Nouvelle Vague
ZOOM-Miss-America

Depuis deux ans, ce quatuor mixte 100% azuréen, composé de deux Niçois et deux Mentonnais, défend dans la région et à Paris un rock’n’roll brut de décoffrage aux influences blues et classic rock bien digérées. Alors que la sortie de leur premier EP est imminente et qu’un album est en préparation, Nouvelle Vague a rencontré la moitié du groupe, à savoir la batteuse Morgane Taylor et le guitariste Dimitri Walas.

Comment s’est formé le groupe ?

Morgane Taylor : Dimitri, Lola et moi, nous faisions partie d’un groupe qui s’appelait Los Voltaire. Lola connaissait Tommy, qui avait lui aussi un autre groupe. Elle était intéressée par sa voix donc elle voulait monter un nouveau projet avec lui. Puis vu que ça tournait bien à la base tous les trois, nous nous sommes dits : « pourquoi chercher plus loin ? ». Nous avons donc redémarré avec un nouveau projet, Miss America, qui n’a rien à voir avec celui de l’époque, qui était plus pop-rock et pas du tout bluesy.

 

Peut-on dire que Miss America est dans la lignée de groupes rock anglo-saxons aux fortes influences blues comme les Black Keys ?

Dimitri Walas : Non, nous n’avons pas la même démarche que les Black Keys, même si nous partageons des influences avec eux. Ils ont un trip vraiment revival, c’est-à-dire faire de la musique comme dans les années 60 et enregistrer comme à l’époque. Une approche presque pub de luxe : peu de monde, ambiance crasseuse, bouteille de vinasse. Alors que nous, on en rigole entre nous mais nous sommes plus dans une approche « groupe à stades ». Nous aimons les trucs qui sonnent gros. Les Scorpions, Stones, Who, AC/DC ou Oasis. On a beau dire que le rock n’est plus à la mode mais ceux qui remplissent des stades ce sont eux. Nous sommes moins dans le trip « on fait tout nous-même avec des vieilles bandes ». Nous, c’est du vieux rock mais joué moderne.

 

Pourquoi chantez-vous en anglais ?

M.T. : Ça s’est fait naturellement parce que ça nous plait, ce n’est pas pour être tendance.

D.W. : Quand nous avons pris Tommy, c’était tout ou rien. Il nous a dit : « j’aime le blues, le rock et chanter en anglais ». Puis Tommy a une très belle phrase là-dessus : « l’opéra c’est en italien, le rock c’est en anglais ». Il y a de très beaux opéras en allemand mais le moment où ça touche la grâce, c’est en italien. Pour le rock, c’est pareil. Certes, il y a des styles de rock un peu plus élaborés qui se prêtent au français comme Noir Désir. Mais tous les groupes qui essayent de faire du Noir Dez’, c’est souvent un cran en-dessous. Et puis le français, c’est la langue de l’auteur-compositeur-interprète, des Gainsbourg et des Brel.

 

Sur scène, on voit Dimitri porter un T-shirt à l’effigie de l’URSS et Morgane vêtue d’un T-shirt aux couleurs des Etats-Unis. Que cherchez-vous à dire ?

D.W. : Chaque membre du groupe a son interprétation. Pour Morgane et Tommy, c’est très premier degré car ils sont très fans des Etats-Unis. Mais pour moi, ça veut dire : « choisis ton camp, camarade ». Nous, nous sommes là pour faire de la musique. Je déteste les groupes qui prennent en otage leur public en concert, en criant « votez Copé » ou « votez Mélenchon ». Quand ça arrive, je me sens mal à l’aise.

 

Vous allez sortir votre premier EP bientôt. Que va-t-on y trouver ?

M.T. : Il y aura six titres, que les gens connaissent déjà pour la plupart car ils font partie de notre setlist.

D.W. : C’est vraiment le témoignage et le bilan d’une année et demie de groupe. Il y a deux titres enregistrés à Nice, deux titres qu’on a fait mixer à Chicago. Et deux morceaux un peu plus bruts enregistrés nous-mêmes dans notre local à Monaco, des espèces de maquettes qui vont faire un peu la transition entre l’EP et l’album, dont un morceau country.

 

Justement, l’album c’est pour quand ?

D.W. : Nous sommes en train d’y travailler. Dans les quatre à six mois prochains, l’album sera enregistré, même si nous n’avons pas encore fixé de date pour la sortie. Mais on ne va pas attendre EMI ou Barclay. La priorité, pour l’instant, c’est les concerts donc on cherche un tourneur plutôt qu’une maison de disques.

 

Mathieu Presseq

www.facebook.com/MissAmerica.Official

Laisser un commentaire