Nouvelle Vague

RONE 

ZOOM-Rone-WEB

#NVmagZoom

Trois ans après « Mirapolis » Rone lèvera le voile de son cinquième album: « Room With a View » le 24 avril . Un opus solaire, organique, positif. Pour le mettre en scène, il a choisi d’allier son et danse avec 18 danseurs du Ballet National de Marseille. Spectacle chorégraphié par le collectif de la Horde. Rencontre avec un artiste qui se veut un observateur de notre société, qu’il décrit en musique pour rêver d’un monde meilleur.

 

Comment est né le concept de l’album ?

Cela remonte à la fin de la tournée de mon précédent album, après 200 concerts j’ai eu envie de m’enfermer en studio afin de composer à nouveau. C’est à ce moment là qu’il y a eu la proposition du Théâtre du Châtelet qui m’a contacté pour me donner carte blanche pour faire un spectacle. J’ai pensé, « je vais faire un album qui serait la bande son de ce spectacle » et je me suis entouré de 18 danseurs. J’ai composé en pensant à eux. Je voulais mettre du fond, du sens, je ne voulais pas juste faire danser ou rêver. Je voulais raconter une histoire sans prononcer un seul mot d’où l’intérêt de travailler avec des danseurs qui à travers leurs corps, leurs mouvements arrivent à faire passer des idées sans parler. C’est comme la musique, je trouve que cela va au-delà des mots, c’est un langage universel.

 

Il a été dit que votre album était l’album du changement climatique qu’en pensez-vous ?

J’ai très rapidement eu envie de parler d’écologie, d’urgence climatique, de l’effondrement des valeurs parce que ce sont des sujets qui me touchent, me préoccupent beaucoup, surtout pour les enfants. C’est un spectacle sur la prise de conscience, tenant un discours ni moralisateur, ni caricatural, ni même niais. Il faut changer les choses pour un monde meilleur.

 

Le considérez vous comme un album prophétique ?

J’avoue qu’au moment où nous l’avons fait, nous avions l’impression de faire une œuvre de science fiction, de se projeter dans le futur et finalement l’actualité nous a rattrapés. Dans l’album j’ai donné des titres de manière très instinctive à l’époque, il y a par exemple « Le Nouveau Monde » ou « Esperanza » qui prennent vraiment un sens très fort aujourd’hui, je suis moi-même assez surpris. L’album est plus que jamais lié à ce qu’il se passe en ce moment. D’où, la nécessité de le sortir maintenant et de ne pas en différer la date.

 

Quel est votre processus créatif ?

J’ai pris l‘habitude de m’isoler, depuis longtemps. C’est une méthode de travail, une recette. A chaque début d’album je suis obligé de m’éloigner de ma famille, de mes amis. Je pars avec quelques instruments dans une maison vers la mer, la campagne ou la montagne. C’est dans ces moments là que je suis le plus créatif, quand je suis seul face à moi même dans une introspection où je vais chercher l’inspiration au fin fond de moi. Ensuite dans un deuxième temps, j’adore collaborer avec d’autres artistes, être entouré. J’ai besoin de ces deux phases dans ma manière de travailler.

 

En citant votre ami Alain Damasio, quelle est votre « nécessité d’être » ?

Alain est un écrivain que je connais depuis plus de dix ans. J’ai utilisé sa voix pour mon premier single: « Bora ». Il est de nouveau présent sur mon dernier album. Ma nécessité d’être? La création en général, c’est ma manière de me sentir vivant. Même si ce n’est pas toujours facile, à ce moment là j’ai l’impression de faire quelque chose d’utile.

 

Quels sont vos espoirs pour le futur ?

J’ai vraiment envie d’être optimiste, j’espère que ce que nous traversons aujourd’hui à l’échelle mondiale va servir de prise de conscience générale. C’est tout un monde à réinventer. Il faut revoir notre rapport à la nature et faire confiance à la jeunesse qui se réveille et voit que notre monde est insensé.

 

Comment se déroule votre confinement ?

Je suis en famille à la maison, je suis heureux de pouvoir passer plus de temps avec mes enfants. J’ai écrit un morceau pour une compilation qui s’appelle « Music for Containment », les dons seront entièrement reversés pour les hôpitaux.

Cecilia Poggio

www.rone-music.com

Laisser un commentaire