Nouvelle Vague

PHILIPPE KATERINE, le 11/03/17 au Théâtre Croisette – Cannes (06)

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C’est en ce samedi du mois de mars que nous avons eu la joie d’accueillir Philippe Katerine au JW Marriott, anciennement appelé le Palais Stéphanie à Cannes. Dès les premières secondes le spectateur est déjà immergé dans l’univers unique de Philippe Katerine, qui entre dans la salle en déambulant parmi le public, habillé d’un costume semblable à celui de Peter Pan. Le ton de l’espièglerie est déjà présent et c’est un public enjoué qui accueille l’artiste en l’acclamant. On se rend compte au fur et à mesure que l’on est plus proche d’un spectacle de théâtre, que d’un concert. En effet, les musiques viennent habiller un discours proche du théâtre de l’absurde, similaire à celui d’Eugène Ionesco, avec des échanges minimalistes entre les personnages. Deux personnages l’accompagnent sur scène : l’étonnante pianiste Dana Ciocarlie, vêtue d’une robe angélique, voire féerique avec de longs voiles blancs, incarnant à la fois le rôle de la maîtresse d’école et sa complice. Elle l’accompagne et donne la réplique aux divagations de Katerine. Un deuxième personnage intervient par intermittence toujours dans le silence et dans l’anonymat, vêtu d’une longue cape marron, pour tendre à Katerine des instruments de musique qui ne semblent pas intéresser notre protagoniste. Ce spectacle est avant tout un hommage à la musique classique. On y retrouve des références comme Mozart, Debussy ou encore Ligeti interprétées divinement par Dana. Puis, nous retrouvons les chansons phares de Katerine, celles du grand public qui s’enjaille et l’accompagne naturellement au chant lors des interprétations. Belle revisite musicale sous forme acoustique, accompagnée principalement par Dana au piano. Jeux de mots et répétitions de phrases banales, telles des comptines, sont les lignes conductrices du spectacle. L’univers enfantin est très présent : la mise en abîme de scènes ordinaires à travers les yeux et la délicatesse de l’enfance. On ne sombre jamais dans le vulgaire, l’approche est toujours poétique. C’est une autre interprétation du monde, sur le ton décalé de l’humour; Katerine nous conduit dans son monde ludique et farfelu durant 2h15 de spectacle avec peu d’éléments. Il a une parfaite maîtrise des silences et des pauses qui sont hilarants. Philippe Katerine est un acteur de grande qualité. J’ai trouvé  la fin du spectacle d’une grande finesse, Dana et lui tous deux soufflant sur une bougie, ne daignant pas vouloir s’éteindre.

 

Aurélie Kula

 

Crédit photo : Aurélie Kula

 

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