Nouvelle Vague

PETER PETER

Zoom-Peter-Peter-Paul-Rousteau

Peter, de son vrai prénom, est un Québécois qui a le vague à l’âme. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la mélancolie lui réussit. Son deuxième album, « Une version améliorée de la tristesse », est un véritable bijou de pop atmosphérique et cathartique, remarquablement bien écrite. Nouvelle Vague a cherché à décrypter les mots et les maux de son auteur.

Le thème des jeunes qui noient leur tristesse dans l’alcool est récurrent sur l’album. Pourquoi ?

J’étais avec mes amis et nous vivions tous un peu les mêmes trucs, les mêmes échecs. Chacun vivait une vie qui n’était pas à la hauteur de ses ambitions donc nous allions dans les bars. Mais je n’ai pas essayé de faire le portrait d’une génération qui cherche à s’échapper dans l’ivresse. C’est juste que c’est un thème assez récurrent dans ma vie.

 

Vous mettez beaucoup de vous dans vos textes ?

Oui, tout ce que je raconte, ce sont de vrais trucs : le nom des gens, le nom des rues… Je parle de mes faiblesses plus que de mes forces. J’essaye d’être assez transparent dans cet album alors que dans le précédent, je léguais un peu le vrai Peter aux gens. C’est un album autobiographique.

 

Il y a quand même un côté sacrément torturé dans vos paroles, quand vous dites « Être malade me plait »…

J’ai eu des amours qui étaient trop stables et pas assez passionnels et j’ai eu des relations fâcheuses. Être passionné pour quelqu’un, ça me rend fou et ça me plait plus. On a l’impression d’être plus vivant que lorsqu’on vit quelque chose d’assez neutre, sans cri ni sans flamme. La chanson a été écrite pour une fille à qui j’ai promis un peu tout mais que je n’ai jamais su séduire. Elle m’a rendu fou mais c’est elle qui m’a fait écrire mes meilleures chansons. Donc être malade, ça me nourrissait beaucoup à l’époque.

 

Il y a du saxophone sur certains morceaux. Est-ce de l’influence des M83 et autre Destroyer ?

M83, non mais Destroyer, touché ! J’étais allé voir Destroyer en live en connaissant leurs albums précédents mais sans avoir écouté leur album « Kaputt ». Puis quand ils sont arrivés à « Kaputt », j’ai été assez hypnotisé par le saxophoniste. Après ça, j’ai voulu mettre du saxophone sur mon album. C’est la suite naturelle des choses. Je crois que le saxo, dans la musique pop, ça va revenir d’une façon ou d’une autre. C’est un instrument hyper puissant. Pour mon album, le saxophone, c’est là où tout pouvait foutre le camp. C’est l’instrument que j’ai décidé de traîner partout en tournée. Même lorsque nous ne sommes que deux ou trois, le saxophoniste est toujours là.

 

Quelles sont tes influences musicales ?

Quand je fais un album, je ne me demande pas sur quoi je me base. C’est sûr qu’il y a plein de trucs imbriqués en moi. J’ai écouté beaucoup de musique indé des années 90, notamment The Radio Dept, du punk-rock, de l’électronique. J’ai touché un peu à tout.

 

Justement, n’y a-t-il pas une influence punk dans votre écriture ?

Si. Je pense que le côté punk-rock c’est tout simplement le côté un peu plus naïf et puéril que j’essaye d’amener. Pour cet album-là, j’avais envie de ne pas être trop cérébral. Il faut toujours être punk pour réussir à faire quelque chose d’intelligent parce que sinon, à un moment donné, on se prend un peu trop au sérieux et c’est un peu idiot.

 

Avez-vous un nouvel album en préparation ?

Oui, je travaille de nouveaux titres en ce moment. Pendant les fêtes de Noël, lorsque les choses vont un peu se calmer, je vais avoir le temps de finaliser tout ça et le prochain album devrait arriver vite. J’ai hâte qu’il sorte. Au niveau des thèmes, ça va parler beaucoup de retrouver la passion, de sortir de la rationalité et d’essayer d’être moins cynique en vieillissant. Par contre, pour la couleur musicale, j’hésite encore vers quoi aller. Je vais peut-être faire quelque chose d’un peu moins mélancolique, d’un peu plus neutre.

 

Mathieu Presseq

Le 14/11 au Poste à Galène – Marseille (13) et le 15/11 au Cargo de Nuit – Arles (13).

www.peterpeter.ca

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