Nouvelle Vague

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JeF a sorti son troisième volet de sa trilogie « Mental Bazar Electrique », entamée en 2009, intitulé « Grâce ». Alors que les deux précédents étaient plus sombres et offraient des paysages rock poétique, ce troisième opus propose des morceaux plus chauds, qui surprennent, et qui met la diversité de la musique en avant. Rencontre avec JeF…

Avant toute chose j’aimerai parler des remerciements de ton dernier album “Grâce” : “Cet album est dédié aux acharné-e- s, aux invaincu-e- s, à celle et ceux que la vie a fait chuter et qui se sont relevés, cassés mais plus déterminés, aux porteur-se- s de lumière, aux lutteurs de l’ombre. Vous toutes et tous, je vous trouve beaux.” Je trouve ça magnifique, JeF, tu peux nous en dire un peu plus ?

C’est une dédicace très spéciale car ce dernier album clôt une trilogie entamée en 2009 dont le thème est l’expérience de la dépression ou plutôt de MA dépression, devrais-je dire, chacun ayant une expérience différente. J’ai identifié trois étapes : d’abord la Rage, dans l’ignorance de la dépression, puis l’Ombre pour l’acceptation, et enfin la Grâce pour le retour à la vie. Ce dernier album célèbre ce retour à la vie et je voulais faire une dédicace spéciale à ceux qui comme moi ont pu être cassés par ce genre d’épisode et ont su se relever pour de nouveau goûter à la vie.

Cette trilogie étalée sur 8 ans (dont Grâce est le dernier volet), c’est ton premier projet musical ?

Non, j’ai commencé il y a pas mal de temps par écrire des musiques de courts métrages en fac audiovisuelle, puis la rencontre avec Ranck en 2001 m’a fait changé d’orientation ; je me suis mis à écrire des chansons avec lui et j’ai pris goût au format chanson. Peu à peu je me suis laissé influencé par l’univers d’Alain Bashung. Il faut dire que son album Fantaisie Militaire (sorti en 1997) avait été pour moi une grande claque musicale.

De l’extérieur, ton projet s’appelle JeF, ton album s’appelle Grâce et sur les photos tu apparais seul avec une guitare. On pense forcément à Jeff Buckley…

La comparaison est très flatteuse, mais le rouge me monte au front ! Ce que je fais est sans commune mesure avec l’immense talent de Jeff Buckley.

Ce rapprochement est voulu, quand même ?

J’y ai forcément pensé au moment de nommer l’album, d’autant que “Grace” de Jeff Buckley fait partie de mon top 10. Bon, rien qu’en écoutant on se rend compte que cela n’a rien à voir, ne serait-ce qu’en talent ! Je voulais utiliser le terme de la Grâce comme une lumière qu’on reçoit et qui libère.

Dans tes enregistrements, c’est toi qui fais tout ?

Au moment de l’écriture, il y a pas mal d’intervenants au niveau des textes. À partir du moment où j’enregistre, je suis seul, je fais absolument tout : guitares, clavier, programmation des batteries, etc.

Tu évoques test textes qui sont très personnels. Comment fait Franck (le co-auteur) pour s’approprier ton univers ?

C’est un auteur de grand talent qui est capable avec un simple thème, quelques mots voire un départ de texte, de complètement se glisser dans l’intention de mon écriture et de produire un texte qui colle vraiment bien. Il a le sens inné de la rythmique – on appelle ça la prosodie, la manière de de rythmer la langue – et c’est un travail de quatre étoiles.

Thiéfaine, Bashung, ce sont ça tes références ?

En termes de texte ? Bashung, Thiéfaine et un petit peu Gainsbourg. Pour la musique ce sera plutôt anglo-saxon : U2, Depeche Mode, un peu Queen.

Pour la suite, après la trilogie, qu’est-ce que tu envisages ?

Pleins d’autres choses. Je suis assez fier d’avoir bouclé cette trilogie, il me tardait presque de le faire ! Maintenant, j’ai envie de tout autre chose : pourquoi pas passer à l’anglais, aller plus vers un son garage rock, j’ai envie de m’aventurer dans autre chose.

Où peut-on se procurer tes albums ?

Sur mon site www.lemondedejef.com, tout est disponible même en écoute intégrale.

 

Une interview L’Oreille Qui Gratte

www.loreillequigratte.com

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