Nouvelle Vague

TCHEKY KARYO, le 07/10 au Théâtre Anthéa – Antibes (06)

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La journée s’annonçait belle, mais allait-elle tenir toutes ses promesses. Programme chargé avec balances, interview et concert. Au lieu de chroniquer le concert, de formater l’interview, j’ai préféré tout vous raconter, sans ordre, au fil de ce que j’ai ressenti.

C’est l’heure des balances, le plateau est quasiment vide, à l’exception d’un piano (le pauvre, il allait jouer plus tard un vilain tour). Les techniciens œuvrent. Un homme décharge le matériel, porte le matériel, détendu, heureux. Ne serait-ce pas Tcheky Karyo ? Surpris et intrigué, je le regarde dans ses allers-retours. Effectivement, c’est lui, loin d’une pop-star, simplement Tcheky Karyo. Mes yeux se sont fermés et j’ai eu l’impression de revenir vingt ans en arrière, à une douce époque où les musiciens étaient accessibles, où la musique avait encore le dessus sur la communication, où les musiciens, même connus, étaient abordables, alors qu’aujourd’hui, après un passage télé, une équipe formate tout, isolant jour après jour le chanteur en devenir, qui souvent se perdra.

Le plateau se monte, Tcheky revient, s’allonge sur scène (exercice de sophrologie). Les musiciens bougent autour de lui, les ordres fusent, lui entre dans la peau du chanteur. Il expliquera après, qu’il a besoin de ce moment pour changer de monde, qu’il est incapable d’arriver sur scène sans passer par un sas, par respect pour le public, par respect pour lui. Balances compliquées, pourtant grand soleil sur le plateau. Des rires, des plaisanteries, cela sent le grand concert.

Micro de scène abandonné pour celui de France 3. Ses influences musicales Brel (deux fois), Reggiani, Tom Waits, Bowie, Nick Cave… mais pas de Bashung (oubli ou admiration). « Non, je ne suis pas un acteur qui chante », « oui, je suis acteur et chanteur », « A 20 ans, je suis devenu comédien, à 50 ans, j’ai décidé de franchir le pas avec la musique. Il n’y a pas d’âge pour vivre sa passion ». Derrière chaque phrase, la force des mots, de la voix surprend, l’humilité aussi. « Je n’écris pas mes textes ». « Ce n’est pas facile, d’autant que je tourne beaucoup ». Homme de théâtre aussi, son show sera comme une pièce, avec une bande son. Bien sûr qu’il est à l’aise mais ses yeux ne pétillent pas autant que sur scène. L’homme privilégie l’Amour à la Guerre, la différence à l’uniformisation.

A mon tour pour quelques questions car il est tard. « Si je devais amener un seul objet sur une île déserte : ma guitare sans hésiter ». Pour quand le prochain album ? « Pas toute de suite, je veux aller jusqu’au bout de « Credo » avec mes musiciens ». Après quelques minutes, « J’y réfléchi ». Comment sera-t-il ? « Plus groove ». Ses yeux parlent avant ses lèvres, Tcheky sait où il veut aller, il sait qu’il doit apprendre, encore apprendre. Perfectionniste, il l’est. Bientôt auteur de ses chansons ? Un sourire illumine le visage : « J’y travaille ». Un jour, seul avec la guitare sur scène ? « J’ai un groupe formidable… mais c’est marrant car des amis me le suggèrent. ». Puis la rencontre avec Nick Cave, en Australie, dommage mais peut-être qu’un jour !

La salle se remplit, très belle affluence, elle est quasiment pleine. La bande son commence, la lumière est encore allumée, la magie nous prend. Tcheky arrive, chapeau melon sur la tête, déclame un poème, « Credo ». Arrivée de son pianiste sur scène, mais on devine qu’un problème est là, une pédale vient de lâcher. Tchéky est contrarié, cela se voit, personnellement, je ne l’ai pas entendu, ce fameux problème. Les chansons déroulent, le charme opère. Ses musiciens sont bons, même très bons mais il y a un lien incroyable. Ils le protègent, l’aident et lui les admirent. Quelle belle fusion ! Cela est beau à voir ! Chacun regarde l’autre, échange, joue et est heureux d’être présent.

Fin du concert, rappel avec « Gibraltar » en acoustique. Tiens, tiens, seul avec la guitare, au milieu du public, nous n’en sommes pas loin. « Where Is My Mind » clôture. Remerciements émus à Daniel Benoin, aux musiciens… Ses mots sortent du cœur.

Quelle belle soirée !

Tcheky a repris la route pour Strasbourg en van pour être avec ses musiciens, il reviendra bientôt plus fort et plus beau. Il sait monter l’escalier marche après marche, l’étage pourrait être atteint rapidement mais il savoure et surtout travaille pour se faire plaisir et nous faire plaisir. Demain sera grand !

Un moment exceptionnel et nous avons été très nombreux à tomber sous son charme !

Merci !

L’équipe : Stéphane Bonacci (guitare), Claude Dos Santos (Basse), Jérôme Spieldener (batterie), Grégory Ott (piano). Un son incroyable avec Philippe Moja, de vraies et belles lumières avec Robin Goisset.

 

Jean-Luc Thibault

 

 

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