Nouvelle Vague

NEIL YOUNG

Neil-Young

Neil Percival Young alias Neil Young, situe son apogée de popularité dans les années 70. Chanteur folk-rock et country, il possède une discographie complète aussi bien en solo qu’en groupe. De 1968 avec « Neil Young » jusqu’en juin 2015, le légendaire rockeur a sorti 33 albums studios. Singles, albums live, compilation ou musique de film n’ont plus de secrets pour lui… Ce touche-à-tout revient plus engagé que jamais avec son dernier album « The Monsanto Years ».

 

Voix haut-perchée et guitare omniprésente marque la musique de Neil Young. Sur ses trentaines d’albums, il jongle parfaitement entre divers styles : sons folk acoustiques mêlés à de la country dans « After the Gold Rush » et hard rock-grunge avec des chansons comme « Rockin’ in the Free World ». En effet, au cours de sa carrière, il s’est aventuré dans plusieurs genres musicaux allant de l’électronique jusqu’aux musiques hypnotiques de rockabilly (sous-genre du rock). En près de cinquante ans de création et de scènes, Neil Young a habitué son public aux changements de cap permanents et en a même fait sa marque de fabrique. « A Letter Home » (2014), propose des reprises acoustiques tandis que « Storytone » (2014) est le premier disque sur lequel le guitariste ne joue d’aucun instrument. Les amateurs de folk-country ont préféré le gros son du premier album et les autres ont aimé la simplicité des chansons sans arrangements.

« Harvest » (1972), quatrième album solo de Neil Young, fut jugé par les critiques comme l’un des albums majeurs de l’histoire du rock. Album le plus emblématique du chanteur et classé à la 78ème position des « 500 plus grands albums de tous les temps » selon le magazine Rolling Stone. En effet, « Harvest » est un album immortel qui s’écoute sur les longues routes de vacances : musique de l’Amérique profonde qu’on entendait déjà avec son groupe « Crosby, Stills et Nash » qui nous faisait voyager à Nashville, Terre Sainte des cow-boys. Par exemple, la guitare sèche se mélange aux solos d’harmonica sur « Out Of The Week End », chanson typiquement country. Pourtant, son audience n’a fait que grandir lorsqu’il a quitté son groupe pour s’établir en solo.

Avec un tel succès, Young s’est placé au rang de véritable « rock-star » : Prix Juno de l’album alternatif de l’année pour « Harvest Moon » en 1994, Prix Juno du musicien de l’année en 2011, Grammy Award de la meilleure chanson rock pour « Angry World » en 2011 et, encore récompensé par le Grammy Hall of Fame Award pour « After the Gold Rush » en 2015. Malgré tout, il divise encore et toujours les critiques : certains trouveront sa musique planante, d’autres la jugeront désagréable. En quelques années d’intervalle, il peut sortir un album émouvant et mythique comme un album « foireux ». Imprévisible et assez libre, le canadien se plaît à écrire des mélodies acoustiques et mélancoliques. Michel Houellebecq et autres écrivains le décrive comme étant un sentimental solitaire : ses chansons les plus « épineuses » s’avèrent finalement être les plus touchantes. Entre autobiographie, histoire de promesses non tenues, narration de sa consommation de drogue et autres paroles mélancoliques, certains des morceaux du canadien valent le coup d’être écoutés pour leur douceur acoustique et leur texte.

Toutefois, parmi la discographie de Neil Young, quelques morceaux électriques ont reçus un accueil critique plutôt mitigé. Par exemple, « Landing On Water », est considéré comme le pire album de la carrière de ce touche-à-tout. Mais le public reste fan du Loner, de son caractère solitaire et de ses performances vocales : sa voix n’est ni fausse, ni éraillée. Œuvre la plus vendue de l’année 1972, « Harvest » a longtemps était numéro 1 des classements country. Influence pop et habituels arrangements country se mêlent dans l’album, érigé dans les médias comme étant la quintessence de son style. Avec son dernier album « The Monsanto Years », le canadien signe une fois de plus une œuvre qui lui ressemble parfaitement. Merveilles folk-rock et paroles engagées, Young prouve que les paroles militantes et le bon son folk ne sont pas totalement incompatibles.

 

La défense de certaines causes a toujours fait partie de la vie de Young. Il narre son souci de l’environnement dans « After the Gold Rush » (planète condamnée par la pollution), proteste contre la drogue dans « The Needle and The Damage Done » et, en 2015, son combat est entièrement dévoué à Monsanto. Il est en colère contre le géant de l’agro-alimentaire américain, coupable de répandre des OGM dans nos assiettes (ainsi que ceux qui le soutiennent). De Walmart à Starbucks (« A Rock Star Bucks A Coffee Shop »), tous les grands sont concernés. Si certaines musiques tombent rapidement dans le cliché de la chanson militante banale, au contraire « The Monsanto Years » ne pâtit pas de son propos. Rock simple, fougue et surtout sincérité forment une combinaison qui plaît visiblement aux fans et aux plus engagés. Le disque de Neil Young s’inscrit simplement à la suite des critiques de longue date que le chanteur clamait déjà il y a des années : impact des pesticides sur l’environnement et la santé, convictions écologiques et politiques de gauche… etc. C’est donc plutôt au niveau musical que l’on trouvera une certaine fraîcheur, de la nouveauté.

C’est avec son nouveau groupe californien Promise of the Real qu’il a composé ce dernier album. Lukas et Micah Nelson, fils du chanteur country Willie Nelson, forment ce groupe et redonnent à Neil Young ses éclats électriques d’antan. À la fois intense et délicat, sa force réside dans la variété de chacune des chansons : l’album varie entre perles de pop-folk teintées de country, guitare sèche et son mélancolique ou musique électrique. « New Day For Love », « Wolf Moon », « Rules Of Change » ou « Monsanto Years » font de cet album un des joyaux de l’œuvre de Young : aussi mélodique et touchant qu’électrique et épique. L’album se conclut avec « If I Don’t Know », titre sur lequel Young s’interroge sur la pertinence des contestations en chanson. Pourtant, il croit en ses causes puisque après des décennies de carrière, le canadien ne s’assagit toujours pas.

 

Après une tournée américaine à succès en 2015 et à 70 ans, le légendaire Neil Young prépare une tournée en France. Avec son nouveau groupe Promise of the Real, il jouera dans notre région. L’occasion est à ne pas manquer puisque le Loner à signé son meilleur disque depuis des années : « The Monsanto Years ».

Lucile Adèle

 

Le 16/06 au Dôme – Marseille (13)

www.neilyoung.com

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