Nouvelle Vague

FRANK ZAPPA

ZOOM-ZAPPA

Il y a vingt ans, le 4 décembre 1993 décédait le musicien, guitariste, compositeur américain Frank Zappa. Pur génie musical du XXème siècle, artiste touche à tout, jazz, rock, musique concrète, cinéma, vidéo, Zappa reste relativement méconnu des jeunes générations pourtant son œuvre a inspiré de nombreux artistes qui reconnaissent son influence dans leur propre création. (Re)Découvrons ce personnage atypique.

 

Frank Zappa né en 1940 s’intéresse très tôt à la musique, via la batterie d’abord puis la musique contemporaine, Stravinsky, Varèse (qui restera son icône), avant de découvrir le rythm and blues et la guitare. Si sa première composition est la bande son du western de l’un de ses professeurs, c’est avec le groupe « The Mothers of Invention » qu’il va graver ses premières œuvres dès 1966 avec « Freak Out ». Les Mothers, assemblage protéiforme de musiciens qui vont le suivre jusqu’au début des années 70. Dès le début, sa musique est hors norme, mélangeant le doowop, le r’n’b avec du rock des plus classique et des bidouilles sonores (collages dont il ne se départira jamais d’ailleurs). De cette période, on retiendra aussi l’album « Hot Rats » en 1969 qui pose (sans le revendiquer) les bases du jazz rock.

Vers 1973, deux superbes 33T, sous son propre nom, se succèdent « Over-Nite Sensation » et « Apostrophe (‘) », il acquiert enfin la popularité et l’estime du grand public qui remarque enfin, en dehors de ses qualités de compositeur, ses talents de guitariste. Un jeu de guitare atypique où la virtuosité cède la place à l’invention harmonique et à l’émotion. Un jeu viscéral, acéré, à la fois complexe et délicat. Son parcours se poursuit, souvent chaotique, entre les conflits avec ses maisons de disques et ses tentatives pour écrire et enregistrer de la musique sérieuse. Boulez, lui-même, dirigera en 84 « The Perfect Stranger » avec l’Ensemble Contemporain, succès d’estime mais échec commercial. Mais revenons un peu en arrière car 1979 fut un cru exceptionnel pas moins de 4 albums. Parmi ceux-là, le « Shiek Yerbouti », album intense, très rock, entouré de musiciens hors pair, une œuvre majeure tout comme le « Joe’s Garage » distribué à l’époque sous forme d’un album simple suivi d’un double. « Joe » est un opéra rock, un conte zappaien, l’histoire d’un groupe de rock qui répète dans le garage de Joe. C’est en fait un long hymne à la guitare ponctué par la voix cyborg du « Central Scrutinizer » qui voudrait interdire toute forme de musique.

 Un jeu de guitare atypique où la virtuosité cède la place à l’invention harmonique et à l’émotion. Un jeu viscéral, acéré, à la fois complexe et délicat.

Les années 80 verront l’arrivée, entre autres, de Steve Vai au sein du groupe, venu pour transcrire les parties de guitare du maitre, il trouvera vite sa place et pas simplement comme second couteau. De cette époque on pourra retenir « You Are What You Is », « Them Or Us » ou le délicieux « Does Humour Belong in Music ». On ne l’a pas encore évoqué mais l’humour est belle et bien une composant essentielle des morceaux de Zappa, à travers la musique certes, les collages, les petits sonals qui évoquent les dessins animées façon Tex Avery mais surtout par les textes de ses chansons. Il aime moquer tout un chacun, mais surtout les télé-évangélistes et les Républicains (sans pour autant donner son blanc-seing aux Démocrates) mais aussi les autres chanteurs (Dylan, Bowie, etc.). Il adore aussi truffer ses textes d’allusions sexuelles plus ou moins explicites (« Penguin in Bondage », « Heavy Duty Judy », « Why Does It Hurt When I Pee »). Le tout lui valant moult interdictions et censures. Ah, quel éditeur français se lancera dans une traduction des textes de Zappa afin que nous puissions enfin profiter de la substantifique moelle de ses écrits.

Le grand Frank nous a quitté il y a vingt ans déjà, mais sa musique existe toujours. Il avait pour habitude d’enregistrer tous ses concerts et la Zappa Family Trust qui redistribue tous ses albums, ne manque pas de distiller de temps à autre un show inédit. Comme il le disait lui-même « Music is the best ».

 

Jacques Lerognon

www.zappa.com

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