Nouvelle Vague
ZOOM SUD EST-RPZ

RPZ est un artiste dont l’étiquette « hip-hop » est certes juste mais trop réductrice. Evoluant depuis plusieurs années dans le giron de Keny Arkana en la backant sur scène, il a choisi de publier son 2ème album « Eklekzic » qui annonce assez bien la couleur quant à son contenu : du rap oui, mais pas que ! Entretien avec un artiste qui, grâce au rap, nous donne du funk, du jazz et de la new wave.

Ton dernier album date de 2009, pourquoi autant d’attente pour le 2ème album?

Après mon premier album j’avais perdu un peu l’envie d’écrire et d’enregistrer. Ce sont mes proches qui m’ont encouragés à me remettre au travail. Donc je me suis remis en route mais avec vraiment l’envie de me faire plaisir et de mettre sur disque tout l’éclectisme qui me caractérise, de travailler sur l’interprétation des morceaux tout en gardant un phrasé hip hop.

Il y a beaucoup d’ambiances variées sur cet album.

Oui. Chaque morceau est différent. « Narcoflic » est un hommage au film « Bad Lieutenant » avec Harvey Keitel ! « Des Rêves Des Rêves » traite de la désillusion dans différents domaines, « Tempête Des Temps Modernes » parle de la froideur ambiante, pourquoi telle personne est assise là, quel est son vécu, que valent les préjugés que l’on a sur les gens dits « différents ».

Qu’est-ce qui te semblait important d’aborder?

Dans la vie, nous avons une multitude de facettes. Nous sommes tour à tour triste, joyeux, effondré, rêveur et ainsi de suite. J’ai donc voulu retranscrire ces émotions qui me traversent tout au long de la vie. Au contraire je ne voulais pas axer tout mon album sur une seule émotion.

D’où tires-tu tes influences ?

Je citerais en tout premier lieu Renaud, que j’écoute depuis que j’ai 14 ans, qui a cette capacité de narrer les tracas du quotidien, une rupture amoureuse par exemple. Grâce à lui, je me suis découvert en écrivant. Gainsbourg, que j’apprécie également, pouvait traiter d’un sujet de société sur une musique bossa. Ces artistes dont je parle ont su rester fidèles à leur éthique.

Jouer avec un groupe ça doit être grisant non?

Carrément, la chaleur du jeu qui est incomparable. En plus, tous les instruments ont été enregistrés en « one-shot », ce qui est aussi une réelle satisfaction. Malheureusement, l’installation du studio ne nous permettait pas de faire les prises de voix en même temps. Mais si j’avais pu je n’aurais pas hésité une seconde. Au départ je voulais enregistrer un album live parce que je voulais vraiment savoir ce que c’était que de jouer avec des musiciens. Je regardais un live de James Brown et je voyais ces gars jouer ensemble, entrer presque en transe. Je me suis dis que je voulais connaître ça aussi. Même si je ne posais pas les voix en simultané, je vivais les morceaux aussi intensément que les musiciens. D’ailleurs c’est grâce à eux que j’ai pu arriver à cette interprétation sur le morceau « Je Me Relève ».

Avec l’aide des musiciens, j’ai la chance de pouvoir faire ce que je veux, je peux éviter de stagner dans un genre trop codifié. Et c’est vite vu : ceux qui aiment tant mieux, ceux qui n’aiment pas tant pis. Je veux juste m’épanouir. La réussite ou pas de cet album ne dépend plus trop de moi maintenant. Je vais continuer à le travailler du mieux que je peux pour le live !

Le prolongement sur scène d’un tel album est presque naturel non ?

Nous n’avons fait qu’une seule scène pour l’instant mais nous avons encore envie de travailler le live afin de proposer quelque chose qui nous conviendra le plus et qui sera aussi intéressant à voir.

Nous avons la même démarche pour les clips car nous avons sorti en 1er le clip de « Vieux Mec » qui est une chanson assez légère. Par la suite nous reviendrons avec d’autres clips plus sérieux, comme celui de « Narcoflic » justement, que je veux peaufiner à tous les niveaux : lumière, scénario, réalisation, etc …

Rémi Cavailles

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