Nouvelle Vague
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Sofian rouge… Derrière ce nom mystérieux se cache en réalité Frédéric Faupin, un musicien à la créativité débridée et boulimique d’expériences musicales : ex-guitariste du groupe « Les Beautés Vulgaires », producteur deep-house sous le pseudonyme Mr Fuzz et producteur électro funk au sein du trio Washing Majazzz. Un musicien, mais aussi un DJ au talent riche et polymorphe qui signe avec « Between Time and Earth », une véritable bande dessinée sonore.

 

Comment de Mister Fuzz devient-on Sofian Rouge ? Un nom qui n’est pas sans rappeler un certain Rackham le Rouge, célèbre pirate anglais et héros de bande dessinée ?

Je prospectais au cours d’une précédente édition du MIDEM, lorsque l’on m’a dit que le meilleur moyen pour rencontrer les décideurs des majors était d’aller du côté des restaurants français du Suquet. Effectivement, j’y ai rencontré les responsables du label Sunswept, qui, intéressés par mes projets, m’ont fait enregistrer sous le nom de Mister Fun, car le nom collait au type de musique que je proposais. Mais par la suite, ils m’ont conseillé un autre nom. J’ai choisi Sofian, car ma musique était orientalisante, puis comme ils voulaient quelque chose qui sonne bien français, j’ai accolé à Sofian la couleur « rouge », cela sonnait plus français. Mais, cependant beaucoup de personnes m’appellent Sofian le rouge, comme Rackham.

Vous avez une grande attirance pour la BD, votre album se présente, d’ailleurs comme un comic américain.

Cela commence avec la pochette qui ressemble à la couverture d’un « comic » et à l’intérieur vous avez dix-huit pages de BD qui accompagnent le CD, le concept est anglais et existe depuis les années 70. Pour ma part je suis un fan de mangas et de Moebius !

Parallèlement à la musique vous écrivez, pas uniquement des paroles de chansons, mais des récits. L’écriture est-elle un contrepoids nécessaire à votre activité de musicien ?

« Ecrire » est effectivement un besoin, c’est une question d’équilibre, car je possède un imaginaire débordant, au point de ne jamais me retrouver en panne d’inspiration devant la tant redoutée page blanche. Mon problème est donc de cadrer l’afflux d’idées qui m’assaillent au moment d’écrire. L’écriture est un travail quotidien qui me permet donc de canaliser et de dompter ce « trop plein d’imagination ». Les mélodies que je compose « poussent toutes seules », puis je mets tout en forme grâce à mon ordinateur qui m’aide énormément dans mon travail.

Quelle est l’idée qui a présidé à la création de « Between Time and Earth » ?

C’est une histoire futuriste digne d’une BD que l’on peut retrouver en français et en anglais sur mon site. A la suite de conflits nucléaires, la vie sur terre n’est plus possible, les survivants tentent de recréer une société sur l’une des trois planètes, ou trois lunes qui composent notre galaxie. Le pilote d’un vaisseau spatial organise sur deux cents ans, la plus grande exfiltration de populations victimes de ces conflits. Cette histoire interstellaire est racontée en images et en mots, mais aussi en musique !

Dans cet album on ressent différences influences et notamment orientales, cela vient d’où ?

L’album oscille entre Daft Punk, Air et M83, entre électro, hip-hop et pop aussi, avec quelques tracks très « chill » conservants un lien avec mon premier opus. Mais en effet, j’utilise des instruments comme le oud ou le sitar. Ma famille est originaire d’Oran, j’ai baigné dans cet univers très méditerranéen baigné d’influences diverses et l’album contient des influences « chill », arabisantes, indiennes, irakiennes et même parfois un peu yiddish. A la base je suis un musicien de formation classique et j’éprouve une véritable passion pour la musique de Villa-Lobos et de Debussy. Ce que j’aime particulièrement c’est me rendre au rayon disques, acheter des disques qui n’ont pas forcément marché et prendre des petits bouts de musiques auxquels je donne une suite ou que je transforme. D’où les influences diverses que l’on peut retrouver dans « Between Time and Earth ».

Léa Raso

www.sofianrouge.com

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