Nouvelle Vague

ODEZENNE

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En fin de tournée pour la promotion de leur album « Dolziger Str.2 », Odezenne faisait un arrêt obligatoire par Marseille au Moulin lors d’un concert extraordinaire ! Entretien avec Jacques, Alix et Mattia pour en savoir un peu plus sur cet album aux ambiances électro qui s’éloigne un peu plus du rap sans pour autant renier ce qui a fait leur identité.

A quoi renvoie le titre de l’album?

Alix : « Dolziger Strasse 2 » est l’adresse de l’appartement où nous avons logé à Berlin durant l’enregistrement de l’album, pendant 6 mois environ. En arrivant en Allemagne nous avions trouvé un appartement mais situé juste au-dessus d’une boîte de nuit entièrement dédiée à la « bass-music » … Tu n’imagines même pas comme les murs tremblaient ! Et là-bas, les clubs ne ferment pas à 3h00 du matin comme en France mais plutôt 11h … Nous avons donc sagement décidé de déménager et nous avons donc trouvé cet appartement à Dolziger Strasse 2.

 

Comment s’est déroulé l’enregistrement ?

Jacques : Assez chaotique au début. Après un voyage de 2000 bornes, nous avons atterri dans cet appart invivable où il est impossible de dormir, de répéter, d’enregistrer !

A : Le pari était risqué parce qu’en partant là-bas, nous n’étions même pas sûrs de revenir avec un album.

 

Pourquoi être allé enregistrer à Berlin?

A : Parce que cette ville nous attirait, plein de groupes y étaient déjà allé, les tarifs sont moins élevés qu’en France, c’est une ville très vivante.

Mattia : Et aussi se rendre compte de l’influence de cette ville sur la musique de ces groupes-là. Nous pensions vraiment voir l’art, la culture, la musique à chaque coin de rue et en fin de compte c’est plus subtil que ça. Il y a là-bas une espèce de lenteur qui inconsciemment influence ta musique.

 

Quelle est votre méthode pour construire les morceaux?

J : Sur ce disque, tout partait d’une boucle de Mattia, sur laquelle soit moi, soit Alix, ou tous les deux, nous nous reconnaissions. Donc nous faisions une proposition à Mattia qui, lui, nous faisait un retour, et ainsi de suite. De manière générale, ça partait tout le temps de la musique.

A : Nous avons tenu à avoir une totale liberté dans nos textes. Nous ne voulions pas nous interdire d’aller une direction sous prétexte que le sujet avait déjà été abordé.

 

Je ressens comme une « anarchie » dans vos textes que je trouve très déconstruit.

A : Ce n’est pas totalement vrai. Dans « Vodka », il y a une métrique très précise, les nombres de pieds qui se retrouvent, des rimes plates ou croisées. Mais sur « Un Cœur A Prendre » ou « On Naît On Vie On Meurt », tu as raison, c’est plus freestyle.

 

J’ai trouvé que cet album était trop court.

A : C’était voulu ! Nos deux précédents albums étaient des formats longs, plus de 60 minutes, donc, cette fois-ci, nous avions la volonté de faire un album concis, d’éviter de nous éparpiller.

M : Il se passe plein de choses dans ces morceaux, en dépit de leur courte durée et c’est bien que le public ressente ça. Cela prouve que nous avons réussi à faire passer beaucoup d’informations, dans les textes ou la musique, et ce dans une durée limitée.

 

Mattia j’ai remarqué que tu avais utilisé beaucoup de claviers et assez peu de guitares sur cet album.

M : Tu trouves ? Peut-être … Il faut dire aussi que j’ai acheté beaucoup de claviers et que ce sont des machines fantastiques à utiliser ! J’avais vraiment envie de composer, au sens strict du terme, et pas me retrouver sur mon ordinateur avec des plugs-in.

 

Expliquez-moi ce losange minable sur la pochette (rires)

A : C’est l’artiste plasticien Édouard Nardon qui a réalisé la pochette. Ce losange, apposé sur la porte d’une maison, signifie qu’elle est inoccupée et qu’elle peut être cambriolée. Et c’est exactement ce que nous pensons de notre musique : une fois l’album terminé, le public peut le cambrioler, se l’approprier en fait. Nous avons adoré l’idée !

 

Rémi Cavailles

 

Le 03/03 à la Paloma – Nîmes (30) et le 04/03 à l’Espace Julien – Marseille (13)

www.odezenne.com

 

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