Nouvelle Vague
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Du 12 au 15/02/20 au Théâtre le Tribunal – Antibes (06).

« L’enfer a été fait pour les curieux ». Ceux-ci étaient nombreux, en ce weekend de la Saint Valentin, à venir communier, au pied des planches, enflammées pour l’occasion, du café-théâtre Le Tribunal, en présence de Sa chaleureuse Sainteté Infernale, Dedo. Que Saint Augustin se rassure, de démoniaque, l’humoriste aux multiples facettes, n’en a que l’ ADN culturelle. C’est après avoir éclairé de sa lumière obscure la scène du Jamel Comedy Club durant ses trois saisons que Dedo, s’affiche présent sur tous les médias et ce, tous supports confondus. Que ce soit à la télévision, au théâtre, à la radio, dans une bande-dessinée ou sur YouTube, l’artiste anime, joue, écrit et chante avec une qualité égale quelque soit la discipline. Sa plume alerte et cinglante transforme chacune de ses collaborations, de Yacine Belhousse à Kyan Khojandi en passant par Davy Mourier, en autant de perles hilarantes . Son originalité provient, avant tout, de sa passion première. Dedo est un métalleux ne vous en déplaise. Qu’on se le dise, citer Marilyn Manson en public ne fera plus l’objet de censure. Avec ses deux spectacles « Dédo, Prince Des Ténèbres », programmé plusieurs années de suite sur Netflix, et « Dédo, Part 1 : Killing Joke », l’acteur brise les idées reçues sur le monde du metal utilisant celui-ci tel un filtre à travers lequel tous les sujets peuvent être traités. Ainsi, pour ce seixième essai du savamment intitulé « Rodage », stand-up servant de prémices à la présentation du troisième spectacle de l’humoriste sous sa forme finale, Dedo aborde les thématiques qui définissent, entre autres, l’actualité, mais aussi certaines des grandes questions existentielles du quotidien. Pour cette rencontre, l’auteur a mis les petits plats dans les grands. C’est dans un accueil chaleureux que le public est convié à boire une coupe de champagne avant le spectacle. Se dressant, chevelure longue et noire de jais, regard sombre propre aux descendants des populations latines et main levée, cornes vers le ciel, dans un geste défiant l’humanité toute entière, c’est par un tendre et timide « Coucou », que Dedo débute son spectacle test. Les rires fusent dès l’introduction et ne cesseront qu’au salut final du comédien. Gilets jaunes et trottinette, apiculteurs et pédophiles, bars à chats, yoga et pizzas hawaïenne, les relations amoureuses, les sites de rencontre, devenir parents etc…, Dedo dresse la carte défaitiste d’un monde désespéré dans lequel la folie semble, plus que jamais, dessiner le standard des canons le régissant. Mais c’est après avoir alerté, à travers le rire, la conscience collective sur les dérèglements de notre société que l’hôte de la soirée déploie la paradoxale palette caractérisant son jeu d’acteur, en concluant sur un discours humanisant notre environnement. Loyal envers l’institution qui le propulsa sous les feux de la rampe, Dedo ne manque pas de targuer d’un clin d’oeil malicieux le Jamel Comedy Club. Sous les traits d’un récital d’anecdotes, en partie, improvisées, Dedo observe le monde qui l’entoure livrant la critique d’une société cynique finement disséquée. Et si le ton pessimiste avec lequel l’artiste traite le genre humain donne une note nihiliste à l’ensemble du show, c’est finalement sur une touche d’espoir que l’Amour nous est présenté comme remède possible aux maux de notre Univers. Loin du sataniste vétu de noir que l’on croyait découvrir au début du spectacle, c’est en humaniste profond que Dedo termine sa prestation. Le message est simple mais évident : rendre heureux son prochain est la dernière poésie qu’il nous reste. Le café-théâtre, affichait complet pour la venue du comédien sur les terres maralpines. Que les infortunés n’ayant pu se rendre au Tribunal se rassurent, Dedo est de nouveau attendu dans notre belle région au cours des prochaines dates programmées entre aujourd’hui et la fin de sa tournée marathon de trente-cinq représentations à travers l’hexagone. Ne ratez pas votre seconde chance.

Aurélie Kula

www.facebook.com/dedo.officiel

1 Commentaire

  1. Vincent 16 février 2020 à 19 h 38 min

    Un super bonhomme!
    Excellent compte rendu!
    Motivé pour y aller!

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