Nouvelle Vague

TROY VON BALTHAZAR

#NVmagZoom

5ème album solo pour le chanteur du groupe de rock culte Chokebore ! Une fois de plus intimiste, auto-produit et d’une honnêteté désarmante, l’Américain semble avoir adopté la France pour de bon et nous fait part de son dévouement le plus total à la cause musicale, qu’importent les sacrifices, avant de s’embarquer pour une tournée printemps / été méritée et comme toujours attendue.

Avant Chokebore, le groupe s’appelait Dana Lynn. À quoi ce nom faisait référence ?

Dana Lynn était le prénom de la petite amie du batteur mais elle était très belle et il n’avait aucune chance que ça dure. Plus tard, nous avons découvert que c’était aussi le nom d’une star du porno (rires). On était donc gênés et à la même période on avait l’occasion de pouvoir réaliser un album, alors on s’est dit « il faut qu’on change ce nom horrible ». On le détestait et on ne voulait rien avoir à faire avec des stars du porno ou quoi que ce soit du genre, donc c’était un bon moment pour changer de nom. Et on a changé à ce moment-là en Chokebore.

Pourquoi avez-vous choisi ce nom ?

Nous avons réalisé qu’il est très difficile de trouver un nom pour un groupe, nous essayons tous de penser à quelque chose, puis Jon, le guitariste, a simplement suggéré ce nom, et nous, on a dit: « D’accord ». En gros, un choke-bore [le terme est identique en français – ndlr] est une modification d’un vieux fusil de chasse. À la base, le bout est très large et on rétrécit l’avant du calibre pour pouvoir tirer plus loin. Nous n’avons aucun rapport avec les armes à feu et je ne sais pas non plus pourquoi nous avons choisi ça, mais nous nous sommes dit: « D’accord ! »

Tous les crédits de composition de Chokebore sont attribués au groupe dans son ensemble mais tu as été le seul membre à poursuivre une carrière en solo. Quelle était alors ta contribution et a-t-elle beaucoup varié d’un album à l’autre ?

C’est une question délicate car les autres membres sont toujours mes amis. (rires) Je dirais qu’avec Jon et James qui sont respectivement à la guitare et la basse, nous étions des gens très créatifs et que nous sommes tous importants dans le groupe. Je veux dire qu’il n’y aurait pas eu le groupe sans l’un d’entre eux. James a écrit d’excellentes lignes de basse, Jon a écrit de très bonnes lignes de guitare et j’ai écrit toutes les paroles et beaucoup de chansons. Le groupe m’intéressait beaucoup et je poussais sans cesse dans ce sens… Je pensais toujours à la musique, au prochain album, à la prochaine chanson, à la prochaine tournée et au prochain concert. J’avais juste tellement d’énergie et le besoin de me concentrer sur une seule chose. Je n’avais pas vraiment d’autre vie en-dehors de ça, alors j’ai mis toute mon énergie là-dedans.

Après avoir tourné avec Nirvana début 1994, avez-vous perçu un impact sur les perspectives de carrière de Chokebore ?

Non, rien n’a changé. Avant Nirvana, on jouait devant 12 personnes à Los Angeles et le lendemain soir, on est allés à San Diego pour le spectacle et on a joué devant 25 000 personnes. Après la tournée, nous sommes rentrés et non… c’était plutôt pareil. (rires) À l’époque, la plupart des gens n’avaient pas Internet. Je suppose que certaines personnes étaient un peu plus intéressées après que l’on ait dit qu’on avait fait ça, comme les organisateurs de lieux ou les gens dans ce business, mais je pense que la raison pour laquelle nous sommes finalement devenus populaires est que nous avons donné beaucoup de concerts et que c’est vraiment ça qui l’a fait. Nous avons juste continué à jouer et tourner et notre musique était décente donc au final, les gens l’ont aimée.

Depuis 1996, comment se fait-il que tous les albums de Chokebore aient été enregistrés en France ?

Est-ce bien vrai ? Non, non, non, le dernier, « It’s A Miracle » (2002), nous l’avons fait à Los Angeles. Nous avons fait « A Taste For Bitters » (1996) et « Black Black » (1998) en France car nous avions trouvé cet incroyable studio nommé « Black Box » à Angers. Ce beau studio, nous y sommes allés une fois au beau milieu d’une tournée et nous y avons enregistré « A Taste For Bitters ». C’est un bel espace avec un gars incroyable qui y travaille, Peter Deimel. Nous avions l’occasion de faire un autre album et nous nous sommes dit: « Retournons à cet endroit ». Et après deux albums dans le même studio, c’est une bonne idée de changer un peu, tu sais. Donc, le dernier, « It’s A Miracle », a été fait à Los Angeles.

Mais comment êtes-vous tombés sur ce studio ? Vous habitiez en France ?

Au début, on faisait des tournées. Il y avait un gars extraordinaire nommé Anthony Martin. Il organisait des tournées dans toute l’Europe, de la Slovénie à la Grèce, en passant par la Norvège, Sarajevo… Il était cet agent fou qui dirigeait également le label Amphetamine Reptile, ou AmRep, en Allemagne. Il nous a collé en tournée partout et nous étions en France, et je pense que quelqu’un nous a suggéré le studio et nous y sommes allés, nous avons vu le lieu. C’était beau et tout en pierre, un studio incroyable, nous n’avions jamais vu quelque chose d’aussi beau, de beaux magnétos analogiques à bande et de vieux amplis et nous nous sommes dit: « OK, faisons-le ici ». C’était aussi simple que cela.

Penses-tu que si vous aviez séjourné aux États-Unis, ça aurait bénéficié davantage au groupe ?

Ouais, probablement. Nous commencions à être de plus en plus populaires là-bas, mais c’est aussi la vie. Quand nous sommes venus en Europe, nous étions simplement stupéfaits et nous en sommes tombés amoureux, tous les membres du groupe. On s’est dit: « Wow, on veut juste être ici ». Je me souviens qu’après la première tournée européenne, je suis revenu aux USA et je pense que le premier jour de mon retour, j’ai téléphoné à Anthony Martin d’Amrep Europe et je lui ai dit: « Trouve-nous une autre tournée ! On n’a pas besoin d’argent, on peut jouer 100 concerts d’affilée, qu’importe, booke une tournée, n’importe quoi. On veut juste être là-bas. » Donc, cela ressemble plus à une décision de vie. Nous voulions juste être en Europe. On sentait que c’était ce qu’il fallait faire. Mais oui, je suppose que nous aurions probablement pu… Nous travaillions avec un bon management et les choses se présentaient bien aux États-Unis mais, tu sais, tout ne tourne pas autour de ça, je suppose.

Et quel est le statut du groupe maintenant ?

En stand-by permanent (rires) Stand-by éternel.

 

Vos chansons sont toujours assez profondes, poignantes et avec du sens, mais vos titres d’albums sont plus cryptiques, donc j’imagine que chaque titre d’album doit être évocateur de différentes périodes dans le temps. Que dirais-tu de les parcourir depuis les débuts de Chokebore jusqu’à tes propres productions ?

Ça marche.

 

Le premier s’appelait « Motionless » [« Immobile »] (1993). D’où ça vient ?

On recherchait un titre pour l’album, on n’arrivait pas vraiment à penser à ce qu’il fallait et j’ai dit: « OK, je trouverai quelque chose d’ici demain ». Alors je suis rentré chez moi et j’ai ouvert, je crois que c’était un dictionnaire, et je me suis dit: « Je vais simplement choisir une page au hasard et là où je mets le doigt, ce sera le titre de l’album ». Et je suis juste allé à une page, j’ai posé mon doigt, et ça disait « immobile », et je me suis dit: « Parfait ».

« Anything Near Water » [« N’importe Quoi Près De L’Eau »] (1995) ?

« Anything Near Water », nous étions en tournée aux Etats-Unis et l’un des membres du groupe disait aux autres: « Vous savez, c’est génial de vivre au bord d’un lac car quand vous allez à un rendez-vous et que vous emmenez une fille près de l’eau, alors c’est sûr qu’il y a moyen de l’embrasser. N’importe quoi près de l’eau fonctionnera. » Et je me souviens avoir pensé « Ah ! « N’importe Quoi Près De L’Eau »… c’est un bon titre ». (rires) Mais aussi, c’était logique pour nous parce que nous venons d’Hawaï où nous sommes entourés d’eau et beaucoup de paroles font référence à l’eau en général dans tous les albums, et j’en parle tout le temps parce que j’ai grandi entouré d’eau. C’est très important symboliquement pour moi, et il était donc logique, venant d’Hawaï, de mettre de l’eau dans le titre.

« A Taste For Bitters » [« Un Goût Pour Les Liqueurs Amères »] (1996) ?

« A Taste For Bitters », nous étions sur un bateau qui allait de je ne sais plus où jusqu’en Finlande, et je lisais un menu où il était écrit « Un Goût Pour Les Liqueurs Amères » sur le menu des boissons. Et je me suis dit: « Oh, c’est parfait pour notre musique ». (rires) Et donc, j’ai commandé la boisson mais je ne l’ai pas vraiment beaucoup aimée. (rires) Mais le titre était parfait pour notre musique, tu sais, une saveur un peu amère et pas tout à fait facile d’accès mais qui peut être quand même agréable.

Le suivant était « Black Black » [« Noir Noir »] (1998), avec paradoxalement une couverture très claire et « Black Black » écrit en marron…

Tu vois, tous ces titres, on les trouve dans des endroits au hasard. La raison pour laquelle on les trouve, c’est qu’ils ont un sens pour nous, tu sais. Nous sommes allés au Japon et il y avait un chewing-gum – que j’ai toujours chez moi – qui s’appelait « Black Black ». Et je me souviens l’avoir regardé et m’être dit: « Oh, c’est parfait. C’est juste où nous en sommes ». Donc, je suppose, comme dans tout, en regardant en détail sa vie, certaines choses ressortent, certains mots, et ils ont un sens pour le projet. C’est logique pour nous. Le Japon avec ces petites personnes toutes mignonnes qui ont ce chewing-gum où il est juste écrit « Noir Noir », ce contraste était exactement là où nous en étions nous-mêmes.

C’est drôle parce qu’en fait, vous proposez ces noms et tout le monde est d’accord dans le groupe.

Jusqu’ici, oui. Bon, j’étais très envahissant. J’étais très insistant. Tu sais, je pouvais discuter pendant douze heures, ils se fatiguaient (rires) et c’était bon. « OK, d’accord, Troy, oui… ».

Ensuite, il y a « It’s A Miracle » [« C’est Un Miracle »] (2002)…

« It’s A Miracle », en fait, celui-ci, c’est Jon qui l’a trouvé ! Oui. Jack a trouvé ça. Il a dit: « Qu’est-ce que vous pensez de « C’est Un Miracle » « ? Et ça nous a fait plutôt marrer, on lui a dit: « Ouais, c’est un miracle que nous fassions un autre album, alors utilisons ça. Oui, c’est parfait. » C’était une blague entre nous parce que la situation devenait difficile pour nous à ce moment-là. On commençait à être épuisés et on ne gagnait pas d’argent. On tournait et tournait et tournait, puis on rentrait mais on n’avait pas de nourriture, tu vois, et ça devenait juste difficile, ça faisait longtemps qu’on était ensemble, on vivait dans le même fourgon ensemble, dans la même voiture pendant 10-15 ans et ça commençait à nous énerver et nous épuiser. Donc, on s’est dit: « Bah ouais, c’est un miracle si on peut faire un autre album ». C’est pour ça.

Passons à tes propres productions. Ton premier album de 2005 n’a pas de nom. Tu ne voulais rien choisir ?

Si, si, mais le temps était compté et je n’arrivais pas vraiment à choisir quelque chose, je n’arrivais pas à le déterminer. On peut choisir n’importe quoi, n’importe quoi vaut mieux que rien, j’aurais simplement pu l’appeler « Hélicoptère », cela aurait été mieux qu’en mon nom mais, je ne sais pas, c’était la première fois que j’enregistrais moi ou qui que ce soit dans un studio. Avant cela, nous avions toujours quelqu’un qui faisait au moins ingénieur du son, c’était donc une première. Je suis allé au studio d’Elliott Smith à Los Angeles. J’étais la première personne là-bas après son décès et j’y suis un peu resté assis pendant un mois pendant lequel je me suis appris à utiliser Pro Tools tout seul. J’essayais juste de faire un album, en vérité.

Mais c’est étrange parce qu’il sonne plutôt lo-fi comme des enregistrements faits à la maison.

Oui, bon, je ne savais pas utiliser le matériel. (rires) Au fond, je n’utilise que mon ordinateur et ensuite la pièce où j’enregistre. Mais à cette époque, je ne savais même pas comment brancher un micro ou comment utiliser la compression, l’égalisation ou quoi que ce soit et il n’y avait personne pour me dire comment. Donc, depuis, j’ai appris tout cela, mais avant, j’avais juste un micro branché dans mon Macbook.

Ensuite, tu as fait « How To Live On Nothing » [« Comment Vivre De Rien »] (2010).

Oui…

 

Il s’explique tout seul d’une certaine manière.

Oui, c’est juste la vie de l’artiste, du musicien. Il faut être un type de personne vraiment coriace à bien des égards. Sensible à bien des égards, mais également coriace, parce que si tu vas choisir de faire ça, tu vas devoir apprendre à vivre de rien, mais pour de vrai. Et même si tu as du succès par pure chance, ça ne durera qu’un moment. Donc, tu vas quand même devoir apprendre ça. Mais, tu sais, j’ai choisi et je choisis encore tous les jours de continuer, même avec…

Malgré tout.

Voilà. Exactement… Malgré tout ! Exactement. Malgré tout, oui…

 

Ensuite, tu as « Troy von Balthazar … Is With The Demon » [« … Est Avec Le Démon »] (2012)…

[grand soupir] C’était une période sombre pour moi… mais il y a eu un bon moment. J’étais à la mer, je commençais à enregistrer l’album et il n’avait toujours pas de titre, et mon amie est venue et nous nous promenions sur les rochers, et elle portait un tatouage de démon sur sa jambe, qui était très effrayant en fait, mais juste le fait de parler à quelqu’un de sympa qui croyait en ma musique m’a beaucoup, beaucoup aidé à l’époque. Et donc la partie la plus agréable de cet album était juste de marcher et parler avec cette personne, et donc je l’ai appelé « … Est Avec Le Démon ».

Ensuite « Knights Of Something » [« Chevaliers De Quelque Chose »] (2016)…

Le titre était une sorte de jeu de mots avec le « Days Of Nothing » de Chokebore.

 

Ah mais bien sûr !

Oui, parce que pendant que j’enregistrais cet album, un ami m’a écrit un message qui disait: « J’écoute toujours « Days Of Nothing » et ça me terrifie à chaque fois que je l’entends, (rires) toujours autant après 20 ans, il m’affecte totalement et me fait peur. » Et je me suis dit « D’accord, cool, je dois faire quelque chose. » C’était donc juste un jeu de mots de « Days Of Nothing » [« Jours De Rien »] en « Knights Of Something » [phonétiquement « Nuits De Quelque Chose »].

Mais cela signifie-t-il aussi que tu te sentais à l’opposé total de ce que tu étais à l’époque de « Days Of Nothing » ?

Hmm… [longue pause] Bien sûr. Oui, je l’étais. Je veux dire, il y a un lien avec ça. Je me connectais à cela d’une certaine manière, mais « Days Of Nothing » est la première chanson que j’aie enregistrée tout seul pour Chokebore. Nous venions de rentrer d’une tournée, j’ai écrit et enregistré la chanson sur un petit magnéto 4 pistes chez moi et je l’ai proposée au groupe. Donc, c’était la première fois que je jouais une chanson de TvB seul, au fond. Du coup, pour moi, ce « Knights Of Something » me provoquait un peu le même sentiment que « Days Of Nothing ».

Et maintenant, il y a ce nouvel album intitulé « It Ends Like Crazy » [approximativement « Ça Finit En Folie »]. De quoi s’agit-il ?

En gros, j’ai enregistré cet album dans la Creuse, dans une petite maison de pierre, tout seul au milieu de nulle part. Je conduisais pour rentrer chez moi un soir dans la neige et ma voiture a commencé à patiner et tourner, et j’ai réalisé que tout était comme au ralenti, mais à ce moment-là, je pensais à une chanson. Je me souviens d’avoir pensé à une chanson que j’écrivais à la maison et que je n’avais pas fini d’enregistrer et j’entendais juste cette musique qui jouait dans ma tête et je me disais seulement: « Ah ! J’ai besoin de finir cette chanson ! » C’est tout ce à quoi je pensais. Ma voiture tournait et tournait sur la route mais je n’entendais que cette musique à la fois si forte et paisible dans ma tête. Et je ne pensais que: « Je veux juste finir cette chanson ». La chanson s’appelle « Impale ». Quand la voiture a cessé de tourner, heureusement, j’étais encore en vie et je suis rentré chez moi très lentement. Une fois chez moi, j’ai réalisé que, tu sais, tout pourrait finir en une seconde au milieu de nulle part sur une route sombre de campagne, dans la glace. Et tout ce que je voulais faire de ma vie quand je pensais que j’allais mourir, c’était juste finir ma musique, tu sais. Et donc l’album s’est appelé « It Ends Like Crazy » parce que… ça tombait sous le sens.

Wow, intense.

Oui, mais c’était en fait très beau quand je tournais, je veux dire, j’étais totalement en paix et j’ai entendu la chanson et c’était comme si j’écrivais la chanson dans ma tête à ce moment-là, mais ma seule pensée était: « Je veux juste la finir ».

Mais tu veux dire que l’idée entière de la chanson a surgi à ce moment-là ou c’était quelque chose que tu avais déjà en tête ?

J’y travaillais dans mon esprit, mais c’était comme avancer dans ma tête alors que je tournais, tu vois: « Je veux finir ça, j’ai besoin de finir cet album ! ». Je ne pensais pas à mes proches ou à ma famille (rires) ni à quoi que ce soit, juste à la chanson ! Et ce fut en fait un moment important pour moi, juste qu’il puisse m’être rappelé à quel point la musique est toujours précieuse pour moi.

Alors, comment décrirais-tu ce nouvel album et surtout comment le compares-tu à ce que tu as fait auparavant ?

Je dirais qu’il est mieux. C’est comme ça que je le compare. Il est mieux que le dernier album, c’est certain.

Tu n’as pas aimé le précédent ?

Si, si, je l’ai aimé. Il était très honnête, il était exactement ce qu’il devait être, mais je pense que les gens aimeront mieux le nouveau parce qu’il est plus ouvert, un peu moins sombre mais il y a quand même des moments très intenses. J’ai appris à m’ouvrir de nombreuses façons et ça s’entend.

Depuis « Motionless », et même depuis Dana Lynn, à maintenant, tu n’as pas l’impression d’écrire des chansons progressivement plus légères et parfois même lumineuses ?

Ah oui ?… OK, cool.

 

Je ne sais pas, tu ne trouves pas ?

Je n’en ai aucune idée. Je ne peux pas vraiment entendre ma musique, je ne sais pas vraiment ce que c’est. Je l’entends dans ma tête, mais elle est différente pour moi de ce que je pense qu’elle est pour d’autres gens parce que je pense que je l’entends différemment. Tu sais, quand j’écoute l’enregistrement, ça me rappelle mes pensées lorsque je l’écrivais ou quelque chose du genre, donc, je ne suis pas très bon juge. (rires) Je devrais l’être mais je suis un terrible juge de ma propre musique. (rires)

Utilises-tu de nouvelles technologies, de nouvelles façons de produire, de nouveaux styles ?

Oui, il y a plus de musique au piano dessus, c’est plus ouvert, et je l’ai également fait mixer à Paris par un mec génial du nom de Henri D’Armancourt. C’était la première fois pour un album de TvB que je laissais quelqu’un d’autre le mixer. J’y suis allé et nous avons travaillé dessus ensemble. Il mixait et j’aidais, mais il faisait le gros du boulot, et c’était bien de laisser quelqu’un d’autre y toucher, tu vois. Donc, c’est plus ouvert soniquement et musicalement aussi. Je pense qu’il y a de belles chansons là-dessus. C’est tout ce que j’ai vraiment essayé de faire, de belles chansons, et il y en a de très intenses là-dessus. C’est complètement honnête et je ne gagne pas d’argent à faire ça, alors je peux être aussi honnête que je veux. Je n’ai pas de maison de disques qui me dise quoi faire de quelque manière que ce soit.

D’ailleurs, à ce sujet, depuis Amphetamine Reptile, tu as fait des allers-retours entre toutes sortes de labels. Où es-tu maintenant ? Comment commercialises-tu ton travail ?

Eh bien, pour les deux derniers albums, j’ai travaillé avec un label français nommé « Vicious Circle », et ce nouvel album je le leur en concède la licence pour la France. En gros, j’enregistre tout moi-même et je paie pour tout de sorte à posséder intégralement l’album, puis je le concède sous licence à différents territoires.

C’est la meilleure façon de s’y prendre ces jours-ci.

Ouais. Donc, je prépare une sortie pour cet album aux États-Unis et au Japon également en ce moment. Ça devrait sortir sur deux ou trois territoires différents et ensuite je partirai en tournée et j’essaierai de le jouer autant que je peux.

Tu as des projets de tournée jusqu’à présent ?

Oui. On met en place des dates en France actuellement, en Suisse et aux Etats-Unis. Je commencerai à jouer quelques concerts en avril, puis mai et juin, jusqu’à après l’été.

Tu as dit sur ta page Facebook que tu comptais ramener des vinyles à tes concerts…

Oui, j’en ai un paquet. Toute l’archive Chokebore. Je vais essayer d’en ramener en Europe autant que je peux, alors avec un peu de chance pendant la tournée, j’en aurai à vendre, ainsi que des vinyles de TvB et le nouvel album.

Tu auras un stand avec tout ça ?

Ouais, j’espère. Si je peux gérer ça moi-même, oui.

 

Tu veux ajouter un truc ?

L’album sort le 29 mars. C’est le meilleur album que j’ai jamais fait.

 

D’accord. (rires)

En fait, c’est, je pense, le meilleur album de TvB, de tous les temps. Je sais que ça a l’air stupide, mais en fait, je l’ai fait écouter à des amis et ils ont tous dit ça, alors je leur fais confiance. C’est excitant ! Oh, et aussi, il y a un livre sur Chokebore qui va être publié ! [« Chokebore – Days Of Nothing » de Thierry Jourdain, éditions Camion Blanc. – ndlr]

Christopher Mathieu

www.troyvonbalthazar.net

Laisser un commentaire