Nouvelle Vague

KAZY LAMBIST

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A 25 ans seulement, Arthur Dubreucq plus connu sous le nom de Kazy Lambist, conquiert la scène électro-pop. Après un EP réussi, il a sorti son premier album “33 000 ft” le 8 juin dernier et nous fait voyager très loin. Rencontre avec un artiste vendeur de sensations.

Raconte-nous ton parcours musical… Comment Arthur Dubreucq est devenu Kazy Lambist ?

Je faisais du piano classique quand j’étais petit. Puis, je me suis mis à la guitare. J’ai joué dans plusieurs groupes. D’abord des groupes de rock. Je suis partie dans le nord du Canada, un an. Là-bas, les jeunes écoutent beaucoup de hip hop. Dans le lycée où j’étais, il y avait un groupe de jazz, je m’y suis beaucoup intéressé. Après les cours, beaucoup de mecs rappaient. Vu que moi, je ne pouvais pas vraiment le faire, c’était un peu ridicule avec mon accent français, je me suis mis à faire des instrus sur mon ordi pour eux. C’est comme ça que j’ai commencé à vraiment composer sur ordinateur. Quand je suis rentré en France, j’ai continué. Mes potes ici, écoutent de l’électro, ce qui m’a fait totalement dériver vers ce style musical. Je pense avoir trouvé mon truc.

Au début, tu as commencé tout seul dans ta chambre à créer des productions, quel a été le déclic pour le chant ?

Ça n’a pas vraiment été un déclic. Au début, je ne pensais vraiment pas devenir chanteur, comme je faisais mes compos tout seul, c’était plus facile que ça soit moi qui chante. J’ai commencé, tout seul, dans ma chambre parce que quand je faisais des instrus, je me disais : « Tiens ça pourrait être marrant qu’il y ait des petits “Ouhouh” ». J’ai donc commencé à enregistrer ma voix et je faisais des maquettes. Je les ai montrés à mes potes. Ils appréciaient alors j’ai posté ça sur internet.

Tu t’attendais à un tel engouement ?

Non forcément, c’était surprenant. Au début, c’est arrivé assez vite. On a participé à un tremplin, les « InrockLab » qui n’existe plus d’ailleurs. C’était suivi par le milieu de la musique à Paris. En gagnant, ça nous a permis, mon équipe et moi, de jouer au Petit Journal de Yann Barthès, d’être interviewer par Sept à Vous… Les médias s’intéressaient au projet. Plus tard, j’ai signé pour faire cet album chez le label indépendant Cinq 7, il y a trois ans.

Qu’est-ce que signifie le nom de l’album “33 000 ft” ?

33 000 ft c’est une altitude de croisière, c’est 10 000 mètres d’altitude, j’ai toujours été passionné d’aviation. C’était le métier que je voulais faire étant petit et encore maintenant ça me passionne. J’avais envie que l’album tourne autour de ça, que ça soit un album qu’on puisse écouter en avion.

Certains définissent ta musique de dance, d’autres d’électro-pop. Comment caractérises-tu ton style ?

Je dirais plutôt pop-électro que dance. Finalement, ça peut être dansant ce que je fais mais ça reste assez posé. « Electro-pop », ce que j’aime bien dans ce terme, c’est qu’il y a d’abord de l’électro puis peu à peu j’ai mis ma voix dessus et les mélodies sont passées un peu au premier plan. Donc, c’est passé d’électro à électro-pop.

Qu’est-ce que tu as voulu faire ressortir de cet album ?

J’espérais pouvoir les emmener dans des univers, des émotions que j’ai traversés. Je ne veux pas délivrer un message avec cet album. Je veux que les gens puissent s’imaginer quelque chose à partir de ma musique, c’est comme leur donner des pistes… J’essaye de retranscrire des sensations que j’ai pu avoir, peut-être qu’ils pourront se reconnaître dans certaines choses. Je n’ai pas envie de leur dire : « Bon, ça c’est la colère, ça c’est les vacances ». J’essaye de créer de façon à les laisser s’approprier mes titres.

Tu laisses libre cours à leur imagination…

Carrément ! J’ai souvent des paroles qui ne veulent pas dire grand-chose, ce sont des mots clés, des ambiances… J’aime bien me dire que les gens ont leur propre vision du morceau en l’écoutant. En concert, je trouve ça trop cool de voir tout le monde chanter les paroles. Je me dis que pour eux, ça veut forcément dire quelque chose, mais que la signification est différente pour chaque personne.

Tu voulais devenir une « star » ou tu préfères avoir ta petite notoriété, tranquille ?

Non, non, je n’ai jamais voulu devenir une star. Je fais de la musique et après je vois ce qu’il se passe. Forcément, maintenant, il y a une équipe qui s’est formée donc elle attend des résultats. Je veux juste faire ce que je kiff, puis si ça ne marche pas tant pis. D’ailleurs, je ne pense pas que je resterai au premier plan. Peut-être que dans quelques années, je produirais quelques artistes, ça sera peut-être une suite…

En parlant de suite, quels sont tes projets à venir ?

Avec le créateur de mode Jean-Charles De Castel Bajac, j’ai créé un vinyle d’édition limité. J’ai souvent des projets avec lui. Hier, il m’a appelé pour diffuser ma musique dans son exposition. J’ai bossé cet été avec le jazzman Jowee Omicin. Kid Francescoli a remixé un de mes morceaux et j’ai remixé un des siens. Ils vont sortir très bientôt. Aussi, le clip de ma chanson « Nancy » va sortir dans deux semaines maximums.

Extrait : “En concert, je trouve ça trop cool de voir tout le monde chanter les paroles. Je me dis que pour eux, ça veut forcément dire quelque chose, mais que la signification est différente pour chaque personne. “

Océane Da Silva

Le 13/10/18 au Rockstore – Montpellier (34).

 

www.kazylambist.com

Crédit photo : Grégoire Alexandre www.gregoirealexandre.com

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