Nouvelle Vague

SKIP THE USE

ZOOM-SKIP THE USE

#NVmagZoom

Skip the Use met fin à sa pause de deux ans (de 2016 à 2018) en revenant avec un nouvel album, pur condensé de ce que le groupe sait créer de mieux : titres électro rock, textes en anglais, énergie des débuts et la voix de son leader charismatique : Matt Bastard. Rencontre avec le plus déjanté des rockeurs sur scène…

 

Vous avez commencé la tournée récemment, quel est le retour du public ?

C’est juste mortel et c’est pratiquement complet à chaque fois !

 

Que retiens-tu de ta parenthèse solo pendant ces deux années ?

C’était intéressant, car cela m’a apporté un regard différent. J’ai appris beaucoup de choses et j’ai aimé être de l’autre côté de la barrière en terme de production. La tournée qui s’en est suivie, avec ma femme et mon beau-frère, était très familiale. J’ai trouvé ça génial ! Le but était d’acquérir de nouvelles expériences !

 

Vous venez de sortir votre nouvel album « Past & Future », qu’est-ce qui vous a motivé à reformer Skip the Use ?

Nous avons fait un break car nous avions besoin d’aller nous ressourcer au sein d’autres projets que Skip The Use, afin de développer notre créativité. Nous voulions découvrir d’autres aspects du domaine de la réalisation et de la production, devenir autonomes d’un point de vue technique en studio. Nous avions, depuis le départ, l’ambition de réaliser un album à deux. Une fois cette expérience acquise, nous nous sommes reformés. Ce n’est pas plus compliqué que cela.

 

Le titre « Forever More » a un riff entêtant, tu peux nous parler de la composition de ce morceau ?

C’est un morceau assez ancien, j’ai commencé à travailler dessus, il y a à peu près deux ans. Puis, je l’ai proposé à Yan qui a mis son nez dedans, harmonisant sa mélodie. C’est certainement le morceau le plus vieux en termes de composition sur ce disque.

 

Quelle vision de la société as-tu pour le futur ?

Très bonne question ! Quand j’étais adolescent, on nous parlait de voitures volantes en 2050. Aujourd’hui, on ne parle plus de futur, mais d’innovations. On nous rabâche que la planète va exploser. Donc, c’est très compliqué pour la nouvelle génération, de percevoir un futur collectif positif. Cette génération se réfugie dans les réseaux sociaux. A travers cet album, nous voulions montrer, que l’on pouvait réfléchir à un horizon commun pour l’avenir. Histoire que chacun trouve, au cours des années à venir, une place, dans un monde qui tournerait un peu plus rond.

 

Tu mentionnes les réseaux sociaux, quel regard portes-tu sur cet univers dématérialisé et virtuel ?

Je trouve ça délirant, qu’à l’autre bout du monde, au Brésil ou au Chili, on puisse écouter notre musique ! En même temps, il y a un danger car on peut voir des gamins, devenir le reflet d’eux même, histoire de convenir à un standard ou à une communauté. Le risque c’est que ces gosses oublient qui ils sont vraiment et perdent leur personnalité. Il y a un rapport avec l’essence même des individus, qui devient très compliqué. La différence c’est ce qui fait notre originalité. Alors, si en a plus, on devient transparent… Les réseaux sociaux sont dans la dualité, c’est à nous d’être assez intelligents dans notre manière de les appréhender, et d’éduquer les plus jeunes aussi.

 

Une chanson « Du bout des doigts » est en français sur le disque, est-ce une introspection ?

Complètement ! Le choix de la langue c’est quelque chose que l’on utilise comme un riff.

 

Vous aviez joué au Mas des Escaravatiers en 2016, te rappelles-tu ce concert dans ce lieu à l’atmosphère si intime ?

Je m’en souviens très bien. Nous y étions montés sur scène quelques jours après les attentats du Bataclan. A l’époque, énormément de groupes avaient annulé leurs concerts. Nous avions décidé de maintenir le nôtre, afin d’afficher notre détermination et notre soutien. Nous voulions montrer que nous n’avions pas peur face au terrorisme ! Il est primordial de rester unis et soudés dans ces moments-là. Nous avions passé une excellente soirée et le public y avait été incroyable ! Nous faisons toujours les concerts que les gens veulent voir. Nous les les rendons acteurs de chacune de nos prestations ! Si je devais garder un souvenir de ce concert, ce serait sans conteste la magie qui émanait du lieu. C’est toujours beau de voir un lieu perdurer de par la seule passion d’un mec, qui, ayant hérité d’un espace, su le transformer pour en faire un lieu atypique visant à accueillir les groupes et leur public. Bravo à lui !

 

Céline Dehédin

 

Le 04/03/20 à l’Espace Julien – Marseille (13)

www.facebook.com/skiptheuse

 

Laisser un commentaire