Nouvelle Vague

« SPECIAL MARSEILLE » SALLES DE CONCERTS

ZOOM - Salle de Concert - Le Molotov - credit Fred ReGGae Lover

Si l’on veut se faire une idée de l’activité musicale réelle d’une ville, plutôt que d’essayer de recenser ses groupes, il suffit en général de regarder son réseau de salles. En effet c’est mathématique, sans salle, pas de concerts, et plus il y a de salles, plus il y a de concerts. Car au final ce sont bien les programmateurs de ces salles qui permettront ou non à tel ou tel style d’exister et de s’épanouir ou qui feront qu’il reste cantonner au circuit des bars.
Vous l’aurez donc compris, plus encore que des grosses salles bien connues du grand public comme le Dome, le Silo ou même le Moulin ou l’Espace Julien, ce qui fait la richesse d’une scène locale et son dynamisme ce sont ses « petites » salles. Dresser une carte de ces lieux est mission impossible en raison de leur nombre croissant (plus de 500 répertoriés sur Concertandco.com). D’autant qu’on assiste depuis quelques années à un étrange paradoxe : d’un côté les difficultés n’ont jamais été aussi importantes (marasme économique qui fait que les gens restent chez eux devant la télé, problèmes avec le voisinage, soutien inexistant des collectivités locales pour les petites salles) … mais de l’autre on est obligé de constater qu’il n’y a jamais eu autant de lieux ! Entre les salles qui déménagent comme la Maison du Chant, La Mer Veilleuse, l’Equitable Café (qui en déménageant a donné naissance en plus au Kawawatei), celles qui ferment pour en donner de nouvelles le Dan Racing remplacé par le Funiculaire, le Paradox par le Dar Lamifa, le Planet Mundo par l’Arthemuse et le Living Art’s, le Lounge par le JAM ou encore celles qui semblent surgir de nul part comme l’U.percut, La Rouille, le Non-Lieu ou plus récemment le Bal Perdu et le Mom’Art, leur nombre ne fait que croitre !
Si la plupart ont une programmation variée, on peut quand même de façon très grossière, dire que pour le rock ça se passe essentiellement du côté de la Machine à Coudre, la Salle Gueule, le Molotov (dont l’équipe gère désormais aussi l’Intermédiaire et le Traquenard), les Demoiselles du Cinq, l’Asile 404, et plus loin à l’Embobineuse voire carrément en périphérie comme au Jas Rod (Pennes Mirabeau), à l’Electrode (Miramas), Korigan (Aix) … sans oublier bien sûr le Poste à Galène, la plus petite des grosses salles qui s’est enfin ouverte à la scène locale depuis quelques années). Mais la scène qui a sans doute le plus de lieux dédiées, c’est le jazz, puisque en plus de l’historique Cri du Port, de la Cité de la Musique, et de la Caravelle et de façon désormais beaucoup plus occasionnelle du Pelle Melle, ça se passe désormais au Roll’Studio, au JAM, à l’Arthémuse, au Rouge Belle de Mai, au Non-Lieu aussi et dans pas mal de restau comme le Living Art’s, le Latté, le Mundart ou encore le Perroquet Bleu …
En dehors du cas du jazz et du rock donc, quelques salles ont une vrai couleur : hip hop à l’Affranchi, Le chant à la Maison du Chant, l’occitan à l’Ostau de Pais Marselhes ou au Bar de la Plaine, le slam à El Ache de Cuba. Pour les expérimentations, on pourra aussi profiter des fins de résidences du GRIM ou de Leda Atomica Musique (et son festival les Inovendables) ou encore d’une des superbes cartes blanches proposées par la Meson. En ce qui concerne l’electro, si les têtes d’affiche passent désormais au Dock des Suds ou au Cabaret Aléatoire, le gros des soirées ont lieu dans des lieux comme le Baby, dans les boites comme le Trolleybus où la Dame Noire a pris ses quartiers ou dans des bars comme le QG, le Notre Dame, le Polikarpov … Enfin si vous voulez montrer à vos enfants ce qu’est un concert plutôt que de laisser leurs gouts être formatés par les clips à la télé, les showcases hebdomadaires du Lollipop Music Store sont l’endroit rêvé. Et quand ils seront plus grands ils iront peut être participer à des scènes ouvertes du côté de l’Atelier Charbonnier Lutherie, de la Maison Hantée ou encore le Baraki. Et ce n’est pas parce que la plupart de ces salles sont situées dans l’hyper centre qu’il faudra ignorer les autres comme le No Mad café par exemple qui propose souvent des bien belles découvertes avant tout le monde.

Pirlouiiiit

U.Percut, droit dans tes oreilles
C’est la plus punchy des petites salles, à Saint Victor le nouveau quartier festif à Marseille. La plus vivante grâce à son restau de tapas à l’étage, de laquelle on bascule vers le sous-sol où s’ouvre le club chaleureux et arty (totalement insonorisé). Un lieu de caractère, ouvert depuis 2013 par Esther et Sarah et qui fédère au delà de la couleur jazz initialement prévue : le talent de l’U.Percut c’est de savoir combiner musique live (avec sono de qualité) et fins de soirées plus festives avec DJ’s. La formule gagnante l’a rendue incontournable en centre ville, elle est ainsi investie régulièrement par les meilleures organisations et festivals (Borderline, Mimi) qui apprécient son accueil. Knock out !
Hervé Lucien
U.Percut, 127, rue Sainte, Marseille, 7ème.
www.u-percut.fr

La Machine à Coudre
6 rue Jean Roque 13001 Marseille
Autre figure biblique de la scène underground marseillaise depuis des temps immémoriaux, comme son ami Yann de la Maison Hantée, J2P est un personnage à connaître. Fondateur de la bien nommée Machine à Coudre, petite salle de concert du quartier de Noailles, il est celui qui a le mieux réussi à réunir une foule bigarrée (looks et âges aussi divers que variés) dans son petit repaire de la rue Jean Roque. Au bout d’un couloir où l’on s’assoit négligemment autour d’une machine à coudre recyclée en table de bar, se trouve la salle de concert, petite mais parfaitement géniale, puisqu’on y a vu se produire des groupes hallucinants comme 1980 et BEX, Dirge ou encore Soror Dolorosa pour ne citer qu’eux. Une programmation pointue, têtue et à contre-courant total de la niaiserie ambiante, la Machine à Coudre est l’un de ses rares endroits qui ont une âme et une vraie personnalité rebelle. Une denrée rare en somme !
Rose Vignat

Le Molotov
Place Pauk Cézanne 13006 Marseille
Bien situé au carrefour de le rue des Trois Frères Barthélémy et de la rue d’Aubagne, et autrefois appelé le Balthazar, le Molotov a ouvert ses portes en décembre 2012, après quatre ans de vide et quelques rebondissements administratifs qui n’ont rien entamé de son optimisme. Proposant des lives de nombreux genres musicaux allant du hip hop, au reggae en passant par le jazz, l’électro ou le rock, le Molotov est un autre repaire de choix pour l’underground et les groupes locaux. Son équipe sympa et sa belle sélection de bières des quatre coins du monde en font une adresse incontournable pour les fans de musique du quartier et au-delà !
Rose Vignat

 Le Poste à Galène
103 rue Ferrari 13005 Marseille
Petite salle de concert/club bien planqué dans le bas de la rue Ferrari, le Poste à Galène a le mérite de se trouver face à la Tasca, institution marseillaise du mojito et des tapas. Mais il a un autre mérite : celui d’être une salle de spectacle à taille humaine proposant une programmation éclectique le plus souvent dans le genre pop/rock allant des découvertes du moment aux artistes confirmés. A la programmation Lionel, fan de rock et de new wave en particulier, qui travaille main dans la main avec l’Espace Julien entre autres. Sa passion pour la musique et sa connaissance parfaite de la scène marseillaise lui font alterner coups sûrs et prises de risques, ce que les fans locaux ont le bon goût de lui reconnaître comme une rare qualité de nos jours. Bon son et bonne ambiance assurée au Poste à Galène que ce soit pour les concerts ou les soirées à thème, et ce n’est pas les habitués du fumoir qui vous diront le contraire.
Rose Vignat

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