Nouvelle Vague

CHRISTOPHE WILLEM

#NVmagZoom

Issu de la télé-réalité et de ses shows paillettes, Christophe Willem a bien changé en 12 ans de carrière. Après trois ans d’absence, il est revenu en septembre 2017, avec l’album “Rio”. Aussi enthousiaste qu’engagé, ce nouvel album reflète la personnalité du chanteur, optimiste mais consciente de la réalité.

Qui est Christophe Willem, en 2018 ?

Je garde toujours ce plaisir, la liberté que j’ai toujours eu de faire de la musique comme je l’entends et je ne cherche pas à correspondre à ce que l’on veut que je sois. Puis, il y a une naïveté qui est moins présente. Pendant ces 12 ans de carrière, on a essuyé des plâtres (rire). Il y a des gens qui vous encensent et qui le jour d’après vous descendent. Il faut savoir apprendre autant de nos succès que de nos échecs.

Comment perçois-tu ton évolution de carrière ?

Je dirais que cela suit un cours logique. J’ai sorti un premier album avec de multiples artistes. Le deuxième album, j’avais concentré les choses autour d’une équipe anglaise parce qu’il y avait des prémices avec “Double je”, dans un style plus électronique. J’ai continué dans cette démarche pour le troisième opus. Tandis que j’avais un besoin de revenir à des thèmes plus intimes avec le quatrième album. “Rio”, c’est un condensé de tout ça, avec des chansons “up” pour danser comme “Marlon Brando” et en même temps des morceaux plus profonds comme “Madame”. Il y a un écart énorme mais qui me correspond. Je voulais que toutes les facettes de ma personnalité soient visibles.

L’inspiration des paroles de ton nouvel album s’est faite lorsque tu t’es rendu au Brésil. Ce voyage a été le point de départ ?

Oui, j’avais composé la musique avec Aurélien, avec qui je travaille. Puis, il y avait ce voyage à Rio. Toute ma manière de penser a trouvé un écho dans la manière de vivre au Brésil. Là-bas, il y a un contexte économique et social très dur. La population n’a pas réellement l’opportunité de se projeter donc à défaut, elle profite et elle vit. Tout ce que j’ai vécu et vu m’a inspiré.

C’est le message que tu as voulu véhiculer avec ce 5ème album ?

Après les attentats que l’on a vécu pendant ma tournée précédente, le message premier que je voulais donner à tout le monde était : “la seule et unique urgence que l’on ait, c’est de vivre. Le reste est superflu”. Donc, c’est un album qui est vraiment porté sur le lâcher-prise et sur une philosophie positive. C’est un album antimorosité (rire).

Tu as écrit une chanson qui sort des thèmes de l’album. Elle s’appelle “Madame” et honore Latifa Ibn Ziaten. Son fils s’est fait assassiner par le terroriste Mohammed Merah, en 2012. Suite à ce drame, elle a créé une association au nom de son fils Imad. Aujourd’hui, elle intervient dans les écoles et prisons pour porter un message de tolérance et de vivre ensemble. Pourquoi son combat te tient-il à cœur ?

Je me remets dans le contexte. La France sortait de cette série d’attentats. Je pars à Rio. Je rencontre ces personnes qui ont ce besoin d’urgence de vivre. Et en rentrant de Rio, dans mon propre pays, je rencontre cette femme portant ce message qui me tient à cœur : “La seule urgence que l’on ait, c’est de vivre”. C’était une évidence d’écrire une chanson sur Latifa Ibn Ziaten. J’ai eu la chance de la rencontrer et de me nourrir de ses paroles bienveillantes. Pour moi, elle réussit à fédérer parce qu’elle est le porte-parole qui nous manque tant aujourd’hui. C’est quelqu’un qui s’investit pour faire descendre les frontières entre les communautés, les religions et les différences… Le simple fait d’avoir écrit cette chanson, elle s’inscrit dans le temps et raconte son histoire. “Le jour où je ne serais plus là, où toi tu ne seras plus là, cette chanson restera”, m’a-t-elle dit.

Qu’est-ce que tu ressens quand tu chantes “Madame” en tournée ?

Je me sens utile. Cette chanson a quelque chose de différent. C’est à dire que l’on n’est pas dans l’esthétisme des mots ou de la musique, c’est un message d’âme à âme.

Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour la suite ?

Une belle tournée et de beaux moments de partage avec le public ! Je pense qu’autant pour le public que pour moi, la tournée c’est un moment de rencontre et de retrouvaille. C’est un instant de vie intense où l’on se sent exister réciproquement aux yeux des uns et des autres.

Océane Da Silva

Le 08/11/18 au Pasino – La Grande Motte (34), le 09/11/18 au Théâtre Georges Galli – Sanary-sur-Mer (83) et le 10/11/18 à la Palestre – Le Cannet (06).

www.christophewillem.com

Extrait : “le message premier que je donne pour tout le monde c’est : “la seule et unique urgence que l’on ait, c’est de vivre. Le reste est superflu”. Donc, c’est un album qui est vraiment porté sur le lâcher-prise et sur une philosophie positive.”

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