a 25 groupes (rires). Il est musicien depuis toujours. Il fait partie d’Eon Megahertz, une formation qui a pas mal marché, même en dehors de la région. Il a plein de groupes et il participe à pas mal de projets studio.

Quelles sont vos influences musicales communes ?

Radiohead (rires).

Mathieu: On a des influences diverses, mais on essaye de ne pas copier et reproduire exactement ce qu’on a entendu. Le fait que nous ayons tous des influences différentes nous permet justement de créer quelque chose de nouveau.

Olivier: Mélange de folk, de rock, d’indus, de progressif, de garage, etc.

Mathieu: Oui voilà. Ce qui a de vraiment fort dans le groupe c’est qu’on peut tous y mettre notre patte.

Quel est le processus de création de vos chansons ?

Olivier: C’est aléatoire. Quelqu’un met une base en général, une idée ou quelque chose de plus écrit. Après chacun vient y mettre un peu sa patte. Mais nous travaillons en commun. Ce n’est pas non plus un patchwork.

Mathieu: Moi, quand j’écris une chanson c’est complètement différent. Il n’y a pas de processus. Je pose mes mains sur la guitare, je les laisse faire, je vois où cela me mène et après il y a la mélodie qui vient, puis le texte. D’autres fois le texte arrive avant. Je commence souvent par la mélodie, il y a trois, quatre mots qui ressortent puis je vais jouer autour de ces mots. Il y a toujours un sens, mais d’abord il y a une rythmicité. Il n’y a pas de thèmes imposés. C’est en fonction du moment.

Vous n’écrivez qu’en anglais ?

Mathieu: Oui. Pour écrire des chansons en français, on doit être super fort. Il faut avoir un talent d’écriture que je n’ai pas du tout. L’anglais permet un peu d’avoir ce filtre là. Même si les paroles veulent dire quelque chose, si on veut les traduire en français au niveau littéraire c’est vraiment difficile. Je n’ai pas la prétention d’être un Bashung, ou JP Nataf ou Bertrand Cantat. Eux ce sont des gens qui savent vraiment manier le français et le rendre mélodique.

Olivier : De toute façon nous sommes parti sur le rock indé typiquement anglo-saxon. Pour la création d’une chanson, que ça soit au niveau de la musique ou des paroles, pour ma part il y a toujours quelque chose que j’ai vécu, que j’ai en tête, que j’ai réfléchi, puis j’essaye d’en faire un tout cohérent afin de dire quelque chose.

Mathieu: Oui, un truc qui a un sens. Sinon, cela ne sert à rien de juste dire que le ciel est bleu etc. Il faut essayer de trouver un sens. Les thèmes principaux de mes chansons par exemple étaient la perte de l’amour ou la désillusion. Et maintenant quand chacun amène ses petits bouts de ce qu’il sait faire c’est d’autant mieux.

Comment vos répétitions se déroulent-elles ?

On commence par un petit apéro – briefing (rires).

Mathieu: Nous jouons généralement le set pour l’avoir toujours un peu dans les doigts et après, la dernière demi-heure, nous jouons les nouvelles chansons. Nous avons six nouvelles chansons que nous sommes en train de travailler. Généralement nous partons d’une base, soit Christophe, soit moi, soit Olivier et nous essayons de les écrire, de les mettre en partition. Ce n’est pas toujours facile parce que je ne sais pas écrire et lire la musique.

Votre premier EP s’appelle « Songs From a Former Empty Room ». Pourquoi ?

Mathieu: À l’époque оù j’ai écrit les chansons qui sont principalement sur l’EP, c’était quelques mois avant de retrouver ma copine. Ce n’était pas du tout prévu et en pensant à elle j’ai écrit trois, quatre chansons quasiment dans la même semaine. Je voulais faire un mini CD et l’appeler « Songs From an Empty Room » puisqu’elle n’était plus là. Et quand nous avons composé l’EP, ma copine était revenue donc la pièce n’était plus vide. Cela marque aussi la rupture entre les chansons qui étaient faites et les chansons qui sont à venir.

À quand l’album ?

Nous avons déjà 12 chansons finies (des anciennes et des moins anciennes) et il y en a encore en stock. De mon côté, j’ai encore une dizaine à travailler. Christophe doit aussi en avoir quelques unes, Olivier pareil. Il en a 5, 6 qui sont en attente. Donc nous avons pas mal de chose à travailler avant de faire un album mais c’est encore trop tôt pour en parler.

À part la mélancolie, quelles émotions peut-on retrouver dans Maze’s Mood?

Olivier: Ça dépend si on parle des chansons de l’EP ou de nos chansons en général puisque nos nouvelles compositions ne sont pas si mélancoliques. On peut dire que le thème c’est un questionnement sur le monde, sur la nature humaine, avec une espèce d’amertume. Une amertume qui n’est pas une déception définitive, qui provient peut-être du fait que parfois on approche trop la réalité. Mais sinon nous sommes super rigolo !

 

Lyuba Sofronieva

http://www.myspace.com/mazesmood

 

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