Nouvelle Vague

STACEY KENT

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Le sourire le plus doux du jazz vocal… Stacey Kent vient d’entamer la tournée française de son dernier album « The Changing Lights » et se prête toujours aux rencontres avec générosité et simplicité. Elle a su séduire son public avec de douces balades en français et sa bossa nova revisitée, sans oublier des classiques du jazz, aux côtés de son fidèle compagnon de voyage, le saxophoniste Jim Tomlinson. Partageons sa tendre vision du monde.

 

Après Serge Gainsbourg et Henri Salvador, l’album « Raconte-moi », vous renouez avec notre langue pour « Chanson Légère » de Bernie Beaupère. Comment s’est faite cette rencontre ?

C’est ma maison de disque qui me l’a présenté. On se comprend et ils savaient que ce serait un bon rapport. En effet, ça a été un coup de foudre ! J’avais écouté la démo de la chanson « Raconte-moi » qu’il avait écrite pour moi, et c’était mon univers, la douceur, un peu de tristesse. Cet album était un beau voyage pour me raconter. Nous avons voulu continuer cela, avec « Chanson Légère », qui est légère et profonde à la fois. Elle nous permet de trouver un autre chemin.

La bossa nova vous va bien aussi… Entre la France et le Brésil votre cœur balance ?

J’ai découvert le Brésil à 14 ans. J’ai entendu la voix de João Gilberto, les chansons de Antonio Carlos Jobim. Je me souviens parfaitement de ce jour là, c’était le coup de foudre, beaucoup d’émotions. Avant de savoir que je serais chanteuse, je savais que c’était mon univers. A la fois léger et intense, ce mélange de douceur, de fragilité et de mélancolie. La bossa nova nous permet de nous propulser, d’aller vers l’espoir, l’optimisme. Le lendemain, avec un ami, on a beaucoup écouté cet album et puis je suis allée à Tower records, rue 66 à Broadway : là j’ai découvert la musique brésilienne. Le lien entre la poésie, la France et le Brésil, c’est quelque chose de sensuel, de très humain, qui nous place sur terre, dans mère nature. Aujourd’hui je découvre cela chaque jour, comme chanteuse, à travers mes voyages. Partout c’est très fort, très spécial, quand je chante la bossa nova, c’est un vrai partage. Il a fallu du temps pour laisser fermenter ces idées. Il y a 3 ans lors d’un concert au Brésil, j’ai rencontré Roberto Menescal. Quand Jim a écrit « The Changing Lights », c’était le mariage parfait.

Si vous faites un arrêt sur image, que retenez-vous du passé et qu’espérez-vous pour l’avenir ?

Ce que j’aime sur mon propre chemin, c’est le rythme de ma carrière. Les grandes choses ne sont pas venues trop vite, trop jeune. Cela m’a laissé le temps de m’établir, de mériter ce que je suis. Les moments vraiment forts, c’est quand j’ai joué avec Marcos Valle qui est inspiration totale, qui a un rapport à la mélodie qui m’inspire, dans la bossa nova. Quand il me regarde sur scène, je ne peux être ailleurs. J’ai beaucoup appris, car il est plus âgé que moi et qu’il veut toujours apprendre, même de moi qui suis plus jeune. La rencontre avec Kazuo Ishiguro, aussi, qui m’a appris à regarder les choses différemment. Des gens très sages, avec un talent et une générosité énorme, qui me nourrissent. J’ai beaucoup d’amis comme Marcos qui ont plus de 70 ans et continuent à grandir, donc je sais que je continue, je n’arrête jamais d’apprendre, de découvrir, de m’améliorer. Je suis dans le présent. Je ne sais pas où je vais et cela me plaît. Un jour Marcos m’a dit « Stacey, merci de m’avoir enseigné autant ». J’espère être comme cela aussi, cela me donne le frisson.

Vous dites avoir été bercée par la bossa nova, cousine proche du jazz, seriez-vous tentée par d’autres expériences musicales ?

J’écoute plein de choses que je ne chante pas. L’artiste trouve la musique qui exprime sa sensibilité. Mais par exemple Steeve Tyler d’Aerosmith, j’adore ce qu’il fait, le rock and roll, mais l’occasion ne s’est pas présentée. J’ai déjà travaillé aussi avec le quatuor Ebène, de musique classique, un album sortira au printemps prochain. C’est une autre atmosphère, mi-jazz mi-classique.

 

Marianne LARCHERON

Le 01/12 à l’Acropolis – Nice (06).

www.staceykent.fr

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