Nouvelle Vague
ZOOM-POSTCOÏTUM

Composé de deux musiciens aux influences à première vue divergentes, le duo Postcoïtum a fait le choix ambitieux de lier batterie et instruments électroniques dans une même idée de composition. Après avoir brillamment passé les sélections des Inouïs PACA du Printemps de Bourges, ces deux larrons ont finalement réussi à être sélectionnés en tant que représentants de la région, catégorie électro le 23 avril prochain au dit festival. Rencontre avec Bertrand Wolf, moitié du groupe à lui tout seul.

 

D’où vient le nom de votre groupe Postcoïtum ?

Ce nom vient en fait d’une citation latine qui entièrement se dit : « Post coïtum omne animal tristis est ». En français cela donne : « Après l’amour tous les animaux sont tristes ». Nous avons choisi ce mot, dérivé de cette citation donc, car nous trouvions qu’il signifiait bien ce sentiment mêlant à la fois joie et mélancolie qui caractérise notre musique.

 

Comment vous qualifieriez-vous musicalement parlant ?

Nous avons des influences multiples. Damien (Ravenich) est batteur et a suivi une formation jazz. Moi à l’inverse je viens du milieu de l’électronique, mes maîtres à penser sont par exemple Pierre Schaeffer (le père de la musique électroacoustique) ou bien encore Bernard Parmegiani. Notre musique est un peu à double sens, il y a un côté assez rock que Damien apporte avec sa formation et ses influences, les textures et les sons quant à eux sont plus électroacoustiques, ce qui offre ce style assez particulier.

 

Depuis combien de temps le groupe a-t-il vu le jour ? Et comment s’est-il formé ?

C’est sur Marseille que le groupe s’est formé. Damien était déjà présent là bas et moi je descendais de Paris. Nous nous connaissions et avions des amis en commun et l’idée du groupe nous est venue à la suite d’une proposition d’un petit festival, le 11.11.11. Le principe était de faire un morceau de 11 minutes pour ce festival et nous nous sommes donc mis d’accord tous les deux pour réaliser ce morceau. On peut donc dire que c’est ce 11 novembre 2011 que le groupe a vraiment vu le jour. Nous avons aussi monté notre label Daath sur Marseille, que nous sommes en train de faire grandir petit à petit.

 

Comment en êtes-vous venu à postuler pour les Inouïs du Printemps de Bourgues ?

Nous nous sommes inscrits sur internet et avons passé les auditions avec succès mais on ne s’y attendait pas du tout. Du coup, nous essayons de réagir à cela et de voir ce que le Printemps de Bourges peut nous apporter. Notre musique, plutôt expérimentale, n’est pas forcément le style qui est d’habitude donné dans ce festival. Du coup nous allons voir comment réagit le public et comment notre musique est reçue là haut.

 

Pouvez-vous me parler d’ « Himera », votre premier album et de sa production ?

C’est grâce à internet et à un système de financement participatif que nous avons pu financer la création de cet album. Et surtout grâce à un réseau d’amis et de proches qui nous ont soutenus et ont donc financés chacun à leur échelle la production et l’enregistrement. Nous sommes l’un des nombreux exemples qui prouvent qu’il est possible de sortir un disque sans forcément avoir de fonds propres.

 

Pensez-vous que ce système de production est en quelque sorte l’avenir de la musique ?

Oui, pour un certain type de musique. Bien évidemment il existe encore des possibilités de subvention avec des organismes privées ou publics, mais le système de financement en ligne permet d’instaurer une relation particulière avec le public, de le fédérer à une cause, ce qui est très important pour un groupe.

 

Vous avez des projets pour l’avenir ?

Après Bourges nous aimerions bien partir en tournée, pouvoir partager notre musique avec un public plus grand. Nous espérons aussi donner une plus grande visibilité à notre label et que celui-ci grandisse. Et puis aussi pourquoi pas un second album à l’avenir. Celui-ci n’est encore qu’à l’état de concept mais nous espérons bien pouvoir en sortir un nouveau un jour ou l’autre.

 

Simon Vannereau

Le 10/04 à l’Upercut – Marseille (13), 11/04 au Volume – Nice (06).

www.facebook.com/postcoitummusic‎

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