Nouvelle Vague

JACK TREESE

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Jack Treese est un musicien, compositeur et auteur au parcours totalement atypique dans le paysage de la chanson française. Ce joueur de guitare et de banjo fut sur scène l’accompagnateur de chanteurs tels que Jean-Max Brua, Mouloudji, Catherine Sauvage, Francesca Solleville et Pierre Barouh. Il collaborera également avec Jacques Higelin et Julos Beaucarne.

 

Un accompagnateur très demandé

Ce musicien est avant tout un artiste américain qui a décidé de se mettre au service de la chanson française. Venu du Minnesota, il arrive dans notre pays en mai 1968 pour une période de quelques mois. Il n’a finalement plus quitté l’hexagone jusqu’à son décés en 1991. La rencontre avec Jean Max Brua lui permet de rentrer dans le monde des cabarets Rive Gauche et de se faire connaître. Dès 1971, nous le retrouvons participant à des albums divers : il accompagne à la guitare Mama Béa (Béatrice Tekielsk)i sur son premier album : « Je cherche un pays ». Puis, découvert par Pierre Barouh qui dirige le label Saravah, celui-ci permet à Jack d’enregistrer, en pleine effervescence musicale de ce début des années 70 où se mêlent géniales improvisations et une impressionnante richesse et diversité musicale. Chez Saravah, il va accompagner à la guitare et au banjo : Jacques Higelin (« Crabouif « , 1971), David McNeil, lui aussi à moitié américain de par ses parents et qui devient son ami (« Hollywood », 1972, « David McNeil » en 1974, « J’ai déjà fait mon arche » en 1976, « Les photos de Doisneau » en 1978), Jean-Roger Caussimon, Brigitte Fontaine (« Je ne connais pas cet homme » en 1973), etc. De nombreux artistes majeurs de la chanson d’auteurs souhaiteront travailler avec Jack dès le milieu des années 70 et jusqu’au milieu des années 80 : Henri Gougaud (« La dérive » en 1976), le chanteur et excellent guitariste Jean-Michel Caradec (« Dans ma peau » en 1977, avec un hommage à son ami Jack: « Clin d’œil à Jack Treese » et en 1978 « Sous la mer d’Iroise »), qui a toujours montré dans ses chansons sa fascination pour le folksong américain, Michel Vivoux dans « Le râteau de la Vénus » en 1978), Julos Beaucarne dans « Mon terroir c’est les galaxies » en 1978, et dans « Le vélo volant » en 1979), ). Sans oublier ses deux copains folksingers américains, Steve Waring et Roger Mason.

Un compositeur apprécié

Mais Jack Treese est aussi un compositeur et un auteur de textes poétiques de qualité. Il va créer une œuvre solo des plus passionnantes, dans laquelle ses racines folk refont surface. En effet, iI est considéré comme un des musiciens ayant apporté la technique du picking en France et ses compositions, souvent instrumentales, sont brillantes et inspirées. Vous pouvez retrouver les cinq albums composant sa discographie à travers deux opus : « Love Can Make It Work » (Epm) et « Me aAnd Company » (Saravah).

Une reconnaissance réelle

L’apport de Jack Treese à la chanson française s’est confirmé brillamment avec la parution d’un somptueux coffret, sorti à la fin 2013 et disponible sur le site www.friendship-first.com. Vingt deux ans après la disparition de Jack, 150 artistes se sont mobilisés avec trois heures d’enregistrements, 57 titres dont de très nombreux inédits, un livret de 136 pages (français/ anglais) avec une présentation de Jack Treese et de tous les participants par le journaliste Jacques Vassal, les paroles des chansons et poèmes et de nombreux témoignages, documents et photos rares.

 

Raymond Sérini

www.friendship-first.com

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