Nouvelle Vague
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C’est lors de la dernière soirée des Voix du Gaou que je prends rendez-vous avec Rabah Houia, directeur du festival, qui m’accorde quelques instants à l’ombre des pins pour faire le bilan de ses cinq années à la tête du festival.

 

Quel bilan à chaud peux-tu tirer de cette édition 2013 des Voix du Gaou ?

Sur un plan artistique, nous sommes très bien au vu de la programmation éclectique du festival. La fréquentation est en légère baisse mais c’est en partie dû au fait que nous avons moins de dates et donc, que le festival est plus court. Les retours que j’ai eus sont très satisfaisants. La mairie est également très satisfaite de l’organisation de cette édition, de même que les Six-Fournais.

 

Encore une édition riche avec des têtes d’affiches (Santana, IAM, Saez, etc.) et d’autres artistes moins connus.

C’est tout à fait le but du festival ! Pouvoir proposer des artistes confirmés mais aussi des groupes en devenir.

Ce festival est le fruit d’un travail de longue haleine avec une équipe fantastique. Nous faisons le maximum pour que tous les artistes qui jouent le même soir puissent se retrouver dans un lieu commun, échanger, discuter si ils en ont envie. Un festival a toujours une saveur particulière, parce que c’est à la fois intense et éphémère et c’est ce qui crée des liens. Dans l’instant les gens, artistes ou membres de l’équipe technique, se livrent, parfois beaucoup. Santana qui monte sur scène jouer avec le groupe qui fait la première partie, c’est juste magique et je crois qu’il n’y a qu’ici qu’on peut voir ça !

Mais pour arriver à cet instant incroyable, il faut créer en amont un espace dans lequel les artistes se sentent en confiance, qu’ils aient envie de se lâcher. Etre directeur d’un festival c’est également veiller à ce que les artistes ne soient pas perturbés pendant leurs moments de détente parce que c’est aller à l’encontre de leur intimité sur le moment.

 

Rabah, c’est ta dernière soirée en tant que directeur du festival, je me doute que tu espères que ton équipe soit reconduite.

Tu ne crois pas si bien dire (rires) ! Bien entendu, il y a eu une vie avant les Voix du Gaou, il y en aura une après, mais j’espère de tout cœur pouvoir diriger à nouveau ce festival pour les cinq prochaines années.

 

Quels sont les meilleurs souvenirs de ces cinq années écoulées ?

Tous sont bons (rires) !

 

Bonne réponse mais il va falloir m’en dire un peu plus (rires) …

Si je devais t’en donner un, c’est Philippe Manœuvre qui arrive ici en perfecto et santiags alors qu’il fait 40°C, que tout le monde est en short et en débardeur et il m’offre un livre sur James Brown qu’il avait écrit. Si tu veux, le décalage était tellement énorme que j’ai tout simplement halluciné quand je l’ai vu débarquer. Au-delà de cette anecdote, chaque édition a connu « sa » soirée inoubliable, que ce soit Sting, Ben Harper, Lenny Kravitz, Alpha Blondy ou Santana cette année, ce sont des instants, je réutilise le même mot, magiques ! Et j’ai une satisfaction, c’est de donner leur chance à des groupes peu connus qui ensuite explosent littéralement au niveau de leur notoriété. Je pense à Shaka Ponk, que nous avons programmés alors que peu de monde les connaissaient et qui, revenant ici 3 ans plus tard, font le plein sur leur seul nom. Et c’est le cas de Pony Pony Run Run, Selah Sue ou bien Skip The Use. Je me dis que j’ai joué mon rôle, j’ai pris un risque. Et bien tant mieux si par la suite l’artiste a vu sa carrière s’envoler. Ce que je souhaite sincèrement à Face Le Groupe qui a joué en première partie de Santana cette année.

Rémi Cavaillès

www.voixdugaou.fr

 

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