Nouvelle Vague
Primavera Sound30

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Le 31/05/18 au Parc del Fòrum – Barcelone (ES)

C’est avec une météo clémente et sous un soleil radieux malgré la pluie annoncée, que le festival débute ce jeudi 31 mai. Dès l’ouverture des portes à 16h, les festivaliers arrivent en masse au Parc del Fòrum, pour profiter des concerts très tôt dans la journée. L’étendue du festival est immense, il faut donc se préparer à beaucoup marcher d’une scène à l’autre. La programmation est si riche qu’il est presque impossible de voir tout le programme même personnalisé, il faut impérativement faire des choix et avoir un mouvement stratégique. Le festival débute avec notamment les américains The Vagabon et la fabuleuse voix de Laetitia Tamko d’origine Camerounaise sur la scène Primavera With Apple Music. Très belles découvertes avec le quartet catalan, The Zephyr Bones, qui présente son album « Secret Place » sorti en 2017 sur la scène Pitchfork, avec un son rock psychédélique, ainsi que le groupe espagnol féminin Hinds sur la scène Ray-Ban avec son indie rock lo-fi. Sur la même scène le compositeur à l’allure androgyne Ezra Furman, au charme poignant et à la voix unique venu tout droit de Chicago, présente ses morceaux rock psyché.

Au soleil couchant, c’est au tour du quartet féminin californien Warpaint de jouer sur la grande scène Seat (où se produira Björk deux heures plus tard), qui offre au public une excellente prestation malgré un problème technique qui surgit en plein milieu d’un morceau et arrêta net le concert momentanément. Bien heureusement, le problème technique fut rapidement résolu et ne dura que quelques secondes. Les jeunes femmes sur scène s’apparentent à des apaches un peu sauvages, qui incarnent force et sensualité, dont la beauté des voix s’accordent à la perfection entre Emily, Teresa, Stella et Jenny. La batteuse Stella possède un groove affriolant, dotée d’une grande technique. Un concert de grande qualité avec un public conquis. Sur la plus petite scène Adidas, la jolie suédoise Anna Von Hausswolff présente son dernier album «  Death Magic » sorti en 2018. Le show est intimiste et minimaliste, entre mélancolie (ambient / drone / musique expérimentale) et atmosphère noire, où l’on distingue à peine la silhouette des musiciens sous les fumigènes. Sur la scène Night Pro, excellente prestation des polonais Trupa Trupa, dans une ambiance profonde et hypnotique.

A la nuit tombante, le très attendu concert de Björk débute à 22h avec une scénographie incroyable. Tel un mécène, c’est une véritable œuvre artistique qu’offre l’islandaise à son public, bien plus qu’un concert. Il y a une démarche bien particulière dans cette proposition où la sublime Björk, de manière féerique apporte de la magie et de la douceur le tout dans un décors organique : les feuillages, des fleurs, des rivières viennent arborer la scène. Harpes, flûtes traversières, chants d’oiseaux viennent divinement et subtilement composer ce happening. Comme une déesse de la nature, vêtue de costumes fluides simulant les ailes d’un papillon, procurant une sensation de légèreté, dotée d’un masque sur le visage, elle incarne la divinité où encore le printemps selon la libre interprétation de chacun. Une mise en scène exceptionnelle avec un discours clairement militant pour la préservation de la nature. Elle choisit d’ailleurs de jouer parmi ses anciens morceaux «  Human Behavior » ou encore « Army Of Me », comme une critique de l’homme par rapport à son comportement face à l’environnement. Etonnement, un lever de pleine lune orangée, immense dans le ciel, vient se glisser dans le cadre du spectacle. Elle est indéniablement accompagnée par les éléments…

Au même moment où se produit Fever Ray (ex-The Knife), l’immense auteur et compositeur australien Nick Cave, débute son concert sur la scène Mango avec le titre « Jesus Alone », avec une prestance et un charisme impressionnant. De nombreux fans étaient au rendez-vous et connaissaient les paroles des chansons à la perfection, notamment sur les titres « The Mercy Seat », « Push The Sky Away », « Deanna » ou encore « Red Right Hand » (morceau utilisé dans la bande son de la série The X-Files). Moment très émouvant lorsqu’il fait monter sur scène le public, dont une femme âgée d’une cinquantaine d’années, émue verse une larme en s’abandonnant dans ses bras. Emu en retour, son regard s’adoucit, il est touché par ce moment profondément humain, des instants merveilleux et un moment de grâce… Un concert de Nick Cave and The Bad Seeds c’est avant tout des musiciens hors-pairs, un faciès et une voix unique, une performance ultra carrée, dans une ambiance quasi lynchienne …en somme, un fabuleux spectacle à voir au moins une fois dans sa vie.

Trois artistes se chevauchent : Vince Staples, Chvrches, Sylvan Esso et Nils Frahm. C’est auprès du talentueux berlinois que viennent se poser mes oreilles. Seul sur scène, il déambule sur ses machines dans une ambiance à la fois mélodieuse et festive. Pour clôturer la soirée sur la scène Ray-Ban, deux artistes de talents avec deux prestations bien distinctes : Four Tet et DJ Koze.

Sur la scène Bacardi Live située à l’autre bout on retrouve James Holden & The Animal Spirits, Mount Kimbie, Floating Points (en live solo) et pour clôturer Carpenter Brut actuellement en tournée pour présenter son dernier album « Leather Teeth ».

Le Primavera Sound est un festival dont la machine est bien huilée : une programmation de haute qualité, la ponctualité des concerts, une organisation carrée…vivement l’édition 2019 !

 

 

Aurélie Kula

 

www.primaverasound.com

 

Crédit photo : Aurélie Kula

 

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