Nouvelle Vague

ANOMALIE

#NVmagZoom - Anomalie

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Montréal, 1,7 millions d’habitants et Anomalie. Anomalie c’est le projet artistique de Nicolas Dupuis. Véritable porteur de bannière du mouvement nu jazz, Nicolas est cette année en tournée dans le monde entier. C’est une heure avant sa montée sur la prestigieuse scène de l’Olympia à Paris (75), que Nouvelle Vague eu le privilège de rencontrer le fer de lance de la future funk. Un entretien à la lumière du regard constellé d’étoiles du jeune compositeur. Une voix d’un calme olympien pour un échange riche en confidences.

 

Vous baignez dans la musique depuis votre plus jeune âge et avez suivi une formation jazz et classique. Quelle est votre opinion sur la musique actuelle ?

Je trouve extraordinaires les possibilités offertes, aussi bien de par l’évolution technologique des instruments, que de par l’incroyable canal de diffusion de la musique en général, qu’est internet. Je veux dire par là, qu’avoir pu, du fond de mon sous sol, composer mes créations seul, les faire voyager de par le monde entier, en vivre à temps plein et tourner dans tous les pays, tout ceci est définitivement un aspect de la musique actuelle qui me plaît énormément. De plus, il y a encore peu, produire ce que j’appelle une musique hybride, en opposition aux musiques sérieuses, terme que je déteste, en essayant de trouver un moyen de la distribuer sans le concours d’une major, était quasi mission impossible. Aujourd’hui, ce qui définit à mes yeux la musique actuelle, c’est le fait de pouvoir être totalement indépendant dans la démarche artistique, tout en s’affranchissant des canons dictés par les gros label. Que du positif en somme.

 

Pourquoi Anomalie ?

Je cherchais, avant tout, un nom francophone épelé en français, qui me permettrait d’afficher mon identité de québécois montréalais, mais qui pourrait, également, être prononcé et reconnu dans d’autres langues telles que l’anglais ou le suédois. Ensuite, il me fallait quelque chose qui s’intègre dans mon approche non conventionnelle de la musique. Il est vrai qu’Anomalie était probablement plus adéquat lors de mes débuts. Maintenant que la programmation électronique est admise dans à peu près tous les styles et que l’autoproduction de la musique est devenue monnaie courante, le concept est peut être un peu moins pertinent, mais j’aime encore beaucoup ce que le nom dégage.

 

Quelles parts, les dimensions analogiques et numériques, prennent-elles dans votre mode de création ?

Ce que je produis en CD est systématiquement et intégralement numérique. La musique est créée à partir de pc, et de claviers électroniques dont j’extrais de nombreuses pistes ajoutées les unes aux autres. Le premier EP a presque entièrement été soumis à ce mode de production. Sur le second, j’ai joué de la clarinette et de la batterie. On y entend également des sonorités enregistrées un peu partout lors de mes promenades. En live, le résultat est un peu plus organique puisque trois musiciens se joignent à moi.

 

Quelle est l’évolution (différences et/ou similitudes) entre Métropole Part I et Métropole Part II ?

La thématique est la même : Montréal. Les univers sonores et créatifs sont partagés. Dans Métropole Part I, le synthétiseur est souvent l’instrument principal alors que dans Métropole Part II, le synthétiseur n’est plus qu’un accompagnement du piano qui devient, à son tour, l’instrument protagoniste. En cela, le deuxième album se veut, peut être, un peu plus acoustique et lumineux que le premier. Les deux restent toutefois assez joyeux.

 

D’où vous est venue cette volonté de créer ce style de musique fusion jazz électro funk ?

Il s’agit d’une progression tout à fait naturelle. Ma mère est pianiste classique et mon père avait une émission de musique classique à la radio, j’ai donc grandi dans cet univers là. Par la suite, je me suis lancé dans la production de musique électronique, puis dans le jazz, le jazz fusion et la soul, avec Stevie Wonder. Michael Jackson et Quincy Jones qui font également parties de mes principales inspirations. Après mes études de jazz, j’ai rejoint un groupe de jam session au sein duquel j’ai dévoré toute la musique hip-hop des années 80. Formation, parcours, influences, c’est le mélange de tout cela qui m’a conduit à exploiter ce type de musique.

 

Quel (les) sont les artistes que vous écoutez en ce moment ?

Je ne me lasse jamais d’écouter Quincy Jones et Michael Jackson mais aussi Hiromi, une pianiste jazz japonaise remarquable, Brahms pour le classique. En électro j’écoute Deadmau5, Tennyson, FKJ…

 

Un début de tournée avec cette date à Paris, dans quel état d’esprit êtes-vous ?

Je suis très excité ! C’est un honneur de pouvoir assurer la première partie d’ Electro Deluxe, je suis un de leurs plus grands fans depuis toujours. J’ai fait une répétition hier soir avec le big band au complet, c’était extraordinaire. Ajoutez à cela la salle mythique de l’Olympia…

 

Comment percevez-vous le public français par rapport au public canadien ?

J’avoue ne pas avoir de préjugés ni d’attentes particulières, c’est un public entièrement nouveau pour moi. Il m’est arrivé de communiquer avec des habitants de toutes les nationalités lors de mes apparitions sur internet. Il est amusant de noter que, mes lives sont toujours très suivis à Montréal, là d’où je viens, alors que d’un point de vue médiatique, paradoxalement, j’y suis pratiquement inexistant.

 

Êtes-vous diffusé sur certaines radios underground ? Peut-être à des créneaux horaires se prêtant plus à votre type de musique ?

Oui, en effet, les radios étudiantes principalement et au cœur des grandes villes. Mais là encore, arrivé en province, je n’existe plus.

 

Si vous deviez n’en retenir qu’un, quel serait votre morceau culte ?

C’est une vraie question piège… Je choisirais un morceau de Michael Jackson, « Don’t Stop ‘Til You Get Enough » pour son arrangement de cordes. Ce morceau est parfait !

 

Qui est l’artiste avec lequel vous rêveriez de jouer sur scène ?

Sans hésitation, Quincy Jones.

 

Quel concert aimeriez-vous voir ?

Jacob Collier, un de mes artistes préférés.

 

Quel est le sentiment produit par le fait d’être à des milliers de kilomètres de chez soi, et de se retrouver sur une scène face à des milliers de personnes qui crient ton nom et connaissent tes morceaux ?

Les premières fois sont déstabilisantes. On s’y fait, mais le plaisir reste intact. Pouvoir partager ta musique avec toutes ces personnes, en live, face à face, rien ne vaut ça. Lorsque j’ai débuté, je composais mes morceaux chez moi, en solitaire, je ne suis pas quelqu’un d’extraverti. Pendant un an j’ai enchaîné les petits concerts dans les bars et les restaurants. Et puis j’ai participé à des festivals de musique électronique devant des publics énormes, c’est là que m’est venu le choc la première fois. C’est une sensation géniale.

 

As tu déjà travaillé dans des secteurs autres que la musique ?

Non, j’ai eu la chance de n’évoluer que dans cet univers.

 

Aurélie Kula

www.facebook.com/anomaliebeats

 

 

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