Nouvelle Vague

MAJOR LAZER

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Regard voilé, par sa paire de lunettes bleutées, il a atomisé l’été de son unique bras avec le planant « Get Freet » et le clip « gonflé » de « Bubble Butt ». Mais sous l’avatar de rambo black unibrassiste de Major Lazer se cachent Diplo, Jilionaire et Walshy Fire. Rencontre avec le trio, tout juste sorti de son concert aux Plages Electroniques où l’ambiance en backstage est très décontractée avec une bonne dose de second degré.

 

D’où te vient ce goût pour le reggae et toute la culture dancehall ?

Walshy Fire est né en Jamaïque, Jilionaire est de Trinidad, Diplo a grandi en Floride. Nous avons tous grandi avec cette culture dans des endroits où le reggae a l’aura d’un super héros, où il est considéré comme une super star. Si tu vis depuis ton plus jeune âge dans ces régions-là, c’est inévitable que tu sois confronté très tôt à cette musique et à cette culture. Le reggae fait partie intégrante de ta vie alors nous le trimbalons depuis toujours avec nous. Ce n’est pas une façon de toucher le maximum de personnes car après tout, le dancehall n’est pas si populaire que ça. Nous essayons, par ce moyen, d’aider des artistes nouveaux, à créer un nouveau son.

 

Les collaborations sont nombreuses sur vos deux albums « Guns Don’t Kill People… Lazers Do » et « Free the Universe », comment les choisissez vous ?

Ça dépend de qui répond à mes emails. Nous avons envoyé des centaines d’emails à d’éventuels collaborateurs pour ce dernier album. (Rires) Plus sérieusement, nous sommes parfois touché par une voix, comme pour Amber Coffman (des Dirty Projectors NDLR) parce que nous sommes de grands fans de cette artiste, nous la voulions absolument. Parfois, les gens passent dans le studio comme Bruno Mars ou Ezra Koening de Vampire Weekend. Ils passent la tête en disant : « Allez, on va s’amuser ». Parfois c’est au hasard, comme quand j’ai enregistré quelques artistes jamaïcains.

 

Mais quand vous avez une musique dans la tête, vous pensez à un chanteur en particulier ?

La musique ne vient pas forcément en tête en premier. La première chose à faire c’est d’acheter un disque : la voix est là. Je ne planifie pas tant que ça les disques. Si tu viens me voir et que je fais un album à ce moment-là, ça sera ta voix qui sera sur l’album. Tout est très spontané, tout est très très spontané dans notre travail.

 

Vous connaissez des artistes français ?

Oui. (Ils réfléchissent tous ensemble.) On connaît Patrice, Booba, Charlotte Gainsbourg.

 

Que pensez-vous de vos rivaux de cet été, en tant que faiseurs de tubes, les Daft Punk ?

Il y a une rivalité avec Daft Punk ? (Rires) On les adore, oui ! ! On voulait même faire un titre de reggae dance avec eux mais ils n’ont pas répondu à notre email. Mais est-ce que les robots ont des boîtes mails ? Mais peut-être ont-ils un problème avec leur email ou étaient-ils déconnectés… Ou alors leurs casques ne captaient peut-être pas la wifi ! (Rires)

 

Entre Major Lazer, ton label Mad Decent, tes innombrables productions, tes sets sous le nom de Diplo, comment arrives-tu à gérer ton temps ?

Oh ça va. Ce soir en rentrant à l’hôtel, je dois finir pour demain un mix pour une radio et demain je dois filer à Ibiza pour un set avec David Guetta. Je vais revoir ces gars (il montre Walshy Fire et Jilionaire du doigt) à Pukkelpop jeudi, à moins que ça soit vendredi. Quel jour sommes-nous déjà ? (Rires) Chaque jour est un challenge pour terminer les choses.

 

Mais vous arrive-t-il de dormir ?

Je ne dormirai probablement pas avant 7h du matin. Je souffre continuellement du décalage horaire. (Sourires)

 

Comment avez vous ressenti le concert de ce soir ?

Le concert était cool, beaucoup de gens, beaucoup de gamins, beaucoup d’agents de sécurité, beaucoup de barrières, beaucoup de façons de devenir dingues. Ils sont devenus aussi fous que des animaux. Nous avons vraiment passé un bon moment. La mer est belle. Les gens nageaient pendant notre concert. Certains auraient même pu se noyer, c’est peut-être pour ça que les maîtres nageurs étaient là. (Rires) L’énergie qui émane de nos concerts a été comme d’habitude très très forte, nous donnons tellement au public et c’est exactement ça qu’on veut ! Voir les gens donner des coups de pied dans le sable et aimer ça, c’est juste parfait pour les vibes de Major Lazer ! Tous les soirs, nous essayons d’aller plus loin. Nous aimons nous surprendre tous les soirs. C’est la meilleure façon d’être toujours à fond et toujours exaltés par nos concerts.

 

Comment cela « boost » votre façon de jouer ?

Cela motive et métamorphose même certains festivals en véritables dancefloors. Nous flirtons avec la scène underground mais dans nos concerts, nous sommes vraiment entre le dance hall et la musique caribéenne. Nous avons toutes les danseuses qui montrent ces mouvements pour amener encore plus d’énergie et c’est ça qu’on veut absolument : qu’on se rappelle de nos concerts. Et surtout ce mélange entre le dance hall, l’électro, le hip hop et le reggae.

 

Ces danseuses qui vous accompagnent sur scène font-elles partie aussi de Major Lazer ?

Oh oui, totalement. Elles ont même essayé de nous quitter mais on ne veut pas ! (Rires) En France, notamment en Martinique, vous avez pas mal de mouvements qui ne sont pas si éloignés du dancehall. Les filles françaises qui viennent sur scène à nos concerts font déjà partie, à la base, de la scène dance hall. Donc elles sont déjà super entraînées et prêtes à nous rejoindre à tout moment. On les voit se battre pour venir quand Diplo demande si des filles veulent monter, elles font « ahhhh » et leurs copains les balancent sur scène. Il y a des tonnes de barrières et pourtant, tout d’un coup, on dirait qu’elles peuvent marcher dans les airs. Nos fans savent qu’elles sont les bienvenues à un moment du concert, qu’on leur donne de l’espace pour libérer leur folie.

 

Le booty shake est omniprésent dans vos clips aussi, est-ce une passion ?

Nous adorons la culture dance hall et on adore s’éclater. Donc forcément ces femmes qui viennent montrer leurs mouvements sur le devant de la scène, ça va avec.

 

Vous avez d’autres concerts prévus pendant ces vacances ?

Nous en avons des tas ! Tous les jours, nous en faisons un ! Nous allons aller en Australie, à Barcelone, à Copenhague, en Suède. Nous avons aussi les festivals de Reading et de Leeds en Angleterre et Burning Man au Nevada. Après, nous allons à Vegas. Pour l’instant c’est que du live ! Mais nous jouons quand même des chansons nouvelles comme ce soir. Entre deux concerts, nous nous échappons en Jamaïque pour enregistrer de nouveaux disques. Je travaille toujours dans l’avion, dans les hôtels. Nous allons ressortir notre album en octobre ; il va, sans doute, y avoir deux ou trois nouvelles chansons bonus. Et nous avons tellement hâte !

 

Vos concerts sont comme des performances. Il y a ces marionnettes, ces feux d’artifice de rubans colorés. Pourquoi mettez-vous tout cela sur scène ?

Pourquoi pas ! Parce que nous voulons que l’énergie circule pendant tout notre concert et partout. Nous ne sommes pas les genres de DJ à aimer les ambiances tièdes. Nous voulons avoir dans la foule une réponse à l’énergie que l’on dégage! Nous n’allons pas sur scène pour être sous les feux des projecteurs. Nous voulons avoir une réelle conversation avec le public. C’est très important de mettre les gens au centre du projet et qu’ils s’expriment dans la fosse autant que nous sur scène.

 

Solène Lanza

www.majorlazer.com

 

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