Nouvelle Vague

UNOJAZZ, du 15 au 17/08 à San Remo – Italie

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IROKO JAZZ QUINTET, le 15 août 2016

Alors que la saison des festivals estivaux semble bien terminée sur les Alpes-Maritimes, juste de l’autre côté de la frontière, San Remo a ouvert le sien de la plus belle des manières avec un concert gratuit offert aux habitants et à l’affiche le Iroko Jazz Quintet rejoint par un fabuleux guitariste, Luigi Tessarollo et le Jazz Ambassadors Big band qui avait invité de son côté Luigi Di Nunzio, talentueux et jeune saxophoniste italien. Je savais que les italiens avaient inventé la « commedia dell’arte » et nous en avons eu une nouvelle preuve en passant une excellente soirée tant sur le plan musical que de l’ambiance dans le public. Le truculent saxophoniste et chef d’orchestre, Leo Lagorio, fut magistral avec son big band (22 sur scène) avec des compositions originales (dont « Coffee Break) ou des reprises. Une extraordinaire mise en bouche pour nous préparer aux cinq soirées qui arrivent, dont celle de ce soir avec Benny Golson. Si faire quelques kilomètres ne vous dérange pas, la Dolce Vita sait vous proposer des moments de grâce et cela fait du bien.

LUIGI BONAFEDE ET BENNY GOLSON TRIO, le 16 août 2016

Deuxième soir pour le l’Unojazz et ce fut une soirée de gala, les amoureux de belle musique et de jazz furent comblés et c’est rare de vivre de tels moments. Pour la mise en bouche, un super quintet sous la direction du pianiste Luigi Bonafede, remarquablement épaulé par le trompettiste Davide Boato, le saxophoniste Pietro Tonolo, le contrebassiste Marco Micheli et le batteur Francesco Stotgiu. Un set d’une grande finesse qui m’a fait regretter de ne pas voir plus souvent les jazzmen italiens sur les scènes niçoises. Après un rapide changement de plateau, Benny Golson et son trio arrivèrent. Quelle grâce, la beauté à l’état pur du maestro américain, d’autant qu’au piano, nous avions l’extraordinaire Kirck Lingsey, à la contrebasse le talentueux Gilles Naturel et à la batterie le sensationnel Doug Sides. Je vous assure que les qualificatifs ne sont pas usurpés, car après 1h 30 de concert, le public était subjugué et heureux d’être venu et d’avoir entendu les plus grand morceaux du saxophoniste, en remarquable forme pour l’anecdote. Quand j’entends ici et à que ce jazz est mort, cela me fait sourire car quelle énergie sur scène. Ce soir, changement de style avec Incognito, un jazz aux couleurs funk.

STEFANO CANTINI QUARTET ET INCOGNITO, le 17 août 2016

Grand écart hier soir car passer du Hard bop de Benny Golson à l’acid jazz/funk du groupe britannique Incognito montre la variété et la richesse du jazz. San Remo était la première date de leur nouvelle tournée mondiale avec la présentation du dernier album, « In Search of Better Days ». Est-ce l’une des raisons qui font que je n’ai pas accroché ? Peut-être. Par contre, aucune déception car la soirée fut merveilleuse avec la première partie et le Stefano Cantini Quartet (sans Zaza Desiderio retenu sur un autre concert). Nous avons passé un moment incroyable de finesse et de beauté avec quatre musiciens exceptionnels, notamment le boss, Stefano Cantini aux saxophones, mais l’incroyable pianiste Luigi Martinale, le talentueux contrebassiste russe Youri Goloubev, sans oublier le batteur dont je n’ai pas retenu le nom. La richesse des voyages est de découvrir des pépites inconnues (certes, mes connaissances en jazz italien ne sont pas grandes) et de passer une extraordinaire soirée en se laissant seulement porter par la musique et l’air marin. J’espère sincèrement les entendre de nouveau.

Jean-Luc Thibault

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