Nouvelle Vague
Marseille le 30 juillet 2015, photo du groupe TEMENIK ELECTRIC
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Temenik Electric, l’esprit de résistance. Enregistré dans les studio Realworld de Peter Gabriel et paru fin 2015, le deuxième album des Marseillais transcende les genres et les frontières. Avec Inch’Allah Baby, leur arab-rock toutes guitares devant défie les préjugés.

Votre premier album a reçu un bon accueil sur le marché anglo-saxon, et vous avez enregistré ce deuxième, Inch’Allah Baby, à Realworld…
Mehdi (chanteur/guitariste) : Après le premier album « Wesh Hadda » on a composé cet album à deux avec Matthieu Hours (machines) et autour de moi, tout le monde disait « Mehdi, il faut passer au niveau supérieur, rencontrer un réalisateur international…». À ce moment-là j’écoutais l’album de Robert Plant, j’y ai relevé le nom de Justin Adams, qui a notamment produit le dernier album de Rachid Taha. Piqué au vif par les suggestions de notre entourage musical, je l’ai tout simplement contacté via Facebook. Et, après avoir écouté deux morceaux, il a accepté de le réaliser ! C’est alors qu’il m’a dit qu’il enregistrait à Realworld… Je l’ai remercié pour l’invitation mais, étant sans label à ce moment là, je lui ai fait comprendre que je ne pourrais pas suivre. C’est finalement lui qui m’a convaincu qu’on devait  travaillait ensemble, on a trouvé un arrangement financier avec ce studio qui nous semblait inabordable. C’est la musique qui a parlé et, ça, ça me rend très fier.
L’enregistrement s’est passé comment ?
On s’est retrouvés à Bath dans le studio de Peter Gabriel, dont je suis un fan ultime depuis gamin. Quand j’ai raconté aux copains que j’allais enregistrer chez lui, ils me prenaient pour un mythomane ! Blague à part, on rentre dans un musée de la musique, dans un décor magique mais après tu dois bosser. Ceci dit,  ça n’a pas changé notre manière de travailler. Le premier quart d’heure, j’étais sidéré d’être là parce je suis resté gamin devant mes idoles. Mais après tu es obligé d’assurer car les meilleurs ingénieurs du son du monde attendent tes consignes… On a bénéficié d’une formation accélérée de quinze jours, une expérience incroyable. Tu en ressors différent, obligatoirement. Grâce à l’écoute et la disponibilité de Justin Adams et des équipes de Realword, je me rends compte, aussi, que la musique est avant tout une affaire humaine.
Le lancement de ce deuxième album s’est effectué juste après les attentats de novembre au Bataclan. Vous avez ressenti quoi à ce moment-là ?
On était à Paris et on a réalisé le premier concert, à la Belleviloise, après l’attaque du Bataclan. La ville était vide et on effectuait notre semaine promo, en complet décalage avec l’actualité. Pour ces raisons, le concert parisien était plus fort que celui de Marseille au Dock des Suds, même si on était moins nombreux. C’est à ce concert que j’ai pris conscience de la nécessité de se rassembler et de résister. De faire la fête, car c’est dans notre ADN de Français.
À travers sa musique, Temenik véhicule une double identité culturelle…
Sans le vouloir le groupe se retrouve au cœur De ce débat et ça me met mal à l’aise. Je ne veux pas servir d’alibi à l’intégration à la française. Aujourd’hui des problèmes nés il y a quarante ans ressurgissent : certains enfants français qui ont des origines n’ont pas été complètement considérés comme des Français à part entière. Par exemple, certains festivals français ne nous programment pas parce qu’on ne chante pas en français… Or, je suis un rocker occidental qui a des origines familiales en Afrique du Nord : ce mélange est naturel pour moi. Est-ce que parce que je m’appelle Mehdi, je dois avoir un avis sur le sujet ? J’ai un avis en tant que citoyen, mais en tant qu’artiste je ne peux pas servir de caution, opposer mon exemple à celui de jeunes qui ont les mêmes origines que moi et qui commettent des attentats. Je suis musicien, et je n’ai rien à justifier. Ce que je veux, c’est juste faire du bien, avec les messages d’amour et de vigilance qui traversent nos chansons. La musique singulière qu’on propose avec Temenik, c’est notre France, avec toutes ses différences. Pour moi c’est une chance.

Hervé Lucien

www.temenikelectric.com

Crédit photo : Patrick Gherdoussi

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