Nouvelle Vague

PARALLELLS

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Plutôt issues d’un univers jazzy et funky, Thomas et Julien de Bie s’émancipent et jouent de la musique électronique. Basés aux Pays-Bas, les frères composent des sons que l’on pourrait caractériser de cosmiques et mélodiques qui, à chaque représentation, emportent le public dans un véritable voyage exaltant d’émotions. De l’Angleterre à la Pologne en passant par l’Egypte et le Mexique, le duo s’est produit sur de nombreuses scènes internationales. Bien décidés à importer en France et à Monaco leur propre style d’électro, qui semble déjà être un réel succès à l’étranger, les frères n’ont pas finis de faire parler d’eux. Ils répondent à nos questions avec plaisir et enthousiasme.

 

Est-ce que vous pouvez vous présenter en quelques mots, de façon personnelle ?

On est Thomas et Julien, deux frères musiciens de 25 et 27 ans, d’origine hollandaise et italienne. On a grandi à Monaco et on est tout les deux partis faire nos études aux Pays-Bas pendant environ sept ans (on a gradué il y’a deux ans). On entretient une passion commune c’est la musique, c’est quelque chose qu’on fait depuis tout petit. Après la musique électronique c’est vraiment aux Pays-Bas qu’on l’a découvert, parce qu’à la base on était plus sur de la instrumentale avec un groupe, des guitares, un piano. Et vraiment c’est aux Pays-Bas qu’on a eu cette révélation et qu’on a su que c’était ça qu’on voulait faire. Du coup on s’y est mis à fond et là ca fait trois ans que finalement ça commence à bien marcher pour nous.

Vous avez grandi dans un environnement jazzy et funky, comment votre intérêt pour l’électro est-il apparu ?

Oui en effet. Notre père c’est un grand mélomane de Jazz et en fait il en écoute tout le temps. Il joue du steel drum, d’ailleurs, qui est un instrument des Caraïbes. Voilà c’est un féru de musique et c’est donc grâce à lui qu’on a ce goût prononcé pour la musique je pense. J’ai un oncle qui baigne dans la musique aussi puisqu’il jouait au conservatoire de l’orchestre philharmonique de Monaco en tant que contrebassiste. Donc, on peut dire que la musique fait partie de la famille depuis longtemps.

Quand est ce que votre aventure musicale a t-elle commencé ?

Il y’a trois ans. Bon au début c’était juste pour le plaisir. A ce moment là je produisais de la musique à Montréal avec des amis du Pays-Bas et Julien, lui jouait solo à droite et à gauche aux Pays-Bas déjà, mais tout seul, on était chacun dans son truc. Du coup un jour on s’est dit « ben vas-y toi tu m’apprends à jouer, moi je t’apprends à produire » et ça a commencé comme ça. Depuis on fait tout ensemble.

Avez-vous réalisés des albums depuis vos débuts?

On est en train de préparer notre premier album avec le principe de « A day at ». Chaque chanson sera intitulée par le nom de l’endroit. Donc là il nous reste encore quelques endroits à explorer avant de le sortir.

Comment vous vient l’idée d’une création ?

Déjà il y’a différents types de productions. Il y’en a dans les studios, où t’enregistre dans un espace clos avec pleins d’instruments et d’ordinateurs. Et puis on a un concept qui s’appelle « A day at » qui sont des vidéos sous forme d’épisodes avec de la musique 100% organique. Donc en fait on enregistre tous les bruits d’un endroit et on en fait un son et là c’est vraiment organique parce que tout ce que t’entends provient du lieu et y’ a pas d’ordinateur qui viennent interférer tout ça.

Comment définiriez-vous votre musique ?

Notre musique étant donné qu’on a un background assez jazzy, elle est toujours ultra sophistiquée. On joue pas mal d’accords et tu as des notes que tu peux jouer seulement si tu joues des accords et donc on est pas dans le style techno répétitive et qui tape fort. C’est plus soft. Après ça nous arrive de faire des truc un peu moins soft mais ça reste ultra mélodieux.

Pourquoi avoir choisi, comme nom de scène, « Parallells » ?

Parce qu’on s’est mis dans la tête un univers parallèle, le sien et le mien. C’est deux frères, deux vies et deux lignes qui vont dans la même direction. C’est tout un concept. C’est Julien qui a eu l’idée et qui m’a tout de suite appelé quand ça lui est venu à la tête. J’étais à Montréal à ce moment là et j’ai trouvé l’idée géniale avec une réelle signification.

Vous avez joués un peu partout dans le monde. Dans quels pays ? Et est ce que des fois vous appréhendez de jouer dans tel ou tel scène ?

On a fait beaucoup de pays, oui. On a fait Londres, Berlin, Tunis, Saint-Domingue Belgique, Italie, Espagne, France bien sûr, Pologne, Egypte, Mexique voilà voilà, je pense que j’ai fait le tour. Il y’a parfois des différences, c’est certain. On sait que la meilleure scène c’est la berlinoise, la amsterdameuse aussi, c’est vraiment là où l’on a rencontré des publics ultra réceptifs qui connaissent la musique. Bien sûr, des fois on appréhende. Par exemple à Berlin on a joué au Kater Blau qui est l’un des meilleurs clubs de Berlin, donc ouais t’appréhende. En plus on a joué 8h. 8h en Back2Back avec notre ami Sam Shure de Stil Vor Talent, c’est long mais tu ne les vois pas passer. Et Berlin c’est vraiment la scène qui requiert une bonne préparation parce que si tu te foire, c’est fini les gens ils partent et t’es catégorisé. Mais ça s’est bien passé pour nous. L’enregistrement du set est d’ailleurs sur notre soundcloud.

J’ai beaucoup aimé votre série intitulée « A Day At » qui a pour but de produire des sons à partir de bruits provenant de l’environnement dans lequel vous vous trouvez. Comment avez-vous eu cette idée ? Comment ça se passe ?

Je pense que le but d’un producteur est de se trouver un son unique qui puisse le différencier des autres. Et il n’y a rien de mieux pour cela que d’enregistrer les sons autour de soi. Quand on produit c’est tellement plus simple et plus cool parce que tu enregistres les sons et quand t’es dans le studios et que tu enregistres, chaque son a un visuel parce que t’entends le son et tu te dit « Je me rappel de Julien qui était en train de faire tomber un truc ou qui était en train de taper ça». Donc tout devient histoire, et c’est super intéressant à produire. Après t’as d’autres artistes qui le font comme J.A.C.K, qui est un artiste français derrière lequel on avait joué une fois à Paris. Et lui, c’est fou parce qu’il le fait en Live carrément, c’est-à-dire qu’il ramène plein d’ustensiles, quelques micros et des recorder et il le fait devant nous. Il met ça dans un séquenceur et sur ça il rajoute des mélodies et ça donne un truc de dingue. Et c’est un peu notre but, de pouvoir faire ça un jour. Le concept, ça nous est venu tout simplement parce qu’on voulait faire un truc 100% organique. Et un jour on a aidé mon oncle dans son atelier de sellerie et on entendait qu’il y avait tellement de sons alors on s’est dit « c’est pas possible faut absolument qu’on enregistre ça ». C’est de là qu’est partie notre premier épisode. Ensuite on l’a fait dans une serre, dans un atelier de menuiseries, dans une cuisine. Là prochainement on va à Auron dans une station de ski, à l’aéroport de Nice normalement, et dans un cabinet de dentiste à Marseille. Donc c’est nos prochains épisodes pour la série « A day at », ça va être vraiment cool.

Vous êtes aussi producteurs, puisque vous êtes les co-fondateurs de Klassified music ? Quelle est la particularité de votre collectif ?

Donc c’est un collectif à la base mais là ça devient une maison de disques. Et pour annoncer ce nouveau label on sort une compile début Avril, ça sera un album avec une quinzaine d’artistes. De grands artistes qu’on connaît et avec lesquelles on a joué, donc ce sera quinze sons différents aussi. Le concept de notre label tourne autour du Paon, qui est d’ailleurs notre logo. C’est un animal qui représente une sorte de magnificence mais qui est en même temps ultra mystérieux. Alors en fait tout le concept c’est de faire de la musique très « earthy », donc t’as la Terre avec des éléments extrêmement naturel mais avec en plus, un côté mystérieux amené par l’électro. Du coup l’album s’appellera « The feathers eyes » (les yeux de plumes) et il y aura plusieurs volumes.

Vous êtes à l’origine du Deep Klassified Music Festival qui a eu lieu en juillet dernier dont l’objectif était de faire la fête pendant 48h dans une atmosphère dépaysant. N’est-ce pas ?

C’est ça et cette année il aura lieu dans le Col d’Eze les 21 et 22 juillet ! D’ailleurs qu’on a enlevé le « Deep » donc c’est tout simplement le « Klassified Music Festival ». A Monaco ça s’est toujours bien passé, mais cette année on passe en extérieur sur un site archéologique, ça va être fou. Le principe c’est de faire produire les artistes de notre label en Live, de faire la fête en alliant tout le bien être. Pour nous le bien être c’est la musique avant tout, mais c’est aussi tout ce qui est médecine alternative, méditation, Yoga… Avec Julien on médite tous les jours (en même temps on a une mère qui veut être Reiki donc on baigne dedans quoi), et la bonne bouffes avec des food truck toujours très healthy, bio local, végétarienne, et végane.

Si vous deviez définir votre musique en 2 mots, ce serait lesquels ?

Thomas : Je dirais profonde et mélodieuse,

Julien : et moi, progressive et réfléchie.

Vous préparer d’autres projets ? Concerts ou albums ?

Donc là on est en plein dans la préparation du Klassified Music Festival 2018. On a le Label aussi, et du coup maintenant qu’on devient Label ca sera beaucoup plus simple d’organiser des fêtes puisqu’on pourra faire des showcases un peu partout avec nos artistes. On est en train de réaliser l’album « A day at », on est en plein dedans. Le but en fait ce serait de garder le même concept et faire des « A day in » qui sera le deuxième album on espère, et ce sera des « A day in Paris », « A day in Istanbul », « A day in Tokyo », à n’importe quel endroit et on enregistrera ce qui représente le lieu. Et le troisième EP se sera « A day with » et là on fera des collaborations avec des grands musiciens. Bon après c’est loin d’être fait, mais c’est dans nos projets.

Yasmine Romdhane

Le 10/08/18 dans le cadre du festival Les Plages Electroniques à la plage du Palais des Festivals – Cannes (06).

www.parallellsmusic.com

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