Nouvelle Vague

Du 04 au 06/08/19 au Théâtre de la Mer – Sète (34).

#NVmagLiveReport

Une terrasse à ciel ouvert sur la méditerranée. La 23ème édition du Fiest’A Sète a tenu toutes ses promesses. Comme à son habitude, l’équipe de bénévoles nous a réservé une programmation riche et éclectique. De la musique vivante à flanc de corniche où le métissage et la vibration étaient au rendez-vous. Pour ma part, Fiest’A Sète est une première. Une première à contempler des mouettes voler au dessus d’une scène où des artistes venus du monde entier se sont amarrés. Une première aussi à voyager, en seulement quelques jours, entre le raï, le son Cubain et l’afrobeat.

Dimanche soir, Le trio Joubran ouvre le bal. La formation palestinienne aux improvisations et aux sonorités subtiles pose l’ambiance. Calmes. Sereins. Déjà présents au théâtre de la mer en 2013, les trois frères et leur fidèles ouds reviennent cette année accompagnés par Youssef Hbeich aux percussions, Valentin Mussou au violoncelle et Habib Meftah à la flûte et aux percussions. Le concert est d’une grande virtuosité. Un voyage épique peuplé de mélodies puissantes et d’un soupçon d’électro. Le violoncelle renforce l’harmonie du trio. Frissons garantis. Soirée aux couleurs orientales, Sofian Saidi & Mazalda prend le relai. Chemise à fleur à la Carlos et cheveux frisés à la Voulzy, Sofian est bien loin des « papayou » de Belle-Ile-en-Mer. Son truc à lui, c’est le raï 2.0. Un son qui te prend aux tripes et qui rappelle parfois le dabké syrien. Un show mêlant synthétiseurs analogiques, saz et cuivres nourris aux phrasés du mezoued, de la gasbah et d’une rythmique incessante qui fait danser.

Lundi soir, c’est la soirée latine du festival. Le premier amour de Fiest’A Sète autrefois appelé Fiesta Latina. Au programme, Orquesta Akoan, une formation cubaine et new- yorkaise qui donne un nouveau souffle aux années fiévreuses du mambo. Déstabilisant. Envoutant. Les trompettes battent la cadence, les saxophones crient et les percussions afro-cubaines cognent. Le claquement du piano entre dans la danse suivi de la voix planante du crooner José « Pépito » Gomez. Installé dans les gradins du théâtre, j’observe les gens danser dans un spectacle calibré au millimètre. Suis-je dans un OSS 117 ou dans La Havane des années 50 ? La soirée latine se conclue par la Yegros. La native d’Argentine qui vit aujourd’hui à Montpellier n’est plus à présenter. Impossible d’aimer la cumbia sans penser aux morceaux cultes « Viene de Mi » ou « Chicha Roja ». Le décor de la scène est sympa. Une forêt tropicale enveloppe les instruments. Le concert bouge mais la cumbia digitalisée qui caractérise la formation laisse un goût d’inachevé. On veut plus de musiciens sur scène… Moins de boîte à rythmes… Plus sympa à écouter en soirée qu’à voir en live. Dommage.

Mardi soir. Dernière soirée du festival. Antibalas et Bcuc feat Femi Kuti retournent le théâtre. Une soirée ras de marée qui ne fallait pas rater. L’afrobeat se mélange à la transe sud africaine ! Les mecs en foutent partout. Folie. Antibalas envoi les premiers uppercuts. Une rythmique funky avec un groove haletant, une section cuivre portée par un virtuose du saxo, Stuart Bogie et une voix engagée, celle de Duke Amayo. Dans la pure tradition de l’afrobeat, le big band de Brooklyn conjugue à merveille jazz, funk et rythmes africains. Un concert abouti. Propre. Efficace.

Pour clôturer la soirée, enfin de la musique africaine jouée par des africains. Oui ça existe… et ça fait du bien ! Sept pyromanes de Soweto élevés au hip-hop et aux invocations zulu débarquent sur scène. Une grosse secousse signée Bcuc. Dix minutes plus tard, Femi Kuti, fils de Fela Kuti les rejoint. Tranquille, pieds nus et saxophone à la main, Femi Kuti se connecte aux sept musiciens pour un show exceptionnel. Quelle puissance ! Quelle violence ! A vivre une fois dans sa vie. Peut-être à Sète pour la 24ème  ?

Maxime Morin

www.fiestasete.com

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