Nouvelle Vague

SKIP THE USE

ZOOM-Skip-The-Use-(c)-Slam

Skip The Use c’est le phénomène rock-électro du moment ! Vous avez forcément déjà entendu une de leurs chansons, ne serait-ce que pour une publicité d’eau minérale ou dernièrement pour une voiture et oui c’est cela la rançon de la gloire ! Doucement mais sûrement, le groupe s’est fait une solide réputation de groupe Live. A l’image de son chanteur, Skip The Use, déborde d’énergie et de bonne humeur. N’est-ce pas Matt ?

 

Dans « Little Armageddon », la chanson « Nameless World », s’est vu accompagner d’un superbe clip mélangeant le fantastique, l’horreur sous forme de dessin animé, pourquoi cette thématique ?

Nous avons travaillé avec Arthur de Pins, dessinateur de la BD « Zombillénium. » On y retrouve l’univers graphique de la bande dessinée. Le long métrage de « Zombillénium » est prévu en 2015 et donc nous allons faire la bande originale. Au travers de cette collaboration, nous avons décidé de garder le même univers sur le titre « Nameless World ».

 

Vous avez gravis les échelons et aujourd’hui, c’est la consécration du groupe. A l’écoute de votre nouvel album, tant en matière d’arrangements que de technique, cela frise la perfection, mais quel est votre secret ?

Par rapport à l’album d’avant « Can Be Late », nous n’avons pas changé la formule, mais nous y avons surtout consacré beaucoup plus de temps au niveau de la réalisation. Nous sommes restés 8 à 9 mois en studio avec Yann. Nous écrivons toutes les musiques à deux. De mon côté j’ai écrit les textes, réellement, en terme de temps brut, l’enregistrement s’est fait sur 2 mois, mais le projet s’est étalé sur une année entière. La musique qui en ressort est plus incisive, plus précise, car nous sommes allés beaucoup plus au fond des choses, mais en gardant cette même authenticité que dans les précédents disques. Nous n’avions pas cette capacité et les moyens de le faire avant.

 

Alors, justement comment s’est passée plus précisément la réalisation de l’album ?

Donc comme je te le disais, nous sommes partis deux mois en studio, un mois à Londres et un mois à Bruxelles. Les morceaux ont été assez compliqués à enregistrer et nous y avons passé beaucoup de temps. Nous avons travaillé avec Dimitri Tikovoï, qui a réalisé l’album et qui nous a aidé à aller au bout des choses. Et surtout, nous avons beaucoup travaillé en duo avec Yann avant. L’album a été mixé par Adrian Bushby, qui a notamment mixé pour les Foo Fighters. Nous savions exactement le résultat que nous voulions, il nous fallait juste travailler avec les bonnes personnes et trancher.

 

Tu parles de compositions, à part le chant, tu sais jouer de quels instruments ?

Je fais de la guitare et de la batterie, en fait je joue un petit peu de tout. Multi-instrumentiste en quelque sorte mais c’est mon métier (rires).

 

Dans une interview, tu racontais que Skip The Use, a longtemps été dans le milieu « underground » et que tout simplement pour « casser » le système traditionnel de la musique, « il fallait rentrer dedans pour mieux le corrompre de l’intérieur », comment en êtes-vous arrivés à cette réflexion ?

Nous avons toujours été en dehors de tout ça, comme beaucoup d’artistes je pense. Nous avons toujours eu ce côté « trash ». Mais, je me suis aperçu qu’au niveau de l’effet escompté, ce n’était pas forcément salvateur. Bien sûr le système m’énerve, car j’ai l’impression que nous n’avons pas tous les mêmes opportunités. Je me suis rendu compte que si je restais dans mon coin, en hurlant dans mon micro, cela n’avait pas forcément d’incidence. Par contre, si j’étais un peu plus malin et que je rentrais dans le système, je pouvais le changer de l’intérieur. Nous sommes arrivés aux Victoires de la Musique, en ne sacrifiant rien et en restant ce que nous sommes. Quelque part nous avons fait évoluer ce « système », changer les mentalités puisque c’est lui-même qui nous a décerné ce prix. Il y a dix ans de ça, c’était totalement impensable qu’un groupe de rock, chantant en anglais soit récompensé.

 

La musique de Skip The Use, a su évoluer au fil du temps, notamment en utilisant des gimmicks électro et ska. Comment t’es venu, cette idée d’ajouter de nouvelles variantes dans votre musique ?

Je pense que notre musique est avant tout rock et c’est le cas encore plus sur le dernier album « Little Armageddon ». Par contre, la façon dont nous délivrons notre musique est plus personnelle, le public retrouve un rock un peu comme dans les années 90, à la Foo Fighters ou Red Hot Chili Peppers. Nous avons donc un son plus américain que anglais, je pense que c’est pour cela que le public se dit « ah tiens, ça a changé », au final pas temps que ça. Tu parles de ska, pour moi c’est surtout cette musique là que j’ai joué dans ma vie. Car, c’est une musique de joie, de tolérance et participative. Ca me plait beaucoup et je trouve que c’est en adéquation avec l’idée que nous nous faisions du groupe et de la manière dont nous avions envie de délivrer notre musique. Nous avons donc utilisé le ska sur deux titres de l’album. Dans « Little Armageddon », il y a moins d’électro. L’idée c’est que cet album est finalement une évolution et il se veut le complément naturel avec « Can Be Late ». D’ailleurs depuis la sortie du nouvel album, nous vendons aussi beaucoup de l’opus précédent, car il s’agit bel et bien d’un ensemble. Avec « Can Be Late », nous avions moins de moyens et nous n’avons peut-être pas pu arriver à avoir exactement l’aboutissement que nous voulions. Du coup, écouter les deux disques l’un derrière l’autre, apporte une complémentarité évidente ! Sur scène, le résultat va être très intéressant car nous allons pouvoir jouer sur les deux tableaux.

 

J’ai pu vous voir sur scène, c’est 1h30 non-stop de pure énergie. Tu n’arrêtes pas de sauter dans tous les sens, une vraie pile électrique, mais comment fais-tu ?

Nous sommes heureux d’être là, je pense que nous avons beaucoup de chance de vivre ça, d’être entre potes depuis maintenant une quinzaine d’années, toujours ensemble et c’est cela qui nous donne de l’énergie, car ce n’est que du bonheur. Nous communiquons cette joie sur scène voilà tout ! Nous prenons notre pied à être ensemble, à voyager, jouer notre musique, rencontrer notre public, passer de bonnes soirées et ça nous suffit pour être en forme. Le plaisir de vivre cette vie est infini !

 

Shaka Ponk et Skip The Use, une bande d’amis mais surtout c’est une vraie histoire d’amour ! Peut-on imaginer de futures collaborations entre vous notamment en studio ?

Oui bien sûr ! Nous y travaillons déjà, mais il nous manque du temps ! Nous aimerions bien, mais le temps nous fait défaut.

 

Et sur scène, les fans des deux groupes, pourraient-ils imaginer un spectacle en double plateau STU et Shaka, un peu comme Punish Yourself et Sidilarsen avec leur concept de Zombie Rocker Party ?

Pourquoi pas ! Nous sommes ouverts à tout, mais là encore c’est une question de temps. Mais, ça pourrait être marrant.

 

Personnellement, comment tu vis le succès de Skip The Use ?

Je le vis plutôt bien. C’est beaucoup de travail mais c’est aussi et surtout beaucoup de plaisir ! Comparé aux Shaka Ponk, nous ne sommes pas encore repartis en tournée, mais elle va commencer dans quelques jours. C’est surtout en tournée que tu te rends compte vraiment de cette « popularité », car tu as les gens en face de toi. Nous avons envie de reprendre contact avec notre public et de renouer des liens. Nous sommes de toute façon très touchés par l’accueil des gens. Ca nous booste car ce n’est qu’un échange d’énergie positive.

 

Vous avez un contact direct avec certains fans ?

Effectivement, il existe un groupe « We Are Bastards » sur Facebook, tenu par notamment Laura, Rafie et Adeline, qui sont très actifs pour les concerts, avec lesquels on échange beaucoup. Ça nous permet d’avoir un retour sur ce qu’on fait, je suis très admiratif du travail qu’ils font et je trouve ça c’est très cool. Quoi qu’il arrive, nous resterons toujours à l’écoute de notre public !

 

Céline Dehédin

Le 19/07 au festival Crazy Week !!!, Théâtre de Verdure – Nice (06).

www.skiptheusemusic.com

Laisser un commentaire