Nouvelle Vague

RODOLPHE BURGER

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Fondateur du groupe Kat Onoma dans les années 80 avec lequel il a connu un très grand succès, Rodolphe Burger entame une carrière solo au début des années 2000. Il crée aussi son propre festival « Dans la Vallée ». Artiste productif et collaboratif, sa musique a la particularité d’être un mélange de rock, de blues, de jazz, de folk et d’électronique.

Comment la musique est-elle « rentrée » dans votre vie ?

Par mes oreilles que j’avais grande ouverte quand j’étais petit et par lesquelles j’entendais la musique romantique que mon père écoutait. Puis vers l’âge de 10 ans c’est le rock’n’roll que j’écoutais à la radio. Le rock’n’roll qui a d’ailleurs très orienté mon adolescence et mon style de musique.

Comment définiriez-vous votre musique ?

Je dirais que c’est un mixage d’éléments organique et électronique. Après « l’électronique» n’est pas trop le terme adéquat parce que ce sont des sons qui sont joués par mon batteur, Christophe Calpini, qui sont des bruits qu’il enregistre lui-même, des sons de fer brisé, de porte qui claque, des sons naturels mais qui sont activés ensuite. Donc on peut dire que ce sont des éléments de batterie naturelle.

Qu’est ce que vous retenez de la période Kat Onoma ?

Beaucoup de choses. C’est à dire que ce fut une sorte de laboratoire pour moi, un laboratoire de rock, c’est là où j’ai vécu une belle histoire de rock, c’était un vrai groupe. Depuis je joue avec pas mal de musiciens avec des formations variables et ce n’est pas la même chose que de jouer dans un groupe, c’est une expérience assez unique, assez forte, assez spéciale et singulière.

Pourquoi avoir créé le festival « C’est dans la vallée » ? Festival qui a lieu sur vos terres d’origines, n’est-ce pas ?

Oui tout à fait, dans ma vallée natale qui se trouve à la frontière des Vosges et de l’Alsace, ainsi que du Haut-Rhin. Il y’a plein de vestige de l’époque, il y a une magnifique église qui date du 16ème siècle et un théâtre du début du 20ème siècle, par exemple. Ce sont des endroits qui sont beaux et qui sont propices aux artistes qui viennent pour animer le festival. J’invite les artistes à faire des choses particulières en fonction de ces lieux. Il arrive même que certains musiciens se produisent dans une mine d’argent, dans une petite chapelle. Ce qui fait la particularité de ce festival c’est que je ne suis pas programmeur je suis plus un artiste qui invite d’autres artistes.

Vous organisez ce festival tous les ans ?

Non, non c’est une biennale maintenant. Donc on organise ça tous les deux ans. Mais il peut y avoir des évènements qui arrivent ponctuellement, comme ça, au cours de l’année.

Vous avez fait beaucoup de collaborations avec d’autres artistes, comment les sélectionnez-vous ?

Et bien oui, parfois. Mais on ne peut pas parler de sélection. Quelques fois c’est les artistes qui me sollicitent, c’est des rencontres que je fais, et quelques fois c’est des musiciens que je vais chercher, comme par exemple il y a une dizaine d’années je suis allée en Ouzbékistan parce que je suis très intéressé par la musique ouzbèke. C’est vrai que l’une des grandes joies de la musique c’est que ca se pratique à plusieurs et qu’on peut tenter des rencontres qui paraissent improbable sur le papier mais qui s’avère être probante.

D’ailleurs, parlez moi du « projet ouzbèk » ?

Ce projet a une particularité parce que le tout c’est de jouer avec des musiciens qui sont dans des codes et dans une culture complètement différente. Et donc il faut trouver des points de jonctions, des points de rencontre. C’est une expérience passionnante.

Vous dites, dans le documentaire réalisé par Culturebox, que chaque album solo « ouvre une nouvelle période », pourquoi ?

A vrai dire les albums solos il n’y en a pas tant que ça. Mon dernier album « Good » c’est le cinquième. Dans mes albums solo j’essaie d’explorer quelque chose, de trouver un son nouveau. Et donc ce son nouveau ouvre de nouvelles perspectives et permet d’aller à un autre endroit musical c’est pour ça que ça ouvre une nouvelle période.

Yasmine Romdhane

Le 27/04/18 à la Cité de la musique – Romans-sur-Isère (26).

www.dernierebandemusic.com

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