Nouvelle Vague

#NVmagZoom

Zamdane, le jeune rappeur marocain est en pleine ascension, mais garde la tête sur les épaules, ayant une vision à long terme de sa carrière. En 2018, il a enchaîné deux EP, très différents pour montrer l’étendue de son talent. L’un à base de rap mais aussi de pop (« 20’s »), et l’autre sous le format de cinq freestyles. Sélectionné pour les Inouïs du Printemps de Bourges, nous l’avons interrogé pour savoir comment il vivait ce récent succès.

 

Tu as été sélectionné dans le cadre des Inouïs du Printemps de Bourges, pour la région Provence Alpes Côte d’Azur, qu’est ce que cela représente pour toi ?

Premièrement c’est une fierté. Je suis vraiment content. Je vais pouvoir défendre ma musique et mes titres, dans un festival, sur une des plus grandes scènes de France. C’est quelque chose qui me tient vraiment à cœur. Maintenant, c’est à moi de faire ma part du travail, de bien préparer ça, pour être au top du top le jour du concert. Le plus important c’est de faire kiffer le public qui sera présent, leur rendre ce qu’ils me donnent.

 

Comment vis-tu le fait de passer d’inconnu du public à étoile montante du rap français, en seulement un an ?

Honnêtement, je travaille avec des équipes au top. Ils sont présents autour de moi. Que ce soit mon manager, mon ingé-son qui est aussi mon beatmaker et mon backeur, qui est mon meilleur ami. On bosse vraiment tous les quatre, en plus des personnes qui peuvent nous encadrer à côté, donc je ne suis pas seul à porter ça. On vit l’aventure à plusieurs, ce qui est plus facile à vivre et nous permet de rester les pieds sur terre, de pas s’enflammer. Rester serein et continuer à bien bosser. Ce que j’estime le plus important c’est de rester focaliser et continuer à parler aux gens, à produire de la bonne musique. Continuer son chemin.

 

Depuis quand fais-tu du rap ?

L’histoire est assez insolite. En fait, j’ai grandi au Maroc, je ne suis arrivé en France qu’à 17 ans. Quand j’ai repassé mon bac, j’ai rencontré mon meilleur ami (son backeur), qui lui était dans le rap. Je ne connaissais pas vraiment le rap français et ça m’a giflé. Il a partagé sa passion avec moi et me l’a transmise. C’est comme ça, que j’ai commencé.

A quel moment tu t’es dit je veux en faire mon métier ?

Je ne me le suis toujours pas dit en fait ! Je vois ça vraiment comme une passion. Je veux faire ma vie dedans, c’est sûr, mais dire que rappeur c’est mon métier, non. Faire quelque chose dans le monde de la musique, ça on ne sait pas, peut-être.

Sur la pochette de ton EP « 20’s », tu es dessiné avec le costume d’Albator, pourquoi ?

De base c’est une carte inspirée de Yu-Gi Oh. Je suis un fan de mangas japonais et j’avais envie de la mettre en avant, dans mon premier projet. Il y a eu plusieurs étapes de réalisation et au final ça a donné cette pochette.

 

En quoi cette culture japonaise t’inspires-t-elle ?

Depuis tout petit je regarde les mangas japonais. C’est une de mes passions, ça fait partie de moi donc c’est normal que parfois je la mette en avant dans ce que je fais.

 

On sent vraiment une différence entre cet EP, avec des sons presque pop, par exemple dans « Deadstar » où tu chantes presque, et l’EP « Affamé », où tu rappes de bout en bout, pourquoi ?

C’est ce que j’avais envie de faire. Je voulais proposer quelque chose de différent du premier projet. Je voulais revenir à la base du rap. Je suis retourné au Maroc pour tourner les clips. On a fait cinq clips, en cinq jours. J’aime partir de ma base de rap, et voir au feeling, ce qu’on peut faire autour.

 

Quelles sont tes inspirations ?

En général, j’écoute beaucoup de rap américain. Sinon en ce moment, j’aime les nouveautés que propose le rap marocain, par exemple, Toto. Ça me fait plaisir que le rap marocain évolue comme ça. Je pense qu’il a un bel avenir devant lui.

 

Tu es encore jeune, comment appréhendes-tu la scène ?

C’est un vrai régal. On part en tournée en équipe, on rigole beaucoup. On rencontre aussi le public, c’est touchant de voir comment les morceaux marquent les gens. Quand on crée, on est dans une bulle, on n’a pas de recul. On voit les chiffres mais pas comment cela se manifeste. Voir le public chanter ses paroles, c’est cool. Je fais de la musique pour ça, je suis super content.

 

De nouveaux projets pour 2019 ?

J’ai un projet d’album pour dans deux ou trois mois, j’espère. Ensuite, en fonction des retours que j’aurai, on verra bien. Après ça ne sera pas mal de scènes et aussi du repos car depuis quelques temps j’ai pas mal enchaîné.

Un dernier mot ?

Merci à tous ceux qui me suivent, en espérant que l’aventure continue. On se retrouve sur scène.

 

Maxime Martinez

Le 14/06/19, dans le cadre du festival Marsatac au Parc Chanot – Marseille (13).

www.facebook.com/zvmdvne/

« Quand on crée, on est dans une bulle, on n’a pas de recul. On voit les chiffres mais pas comment cela se manifeste. Voir le public chanter ses paroles, c’est cool. »

Laisser un commentaire