Nouvelle Vague

ALINE

Aline, c’est un peu l’histoire de quatre garçons dans le vent. Les nouveaux chouchous de la presse spécialisée sortent leur premier album « Regarde le ciel ». Avec cet album en français, les anciens Young Michelin donnent ses lettres de noblesse à la pop hexagonale. Après les TransMusicales de Rennes et les salles parisiennes, les Marseillais d’adoption partent en tournée jusqu’à l’été. L’heure d’un petit bilan avec le chanteur Romain Guerret avant de « partir et revenir »!

 

Qui est Aline ?

C’est la ville des Young Michelin. Mais ça pourrait être une femme, mais c’est tellement loin de l’héroïne de la chanson de Christophe ! Aux débuts du groupe, on avait créé une fausse biographie des Young Michelin avec une adresse fictive. Pour entretenir un certain mystère, pour rester nébuleux. Aline est une ville française de province qui est traversée par un fleuve. Un endroit assez isolé où la musique devient un remède à l’ennui.

 

Pourtant sur la pochette de votre album « Regarde le ciel », on voit sur « le sable son doux visage qui sourit » comme dans la chanson de Christophe.

Oui ! C’est totalement inconscient parce qu’on n’a pas vu le lien directement mais avec le temps, c’est devenu assez clair que la description totale de la chanson était sur la pochette. Elle est signée Martin Etienne qui ne fait que des images live de groupes. Ces dessins correspondent bien à Aline dont il a déjà fait la pochette de l’EP. Ces lignes claires et légères à la Hergé s’allient totalement à nos arpèges mélancoliques.

 

Comment arrive-t-on à choisir ces 12 chansons quand on a eu deux groupes et un catalogue bien rempli ?

Le groupe fonctionne comme une collégiale pour le « tracklisting », il fallait donc que tout le monde soit d’accord et nous avons choisi les morceaux pour avoir un ensemble cohérent qui correspondrait à une bulle sonore où les chansons sont comme des histoires. Nous avons sélectionné les premières chansons écrites comme « Les copains », « Elle m’oubliera » et d’autres qui étaient sur l’EP. Le disque est conçu comme un film avec un générique de début avec « Les copains » et un générique de fin avec la reprise de la même chanson par Anne Laplantine. C’est comme si on clôturait un passage de vie avec ce disque en réduisant la mélancolie. C’est ce qui fait notre style, notre patte, et qu’il est possible de reconnaître Aline dès les premières notes.

 

Pour avoir cette patte particulière, quelles sont les influences majeures ?

Nous avons un background musical assez large en terme d’indie pop. Cela va du label Post Card Records à Jesus and Mary Chain en passant par le punk avec The Cure et The Smiths que nous avons beaucoup écouté. Mais la principale influence est, avant tout, la musique de la Factory et, tout particulièrement, The Velvet Underground. Les labels américains ou anglais comme Dufflecoat Records et Cloudberry Records qui nous ont remarqués ont reconnu cette fraternité musicale sans se soucier de la langue mais en se penchant sur l’émotion ressentie. Le but n’était pas de plagier quelque chose mais de donner une singularité chantée en français, de faire une musique très anglo-saxonne chantée en français.

 

Justement comment vous êtes-vous mis à écrire en français ?

Nous avons eu la même démarche que Jacno, Etienne Daho ou Gamine, dans les années 80, en combinant la passion de l’anglo-saxon avec la langue natale. Comme d’autres musiciens actuellement, nous avons eu la même envie de mettre en place une esthétique fortement marquée par un background anglais. Nous en avions un peu marre des groupes qui chantent en anglais depuis 10 ans, c’était une réaction pour dire des choses dans sa propre langue. En français, c’est impossible de tricher, il n’y a pas de filtre, il faut raconter. Le but est toujours d’écrire dans un format pop classique avec « couplet, refrain, pont ». Mais en français, il faut rentrer grammaticalement et métriquement, la syntaxe n’est pas quelque chose de facile pour le français à textes. Il faut alors jouer avec ces codes-là pour que cela donne quelque chose de fulgurant à conserver, qui donne envie de danser et aussi de s’écouter. Il faut que ça soit profondément aérien ou être profond de façon aérienne.

Solène Lanza

www.alinemusique.wordpress.com

 

 

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