Nouvelle Vague

VANESSA PARADIS

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A seulement 40 ans, Vanessa Paradis a déjà 25 ans de carrière. Alors forcément, on a tous un peu l’impression de l’avoir vu grandir, émerger, se transformer et s’épanouir sur scène comme sur les écrans. Vanessa Paradis débute une nouvelle tournée « Love Songs », un album de confessions amoureuses.

 

On retrouve Vanessa Paradis comme on l’avait laissée, épanouie sur scène. Heureuse de retrouver musiciens, micro et public. Car ce qu’elle aime avant tout c’est partager, des instants, son art, ses arts, réunir les talents, les artistes et puis mélanger aussi, les styles, les collaborations, les auteurs.

Charme magnétique

La force de cette artiste depuis ses débuts ? Avoir su s’entourer des plus grands, des pointures, tant au niveau de l’écriture que de la composition. Depuis Serge Gainsbourg, à –M- en passant par Lenny Kravitz. Un solide instinct artistique, Vanessa Paradis a su s’imposer tout en finesse, tout en discrétion pour s’inscrire comme l’une des valeurs les plus sûres de la musique en France.

Relecture de sa carrière en chanson

Elle a commencé très tôt, souvenez-vous de ses premiers pas face caméra dans « L’Ecole des fans » de Jacques Martin, ces images d’un petit oiseau blond tombé du nid fredonnant « Emilie Jolie » avec déjà un bel aplomb. Il y aura un premier album « M&J », deux initiales pour faire référence à Marilyn Monroe et John Kennedy. Il y aura surtout un titre, « Joe le Taxi », n°1 au Top 50 pendant onze semaines, véritable succès à l’étranger comme en Angleterre. Un morceau écrit par les regrettés parolier et dialoguiste Etienne Roda-Gil (pour Julien Clerc notamment) et le compositeur Franck Langolff. « Joe le taxi » que Vanessa Paradis (déjà intéressée par la mode) entonnera jeans troués et pull ample, dans un premier clip remarqué.

Ces plumes qui signent son envol

Vanessa Paradis co-écrit quelques-uns de ses titres, mais ce sont surtout les rencontres qui rythmeront ses albums. Serge Gainsbourg se penche sur ce talent brut tout juste âgé de 17 ans, en découle un album livré en seulement quelques jours « Variations sur le même t’aime ». La recette Paradis ? Sobriété, discrétion et éclectisme, en atteste « Vanessa Paradis » sorti en 1992 et écrit par le rockeur tatoué et percé Lenny Kravitz où elle reprend même le « I’m Waiting for the Man » de Lou Reed. Une première tournée baptisée « Natural High Tour » avant de se faire discrète, voire presque injustement oublier, jusqu’à « Bliss ». Un disque multi-plumes (deux fois disque d‘or), sur lequel elle signe elle-même plusieurs textes et mélodies, aux côté de tout un panel d’artistes : on retrouve Franck Langolff, mais aussi Alain Bashung, Johnny Depp (son amoureux pendant plus de 14 ans avec qui elle a eu deux enfants Lily-Rose et Jack) et ses premières collaborations avec Matthieu Chedid. –M- sera présent sur le prochain album « Divinidylle » avec Thomas Fersen, Brigitte Fontaine, Albin de la Simone ou Franck Monnet pour ne citer qu’eux. Vanessa Paradis chantera au cœur de l’Opéra Royal du château de Versailles, un concert acoustique lumineux, une parenthèse enchantée captée pour un live « Une nuit à Versailles » lui aussi disque d’or. Avant de retrouver les studios pour « Love Songs ».

Couple scénique avec Biolay

Six ans d’absence et enfin un sixième album ! Sans compter donc les live, les collaborations à d’autres projets (comme « Le Soldat Rose », conte musical signé Louis Chedid) ou la participation à la bande originale de films (comme « Atomik Circus » de Didier Poiraud). « Love Songs », des chansons d’amour où la vérité du cœur est décriée en une vingtaine de titres sur un double album, un côté vieille école, de vrais longs albums « parce qu’il était impossible de se passer de certaines » ! La chanteuse qui, ici, s’entoure d’une perle rare, auteur adoré de ces dames (Keren Ann, Elodie Frégé). Vanessa Paradis explique : « Travailler avec quelqu’un d’intelligent, gentil et respectueux, c’était indispensable ». Des morceaux concoctés, façonnés sur mesures pour elle, pour lui plaire, et qui lui ressemblent. « Love Songs » oscille certes entre amours, amitiés, joies, désillusions, espoirs, bilans, mais n’est en aucun cas sombre. Mathieu Boggaerts, Mickael Furnon (Mickey 3D) ou Carl Barat (Libertines, Dirty Pretty Things) y peignent aussi leurs sentiments. Du romantisme à la sauce rock et toujours cette voix doucement fêlée. Un instant suspendu entre grâce et émotion. Cette tournée c’est aussi l’occasion de revivre sa carrière en chansons. Titres récents, morceaux anciens, le set invite au voyage à travers les époques, les titres qui ont marqué son parcours et autant de rencontres indissociables. Ces artistes qui tous ont composé son succès, ces paroliers, musiciens, ces talents éclectiques qui ne restent pas dans l’ombre, mais jouent toujours la carte de la sobriété, comme Benjamin Biolay, qui préfère rester derrière son piano ou dissimuler son mètre 89 derrière un trombone ou un violon, pour ne rien voler de la présence et de l’aisance de Paradis.

Musique, mode et cinéma

Vanessa Paradis est partout ou presque. Invitée, le temps d’un titre, à chanter sur le dernier BB Brunes « Bye Bye », à retrouver sur la nouvelle version de l’album « Long Courrier » d’Adrien, Felix, Karim et Bérald. Egérie Chanel (sacs à main ou encore parfums), mais aussi de la collection éco-responsable d’H&M (« Conscious » printemps-été 2013), elle dit non au gaspillage et oui au vintage. Mais surtout oui aux belles histoires. Une carrière qui l’amène très tôt sur les plateaux de cinéma. César du meilleur espoir pour «Noce Blanche» à 16 ans, puis quelques succès confirmés ou mitigés « La fille sur le pont » de Claude Lelouch, « Elisa » de Jean Becker aux côtés de Gérard Depardieu, « Un amour de sorcière » ou « Une chance sur deux » dans lequel elle cherche à retrouver son père entre les deux monstres sacrés Jean-Paul Belmondo et Alain Delon. Récemment, on l’a vu en amoureuse troublée dans « L’arnacoeur » face à Romain Duris, en mère courage, juste et émouvante dans «Café de Flore» de Jean-Marc Vallée, prêter sa voix à l’héroïne du très beau film d’animation « Un monstre à Paris » où elle signe la bande originale avec –M-. Elle est aussi au premier plan de «Cornouaille», film d’Anne Le Ny passé inaperçu. Des choix ambitieux dans sa carrière musicale comme cinématographique. On la retrouvera dans une comédie ‘Made in America’, « Fading Gigolo » de John Turturo. Au casting : Woody Allen en proxénète, Vanessa Paradis en veuve juive orthodoxe et Sharon Stone se payant un escort boy (rien que ça !). Un opus reçu par de grands éclats de rire au dernier Festival de Toronto. Vanessa Paradis à la scène comme à l’écran, c’est avant tout ce charme magnétique. Une idylle avec son public qui n’est pas prête de prendre fin.

Aurélie Mignone

Le 28/11 au Zenith Sud – Montpellier (34), le 30/11 au Palais des Festivals – Cannes (06) et le 10/12 au Dôme – Marseille (13).

www.vanessaparadis.fr

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