Nouvelle Vague

HAYCE LEMSI

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Âgé d’à peine vingt-six ans, il est aujourd’hui la relève du rap français. Découvert grâce à ses nombreuses vidéos postées sur internet, Hayce Lemsi est l’un de ces nouveaux artistes indépendants à avoir percé sur la toile et à récolter aujourd’hui les fruits de longues années de travail. Reconnu pour la qualité de son rap et son flow atypique, il offre au rap français un nouveau porte étendard et compte bien ne pas laisser passer sa chance.

 

Premièrement, j’aimerai savoir comment tu as eu l’idée de te mettre à l’écriture ?

J’écoute et je baigne dans la culture hip hop depuis mes 9 ou 10 ans. À l’époque dans mon quartier les grands faisaient tourner du rap, IAM, NTM, Oxmo Puccino, du coup j’ai très tôt été attaché par ce style. Aussi j’ai toujours été indépendant et le fait d’écrire m’a permis de combler le besoin de raconter ce que je vivais, ça me faisait du bien à l’époque mais je n’avais pas la prétention d’arriver où je suis aujourd‘hui. C’était une sorte de thérapie en fait.

 

Et du coup c’est à quel âge que tu as commencé à rapper ?

Vers mes 10 ans. J’ai commencé avec mes potes pour rigoler. Nous étions tous ensemble le soir dehors et du coup nous faisions de petits freestyles improvisés, c’est comme ça que ça a commencé. C’est aussi vite devenu une habitude et à la fin nous ne pouvions plus faire autre chose que ça. Entre 12 et 13 ans, j’ai écrit mes premiers textes et c’est vraiment là que j’ai su que le rap était ce que je voulais faire. Mon entourage a commencé à m’encourager, ma famille, mes potes, et ils m’ont aussi beaucoup aidé à avancer.

 

Comment t’es venue l’idée de poster tes vidéos sur internet ? Pensais-tu avoir un tel succès ?

Comme je te l’ai dit, avant internet c’est dans mon quartier que tout à commencer. À force de freestyles les autres quartiers ont commencés à entendre parler de nos soirées, je me suis vite fait remarquer et avec le bouche à oreille une demande a commencé à apparaitre. On m’a demandé de faire une vidéo pour que tout le monde puisse entendre ce que je faisais et c’est donc comme ça que j’ai commencé sur internet. Je m’attendais à avoir un minimum de réussite quand même, car j’ai toujours beaucoup travaillé et du coup j’étais sûr de moi et de mes vidéos. Mais dépasser plusieurs millions de vues (bientôt trente millions toutes vidéos confondues) c’est incroyable et jamais je n’aurais cru en avoir autant. D’ailleurs je ne réalise pas toujours.

 

C’est aussi toi qui as produit les instrumentations présentes sur ta mixtape « Electron Libre » ?

Je travaille avec des beatmakers, ils me proposent leurs travaux, mais je choisi ce que je veux. Il m’arrive parfois d’écouter 250 instrumentations avant de trouver celle qui me convient. J’ai ma propre idée de ce que je cherche et je fais donc comme je l’entends. Sur « Electron Libre » par exemple la moitié des instrumentations ont été modifiées car elles ne correspondaient pas à ce que j’attendais. Je suis très perfectionniste du coup je suis là à toutes les étapes de création, aussi bien au mixage qu’au mastering, même pour mes clips j’écris les storyboards. J’ai besoin de tout suivre car je pense que personne ne pourra le faire à ma place.

 

Quelles sont tes influences musicales ?

Pour ce qui est du rap je peux te citer Oxmo Puccino ou Alliance Ethnik pour son flow rapide qui, je pense, m’a influencé. Mais je n’écoute pas que du rap et le reggaeton, le raï ou l’électro m’ont aussi beaucoup influencé dans mes travaux.

 

Tu dirais quoi aux gens qui pensent que le rap n’est plus ce qu’il était ?

Je ne dirais pas que le rap était mieux avant, car les temps changent et selon moi on ne peut pas garder le même rap pendant 30 ans. Les influences principales viennent bien évidemment des États Unis mais celles-ci évoluent sans cesse et le rap américain n’est plus ce qu’il était au début lui non plus. Donc dire qu’il était mieux avant ce n’est pas possible pour moi, mais en tout cas je travaille pour que mon rap fasse évoluer le tout et pour qu’il le devienne.

 

Simon Vannereau

Le 03/05 à l’Espace Julien – Marseille (13)

www.haycelemsi.com

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