Nouvelle Vague

ZEBDA

Zoom-Zebda-Bernard-Ben­ant

Zebda, le groupe toulousain revient sur le devant de la scène seulement deux ans après son dernier album ! Avec « Comme des Cherokees » Zebda signe un retour aux fondamentaux de leur début qui ont fait leur succès. Entre rock, funk et reggae le groupe à l’accent chantant livre un opus direct et efficace !

 

Qu’elle était la place de la musique dans votre vie à vos débuts ?

Enfants de quartier, notre seule arme était notre corps. La seule façon d’exister était de se servir de nos jambes. Dans les quartiers ce sont ni les poèmes ni les théorèmes mais les petits pas de danse qui te permettent de t’exprimer. Nous n’avions pas l’occasion de penser, de réfléchir, ou d’écrire… Notre trajectoire de fils d’immigrés nous a démuni de la connaissance, et sans connaissance nous nous servons des outils dont nous disposons : deux bras et deux jambes, c’est l’arme du pauvre. Nous nous sommes pris au jeux, mais jamais nous n’avions pensé en vivre ! Notre succès nous a beaucoup surpris !

 

Quand vous êtes vous dit « banco c’est ce qu’on veut faire »?

A notre tout premier concert! Nous avons vu l’impact que nous avions sur les gens et nous nous sommes dit « là il y a un truc, il y a quelque chose à tenter ! »

 

Vous êtes un groupe de scène, vous y pensez en composant ?

Nous ne pensons presque qu’à ça même ! Le texte est aussi important que l’énergie du morceau pour la scène, nous avons besoin de penser et de danser !

 

Vous êtes un groupe extrêmement engagé, comment vous viennent vos sujets ?

En fait nous sommes dans un état de révolte permanent, il n’y a pas un jour où nous nous disons « tiens aujourd’hui le monde est apaisé». Zebda c’est une colère, un feu permanent c’est notre signature. Mais en même temps, nous sommes dans la musique donc nous sommes conscients que nous sommes des privilégiés qui vivent du plaisir de jouer. Mais la colère reste, même si elle peut parfois aussi être douce.

 

Vous vous êtes retrouvés facilement ?

Oui ! Etre dans un collectif c’est quelque chose de fort. Ce sont des copains qui te portent, te consolent, te soignent, et ça fait du bien. Chacun y trouve une protection et tout le monde est revenu. Quand nous nous sommes retrouvés, nous nous sommes rendu compte à quel point cela nous avait manqué. Des projets individuels il en faut mais avec Zebda, nous nous sentons plus forts et ça nous rassure.

 

Cela fait 25 ans que vous jouez et votre public se renouvelle comment l’expliquez vous ?

Nous avons le souci de faire partager des idées universelles, d’échapper aux modes, à l’air du temps. Nous essayons de balancer quelque chose de sensible qui fait appel à l’intelligence et quand tu fais appel à l’esprit tu transcendes les générations. C’est l’histoire universelle du faible qui casque dans une société qui prétend à l’égalité.

 

L’album s’appel « Comme Des Cherokees » parlez moi un peu de ce titre.

Quand nous étions des mômes, nous nous identifiions au petit cow-boy américain. Beau, blond, les yeux bleus, bien rasé, c’est lui le gentil et l’indien le méchant. Mais à l’adolescence, nous nous sommes rendu compte que c’était l’indien notre frère. Le cow-boy c’est le blanc, l’oppresseur, le colonisateur, le patron de nos pères, c’est tout ce qui oppresse le plus faible. Et d’un coup, nous nous sommes dit :« nous voulons être les indiens, nous voulons être dans le camps des minorités, parce que c’est ce que nous sommes». Nous sommes des indiens, pas des cow-boys, comprends qui veut. (rire)

 

Comment décririez vous l’album ?

Il est plus limpide, avec des chansons plus évidentes, plus toniques. Nous avons longtemps composé avec des machines, des samples, des boucles mais là, nous voulions revenir à l’essentiel : basse, batterie, guitare et retrouver un peu l’essence de nos 17 ans. (rire). Nous avons fait cet album en deux temps trois mouvements et c’était vraiment agréable. Jamais nous n’avions composé aussi vite.

 

Comment l’expliquez vous ?

Avec le temps, nous nous retrouvons avec encore plus de choses en commun comme le fait de tous être parents. Nous avons toujours eu une base commune pour ce qui est des idées, mais là notre sens de la vie est le même, ça éclaire la route, nous avons tracé.

 

Hugo Pascual

Le 19/07 au Festival de Thau – Meze (34) et le 15/11 à l’Espace Nova – Velaux (13)

www.zebda.fr

 

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