Nouvelle Vague

ODEZENNE

ZOOM-ODEZENNE-(c)-Mathieu-Nieto

Odezenne est définitivement le groupe qui actuellement fait le plus réagir sur le net depuis la publication du titre choc « Je veux te baiser ». Groupe de rap évoluant hors du circuit classique qu’empruntent nombre d’artistes, le groupe a su fédérer un public de plus en plus important autour de leur identité musicale sans concession et s’octroie un break pour répondre à nos questions.

 

Expliquez-moi qui fait quoi et depuis quand.

Jaco : Alix et moi sommes à l’écriture et au chant, Mattia s’occupe de la compo. Tout le monde a un droit de regard sur ce qui est fait et peut intervenir sur n’importe quelle partie. Nous nous sommes mis sérieusement à la musique en 2007.

 

Votre musique est brute, très directe.

Alix : J’aime bien l’idée d’être « au plus près de ». Quand je suis paumé dans l’écriture d’un texte, c’est souvent ce qui me permet de trancher. « Sans chantilly » notre premier album malgré son côté inachevé, était déjà dans cette veine, « sans chantilly » ça voulait dire « sans fioritures », « sans maquillage ». Ce côté « direct » c’est notre éthique depuis le début.

Mattia: Nous utilisons le langage d’aujourd’hui c’est tout.

 

Avec des titres comme « JVTB » ou « Dieu était grand », dans quelle mesure cherchez-vous à provoquer et donc à attirer l’attention du public ?

Jaco : Rien n’est calculé, nous ne cherchons pas volontairement à provoquer. Sur « Je veux te baiser » nous parlons de baise, bien sûr, mais en parler c’est aussi parler d’amour ! Quand les gens baisent, ils sont consentants, ils sont heureux ! Et pour ceux que ça choque, Ferré disait : « N’oubliez jamais que ce qu’il y a d’encombrant dans la morale, c’est que c’est toujours la morale des autres ».

Alix : Nous cherchons d’abord à provoquer quelque chose en nous même, c’est un défi plus intéressant.

Mattia: Je suis d’accord avec Alix, notre démarche est égoïste, notre musique nous est destinée avant tout ! Si nous gardons une chanson c’est que nous nous y retrouvons.

 

« Pour faire simple, je crois que l’industrie musicale n’en a rien à foutre d’Odezenne ! Elle se porte très bien sans nous, et nous finalement très bien sans elle. »

 

Comment percevez-vous le studio ?

Jaco : Je vois le studio comme un espace de création formidable. Quand tu y vas pour créer pendant 6 mois, tu te rends compte des possibilités extraordinaires que permet le studio. Et tu y apprends beaucoup.

Alix : Moi, c’est l’inverse, le studio m’oppresse. J’ai finalement très peu écrit en studio. J’en ai un parce que Mattia doit avoir une salle pour créer, ranger son matos mais j’ai juste besoin d’un casque et d’une feuille ou un ordi. J’ai d’avantage écrit dans ma piaule vue sur Berlin Est ou au coin d’une cheminée dans un bar avec un verre de whisky.

Mattia : J’aime le studio quand il devient un espace de liberté, de mise en danger, où tu affines ta direction. Nous nous sentions en confiance dans le studio à Berlin. Quitter le sampling pour accéder à une musique plus personnelle était le challenge de cet EP. Je crois que nous sommes satisfaits de ce que nous avons produit.

 

Quel matos avez-vous utilisé ?

Mattia: Notre label nous a donné des moyens inespérés : des vieux synthés (ms-20, Prophet 5, Vox Continental), des boîtes à rythmes (909, 808), un studio pour pouvoir arranger les morceaux, mon frère y a enregistré de vraies batteries d’ailleurs.

 

J’imagine que c’est une grande satisfaction que de pouvoir se passer des gros médias ?

Jaco : L’industrie ne nous a jamais vraiment donné notre chance en disant que notre groupe était sans intérêt. C’est pourquoi nous avons décidé de tout faire seuls.

Alix: Ça me fout les boules de ne pas passer à la radio. Je voudrais bien leur dire d’aller se faire foutre mais je ne sais pas par qui commencer. Nous n’avons pas une seule télé en 6 ans pourtant ça pourrait nous faire gagner du temps en termes de diffusion.

Mattia: Nous avons la chose la plus importante: un public qui nous suit. Ceci dit je préfère être un groupe sans maison de disque mais avec un public plutôt que l’inverse.

Alix : Pour faire simple, je crois que l’industrie musicale n’en a rien à foutre d’Odezenne ! Elle se porte très bien sans nous, et nous finalement très bien sans elle.

 

Rémi Cavaillès

www.odezenne.com

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