Mardi 13 Mai 2008
Nouvelle Vague | Actualité musicale Sud-Est & ailleurs
Actualité musicale Sud-Est & ailleurs
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Historique

L’odyssée Nouvelle Vague
Il y a dix ans, Nouvelle Vague lançait un défi sous forme de bravade : "faire avancer [musicalement parlant] les choses dans notre région". Coups d’oeil dans le rétro.

Un lundi d’avril.
Je suis quelque part dans la grisaille du XIème arrondissement de Paris. Code pin ? "Tût-tût ! Tût-tût !". Le cellulaire vibre puis sonne (oui, je sais, je suis probablement le seul à utiliser, en 2004, le terme "cellulaire", et alors ?). Un nouveau message. C’est mon boss, l’inspecteur L. Il m’envoie dans le Midi. Il s’agit cette fois d’enquêter sur une nouvelle vague, une sorte de déferlante qui emplirait chaque mois les moindres recoins du sud-est en répandant bons plans et avis éclairés sur la création musicale contemporaine. Autant chercher des alligators dans les égouts ou des piquouzes sur des fauteuils au cinéma. A moins que ce ne soit encore un coup d’un NGV espiègle…

Tour de chauffe.
Seule pièce à conviction en ma possession : Nouvelle Vague #1, actualité rock Côte d’Azur - octobre 94, une mauvaise photocopie écornée, étrangement proche de ce que les journaleux appellent dans leur jargon un fanzine. Une vieille feuille A4 pliée en deux, où se bousculent pêle-mêle l’annonce du concert de Thiéphaine au Théâtre de Verdure, la chronique du Come de Prince et quelques bonnes adresses de vendeurs de skeuds. "Un tour de chauffe" me dit-on dans les milieux bien informés. Un essai qui présente et accompagne une compilation (Sous le soleil, 1994, suivie de Alternative 98 en... 1998) montée par le label-association La Plage. La piste se précise : Nouvelle Vague et La Plage seraient donc liés. Normal. Elémentaire, même : les vagues, la plage, le soleil, tout ça. Je remonte déjà à la source, quelque part dans l’arrière-pays niçois, à Vence.

Vocation : coup de pouce.
Pendant ce temps-là, mon réseau travaille et progresse. Un ami bibliothécaire dégote le vrai numéro 1, celui qui donnera sa forme au magazine actuel. Octobre 95, Drive Blind en couv’, huit pages, noir et blanc. Lu dans l’édito signé d’un certain Philippe Perret (note pour plus tard : se renseigner sur cet homme) : "Nouvelle Vague se fixe comme objectif d’être le média de tous les passionnés de musique et de tous ceux qui veulent contribuer à faire avancer les choses dans notre région." Ambitieux. Quelques lignes plus tard : "je sens déjà l’haleine fétide des éternels râleurs en tout genre : Pour qui il se prend ! De toute façon, il va se planter !" Humilité… Et l’envie d’offrir un autre regard aussi, volontaire et engagé. Le constat était évident : les jeunes formations musicales locales ne font du bruit que dans leurs garages. Nouvelle Vague les aidera à s’exprimer.

A la cool.
Le numéro 10 (nous sommes en été 1996) marque un premier tournant : l’apparition de la couleur (rouge, en l’occurrence) au sortir des presses. Plus soigné, plus lisible, Nouvelle Vague commence à ressembler à une vraie publication musicale. Progressivement, je reconstitue le parcours du magazine et ses transformations, mais n’ai pas encore mis la main sur ses instigateurs. Et soudain, coup de bol ! Au hasard d’une soirée arrosée, le patron d’un bar du Vieux Nice me dit que les conférences de rédaction se déroulent dans son établissement. Quelques jours plus tard, déguisé en dame pipi pour ne pas éveiller les soupçons, je rencontre enfin mes hommes. Il y a plus de pintes de bière sur la table que de gens autour de la table. Cohésion : 10/10. Ils ont tous l’air d’être potes. Vient le moment de se répartir les chroniques d’albums (et donc de se partager une cagette entière d’albums même pas encore sortis dans les bacs… j’en pleure d’émotion depuis mon poste d’observation). Surprenant, pas de pugilat : tout se joue à pile ou face. Etat d’esprit : 9/10.

L’été, c’est chaud.
Mais le visage du rédac’ chef Philippe Perret semble préoccupé. Il doit motiver ses troupes pour la préparation du Spécial Festivals, le numéro double juillet-août. Il doit aussi anticiper la rentrée et les comptes-rendus des événements de l’été, envoyer ses accrédités sur tous les fronts pour revenir les poches pleines de découvertes et de confirmations. Car la promotion de la création locale (et d’ailleurs, d’ailleurs !) passe aussi par la mise en avant des scènes émergentes comme des ralliements historiques. C’est également un lien direct avec les récepteurs de l’information, dans l’incitation et le partage de moments de plaisir. Les Vieilles Charrues, Le Bout du Monde, Les Eurocks, Les Nuits du Sud… Ils seront partout, ces têtes chercheuses indépendantes.

Utilité publique.
Aujourd’hui, à force d’occuper le premier plan dans l’information écrite musicale dans le sud-est, Nouvelle Vague (et ses 10 000 exemplaires par mois) s’est fait un nom, a imposé sa crédibilité, sans jamais se prendre la tête, et toujours pour assouvir les envies de ses lecteurs. Des lecteurs de plus en plus séduits par l’association entre gratuité et qualité des avis proposés par une vingtaine de pigistes "couleur locale" et une poignée de correspondants, qui ?uvrent chaque mois à sa conception avec l’intime conviction d’en faire un média d’utilité publique.

Jérôme Ivanichtchenko



La distrib’
Ou comment Nouvelle Vague arrive dans votre assiette quand vous n’êtes pas abonné(e).
Dès le départ, l’idée d’une diffusion massive dans les lieux culturels du Sud-Est s’est imposée à nous. Un appel d’offre publié dans une pleine page des plus grandes publications françaises (Le Figaro, Gay Pied, La Croix, L’Huma...) nous a vite valu des sollicitations de prestigieuses multinationales (Fedex, Chronopost, ADL Communication, La Poste...) pour des devis malheureusement exorbitants. Du coup, puisque les capitalistes voulaient nous empêcher de diffuser la Vérité en essayant de nous étouffer économiquement, et puisqu’après tout on n’est jamais mieux servi que par soi-même, autant la faire nous-même cette diffusion !
Elle a lieu le 28 de chaque mois (sauf en février où une fois tous les 4 ans on la fait un 29), si ce n’est pas un week-end évidemment. Communément appelée "Distrib" dans notre jargon, cette activité, essentielle dans la vie de Nouvelle Vague, est régie par l’application stricte des principes japonais du Kaïzen (optimisation perpétuelle des techniques de travail). Alors cela nous a fait prendre parfois quelques distances avec les lois de la République, d’avant Sarkozy cela s’entend. Ainsi, il ne faut pas s’étonner des réactions des gendarmes qui ont vu sur l’autoroute un utilitaire rempli de lourds cartons plein de magazines, un peu comme la voiture de mon épicier de quartier quand chaque mois d’août il part visiter sa famille de l’autre côté de la Méditerranée.
Kaïzen, c’est aussi rationaliser à l’extrême la liste de diffusion, en composant avec les contraintes géographiques que nous imposent notre Sud-Est. Hors de question ainsi de faire la diffusion de nos magazines selon l’ordre alphabétique des lieux culturels. Cela reviendrait à commencer par un lieu à Toulon, continuer à Nimes, puis à Cagnes-sur-Mer, Marseille, Nice, Avignon, re-Toulon et patati patata. Un attaché de presse parisien vous dira que tout ça c’est à côté, puisque en «province» tout est à maximum 50 kms du reste (ou 45 minutes de RER), mais d’un point de vue plus sudiste ça fait quand même pas mal de kilomètres. Donc on procède ville par ville, de l’est vers l’ouest, tout simplement. De plus, pour nous soulager, La Poste et certaines compagnies d’autobus nous permettent, moyennant finances, d’envoyer des magazines à nos correspondants qui font un travail impeccable dans les régions que nous ne pouvons assurer nous-mêmes. Tout cela est torché, si je puis dire, en 48 heures chrono, soit deux fois plus qu’il n’en faut à Jack Bauer pour sauver la vie d’un John Kerry noir. Mais nous progressons tous les mois. Kaïzen !

David Bartoli



Mise en pli...
D’octobre 1994 à juin 1995, Nouvelle Vague était plié à la main. Incroyable mais vrai ! Je parle là d’un temps que les plus jeunes d’entre nous n’ont pas connu, les bienheureux ! A l’époque les articles étaient rédigés en taille de caractère 6 (donc illisibles), photocopiés dans une boîte à copie de fac (donc illisibles) et, surtout, lesdites copies étaient pliées méticuleusement par l’ensemble de l’équipe lors de longues soirées Tupperware dans un bar de la rue Saint-Philippe au nom peu engageant, le H2O. C’était gratiné ! L’exercice consistait à se noircir copieusement les doigts pour faire d’un paquet de copies A4 baveuses un magnifique magazine d’actualités musicales de huit pages au format A5. Faute de moyens, on ne poussait pas le vice jusqu’à agrafer les feuilles entre elles mais on s’assurait néanmoins que la reliure était suffisamment ferme pour maintenir le tout. Hé hop, après trois heures d’exercice l’affaire était bouclée, les doigts en vrac, mission accomplie. Ainsi, chaque exemplaire était un collector en puissance, une parfaite ?uvre d’art éphémère, fruit d’un travail d’orfèvre digne des plus beaux pliages d’Akira Yoshizawa, père de l’origami moderne.

Fabrice Le Querré



Faits marquants
28/09/1994 1er numéro du fanzine
28/09/1995 1er numéro du magazine
28/11/1995 1er numéro en 16 pages
28/12/1995 1er numéro tout en bichromie
28/06/1996 1er numéro en 24 pages
28/09/1998 1er numéro en 28 pages
28/04/2000 Numéro « Spécial Marseille »
28/04/2000 1er numéro en 32 pages
28/04/2000 1er numéro avec couverture couleur
28/09/2000 Numéro « Spécial 5 ans du magazine »
28/03/2001 Numéro « Spécial Nice »
28/10/2001 Numéro « Spécial Toulon »
28/04/2002 Numéro « Spécial Vaucluse »
28/02/2003 Mise en ligne de www.nouvelle-vague.com
28/03/2003 Numéro « Spécial Montpellier »
28/01/2004 Numéro « Spécial Marseille »
28/09/2004 Numéro « Nouvelle Vague 10 ans ! »

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Nouvelle Vague #140
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