Nouvelle Vague
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Fondé en 1968 par le compositeur Jean-Etienne Marie, le CIRM s’installe à Nice en 1978, date à laquelle démarre le Festival MANCA. Table de mixage, micros et piano à queue encore en place, le CIRM ouvre son studio et sa régie son aux artistes désireux d’apporter une amélioration à leur musique. Rencontre avec François Paris, compositeur et directeur du CIRM depuis 2000.

 

Qu’est-ce que le CIRM ?

Le CIRM fait partie des six centres nationaux de création musicale. Il faut savoir que nous avons reçu un label du ministère de la Culture en 1996. Nous sommes une association culturelle qui réunit de nombreux professionnels: compositeurs, réalisateurs informatique musicale, chercheurs, ingénieurs du son, et étudiants en composition électroacoustique qui travaillent en parallèle avec les nouvelles technologies au service de la création musicale.

 

Quels sont les objectifs du CIRM ?

Nous avons quatre missions principales: la diffusion, la production, la recherche, la pédagogie ou l’enseignement. La diffusion passe essentiellement par le festival Manca. Nous sortons de nos studios des œuvres que nous avons créées et que nous faisons découvrir au public, ce qui amène à la production. Il défile chez nous des compositeurs et ce que l’on appelle des « RIM ». Dans notre jargon, ce sont en fait des réalisateurs en informatique musicale, qui traduisent en technologie l’envie musicale du compositeur. Par exemple, la semaine dernière, un compositeur est venu pour enregistrer une partition de flûte accompagné d’une seule flûtiste mais il voulait que l’on entende seize flûtes. Et c’est ici que tout se produit, grâce à la technologie et aux ordinateurs que nous avons dans nos studios. Et ces projets qui prennent forme ici voyagent dans le monde car nous avons des partenariats un peu partout. La section recherche est, elle, consacrée à sécuriser les sons. Grâce à ce que nous appelons « le bureau du compositeur du 21ème siècle », nous arrivons à travailler et faire des réglages au niveau des notes mêmes: les micro-intervalles. Tout cela se passe sur ordinateur et permet des notes inatteignables avec des instruments réels. C’est un logiciel qui va lire et simuler la partition, une sorte d’accordeur des instruments en plus poussé. La section pédagogique est consacrée à la transmission du savoir que nous avons. Nous avions mis en place un spectacle pour jeunes enfants qui ne comportait aucune parole mais seulement des sons: comme le bruit du vent dans les arbres ou le bruit d’un arbre qui craque. Nous sommes également en partenariat avec plusieurs universités et nous nous rendons vite compte des élèves qui préfèrent la partition à l’outil informatique. Cela permet de créer plusieurs parcours.

 

Qu’est-ce que le festival Manca ?

C’est un festival qui se déroule une fois par an et qui consiste à faire connaître les musiques que nous avons travaillées en amont, cela prend parfois deux ans pour être programmé au festival. Au mois de novembre, nous dévoilons une grande partie du travail que nous réalisons ici toute l’année. Nous avons tous les jours des compositeurs qui viennent pour travailler sur la technologie, et ces musiciens nous pouvons les faire connaître un peu partout dans le monde, grâce aux nombreux partenariats que nous avons (Moscou, Californie, Italie). Pour aller au festival Manca, le public a besoin de curiosité car la musique présentée est originale et la qualité du niveau d’interprétation est élevée comme le veut le CIRM. L’association exige la qualité plutôt que la quantité. J’adore mélanger les publics et mettre tout le monde ensemble.

Aurore Viberti

www.cirm-manca.com

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