Nouvelle Vague

PIANOCEAN

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Depuis 2015, Marieke Huysmann-Berthou, a pris la mer à bord de son bateau « Lady Flow » sur lequel elle a installé un piano. Tout en s’inspirant de ses voyages et des personnes qu’elle rencontre sur sa route, elle crée des chansons qui mettent en scène ses deux passions : le voyage et la musique. Pianocean, c’est un projet qu’elle voit sur la durée. Elle a l’ambition de s’arrêter sur les quais et faire découvrir sa musique aux intéressés pendant une dizaine d’années, avant de repartir vers d’autres horizons.

 

D’où est venue l’idée de faire ce projet ?

C’est un rêve de gosse que j’ai développé au fur et à mesure de ma carrière. En parallèle, j’ai développé ma carrière de musicienne tout en continuant de me former à la voile. Et puis j’ai voulu me lancer dans le projet Pianocean, pour réunir la musique et la voile.

Quel est votre itinéraire ?

Le premier voyage s’est fait en Méditerranée pendant 6 mois, en 2015. L’année suivante, nous avons décidé de faire une tournée en Bretagne. Nous avons prévu de faire la troisième saison à partir du Morbihan, où nous sommes actuellement, pour remonter au nord de la Bretagne et aller en Angleterre puis en Irlande. Tous les ans pendant peut-être dix ans, on va changer d’itinéraire pour faire un tour du monde.

Vous enregistrez vos chansons sur le bateau ?

Oui, tous mes albums ont été enregistrés sur le bateau. Un ingénieur son vient avec un studio mobile et installe son matériel. Moi, je suis dans la cabine arrière et on enregistre les morceaux comme ça.

Combien d’albums sont prévus ?

Nous avons pu déjà sortir deux albums depuis le début du voyage et là nous en faisons un troisième qui sortira au printemps prochain avec une tournée à partir du mois de mai. A chaque fin de saison, j’enregistre un album qui retrace le voyage qui vient d’être fait. Je compose mes morceaux pendant les escales, avec mes rencontres et avec tout ce que je découvre.

Dans quel but faites-vous cela ?

Je le fais pour montrer qu’on peut diffuser la musique d’une autre façon que dans le cadre admis, standard, que la musique doit être partout et qu’elle doit bouger. On peut inventer d’autres schémas, d’autres histoires et faire partager les voyages à travers la musique.

Comment avez-vous fait pour mettre en place ce projet ?

Je me suis organisée aux côtés d’autres personnes qui m’ont aidées financièrement et qui m’ont données des coups de main pour les travaux. Un architecte naval et un accordeur de piano  ont  fait avancer le projet avec des savoir-faire que je n’avais pas. J’ai aussi fait du crowdfunding pour le piano. Cela nous a fallu deux ans pour nous préparer et mettre en place Pianocean.

Vous êtes accompagnée d’une équipe pour la navigation.

Oui, pour la première saison j’avais un skipper, mais maintenant je suis autonome et donc capitaine sur le bateau. Une amie photographe, Anne-Lise Le Pellec, vient régulièrement faire un travail photographique de reportage sur le projet. L’équipage change souvent en fonction des navigations. S’il y a une grande traversée, il y a des gens qui nous rejoignent.

Vous proposez des places supplémentaires. Pourquoi ?

Je suis autonome sur le bateau, mais des fois, j’ai besoin de bras supplémentaires pour la navigation. Je reste donc ouverte si, lors de certaines rencontres, des personnes ou même des artistes manifestent l’envie de me rejoindre. Ça ne se prévoit pas à l’avance, ça se fait au fur et à mesure des rencontres du voyage. Dans tous les cas, on est quatre personnes au maximum sur le bateau, donc il n’y a pas de problèmes pour la navigation, ni pour la musique.

Pourquoi restez-vous une semaine sur chaque lieu ?

Le fait de rester qu’une semaine permet vraiment de rencontrer les populations, de s’inspirer.  Au début nous avons remarqué que quand nous ne restions qu’une soirée, nous n’avions pas le temps de découvrir le lieu et encore moins de rencontrer les gens. L’idée de Pianocean c’est vraiment de créer du lien. Le projet marche beaucoup au bouche à oreille. Les gens savent très vite qu’il y a des concerts tous les jours sur le port et se regroupent donc sur les lieux.

Dans quel but avez-vous décidé de faire un périple d’une dizaine d’années ?

Parce que l’idée de base, c’est vraiment de prendre le temps de composer, d’écrire, de rencontrer. Si j’avais fait un voyage de six mois ou de deux ans, je n’aurai pas eu le temps de rencontrer les gens, donc je voulais vraiment voir ce projet sur le long terme.

Est-ce que ça a changé votre façon de faire de la musique ?

Oui, ça l’a déjà changé car je suis dans l’instantané tout le temps. Dès que je compose un morceau, je le joue en public et je l’enregistre. Et l’avantage c’est que nous avons des retours tous les jours. Ça me permet d’être en contact direct avec le public.

 

Johanna Bonenfant

www.pianocean.wordpress.com

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