Nouvelle Vague

LYDIA LUNCH

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Égérie du mouvement No Wave new-yorkais depuis la fin des années 70 et ambassadrice du spoken word, Lydia Lunch utilise sa poésie et ses prestations scéniques pour vider ses tripes et ouvrir les consciences; actuellement en tournée avec Weasel Walter pour leur album « Brutal Measures » avant de revenir dans quelques mois avec son groupe Retrovirus. Cheveux noir corbeau, rouge à lèvres écarlate, yeux bleu-vert fixes et perçants, cigarette et verre de vin en main, elle nous expose ses combats et nous plonge dans les tréfonds de la complexité de sa personne grâce à sa diction envoûtante, son timbre rocailleux et son franc-parler, sans concessions ni maniérismes, tentant parfois de se montrer intimidante, foisonnant de prose imagée, de vivacité d’esprit, de néologismes, de dérives, de culture, de gros mots, de violence, de démence et d’un humour pince-sans-rire qui trahit son empathie sous-jacente. Parangon d’une éternelle rebelle. Adeptes du politiquement correct s’abstenir.

 

On vous associe toujours au mouvement « No Wave », en vos propres mots qu’est-ce que c’était ou qu’est-ce toujours ?

C’est agressif. Ce n’est pas amical. C’est dissident. En général, ça ne sonne comme rien d’autre, souvent pas même comme ce que c’est censé être. C’est un cri de folie personnel à l’opposé du punk rock qui est souvent un cri de folie politique. Ce n’est pas une scène sociale. Ce sont des antisociaux faisant de la musique horriblement agressive. Ça ne rentre dans aucune autre catégorie. Et oui, je suis toujours putain de No Wave… Weasel aussi.

 

Vous avez toujours eu un franc-parler rare dans vos propos, est-ce que c’est quelque chose que vous souhaiteriez voir plus fréquemment dans la scène musicale ?

J’en ai rien à foutre du reste de la scène musicale. Je ne fais de la musique que pour mitrailler les mots toujours plus loin. Je n’aime même pas la plupart de la musique. Bien sûr, il y a de la musique que j’aime, mais dans l’ensemble, à ce stade, il faut aller en arrière si on veut trouver de la bonne musique. Elle a toujours été le plus petit dénominateur commun, c’est une marchandisation, ce en quoi elle s’est changée est dégoûtant. Je pense qu’en fait, la musique ne s’est jamais arrêtée, mais à part pour le jazz barré, une fois passée la No Wave, la majorité de la musique était nulle. Elle essayait d’être commerciale ou shoegaze ou grunge ou pop-punk, post-connerie de merde. Pas qu’il n’y ait pas eu beaucoup de bons groupes qui aient surgi de ce bourbier de merde. Certainement, il y en a eu. Mais je pense que MTV, quand ça a débarqué, a montré aux gosses de 10 ans qu’ils pouvaient aller emmerder papa pour avoir une guitare, jouer dans un garage, avoir un groupe, porter les fringues qui vont bien et choper un contrat de disques d’un million de dollars et bosser pour ces idiots… euh… c’était quoi la question ?

 

Si vous souhaitiez que les gens au franc-parler soient plus fréquents…

Écoute, le truc c’est qu’il y en a des gens au franc-parler, mais ils ne sont pas toujours dans la musique. Va lire « CounterPunch » ou « Nation of Change » ou « Truth-Out » ou « TruthDig », … Il y a un paquet d’écrivains fantastiques qui écrivent des choses franches. À cause du fait que la situation globale soit si désastreuse, il semble qu’il n’y a pas assez de protestation ou qu’il n’y a pas assez de rébellion… mais il y en a beaucoup ! C’est juste que les pouvoirs en place n’en ont rien à foutre ! Et ce qui est bizarre pour moi, c’est que je ne trouve pas plus de gens qui en fassent, je veux dire, quand j’ai commencé à faire du spoken word, et c’est intéressant que Henry Rollins, Exene Cervenka et Jello Biafra soyons tous apparus au même moment sans raison apparente à faire du spoken word, victimes de notre génération et des années Reagan surtout, et celles-ci ont continué mais nous aussi ! Et tu sais, la vérité n’est pas une commodité populaire… la plupart des gens veulent passer un bon moment, alors ne venez pas à mon putain de spectacle si vous voulez passer un bon moment.

Si vous voulez passer un super moment, venez à mon spectacle, mais si vous êtes juste là pour faire la fête, allez ailleurs, allez écouter vos disques, les enfants… Je veux dire, même avec un groupe comme Big Sexy Noise [son groupe de 2009 à 2013 – ndlr] qui est le groupe parfait pour fêter l’Apocalypse, il a fallu que j’y mette des chansons et des paroles politiques, alors… Je n’arrive pas à m’empêcher de parler et de me plaindre… Ce qu’on fait dans « Brutal Measures » est très interpersonnel, mais toujours, il faut que ça ait un truc sur la guerre à la fin parce que je ne peux pas arrêter d’en parler, parce qu’en tant qu’Américaine, ou plutôt anti-Américaine, je me dois d’être le porte-parole de la voix de la raison – ou de la déraison.

 

Vous avez toujours été une avocate de l’auto-émancipation depuis le début de votre carrière…

Ouais, enfin, j’ai surtout été narcissique depuis le début de ma carrière… Je m’aimais avant d’être née… Je m’aime tellement que j’en ai assassiné mon frère jumeau, mais ça…

 

Ce n’est probablement pas vrai…

Hmm… si, c’est vrai. [Après vérification, elle l’a effectivement étouffé à leur naissance – ndlr.]

 

OK… Et donc, qu’est-ce qui vous a donné le pouvoir d’être immunisée contre la construction masculine de la société ?

J’adore la construction masculine de la société parce qu’elle prouve à quel point ils peuvent être putain d’arrogants, stupides et ridicules. Voilà pourquoi il y a toujours des guerres sans fin. Tout ce que j’ai pu dire contre « la patriarchie » continue à se révéler de plus en plus vrai, donc à chaque fois qu’une guerre commence ou à chaque fois qu’un millier de personnes se fait tuer; pas que je veuille voir des cadavres s’empiler rougir le désert, mais c’est bien ce qui se passe, tout cela exporté d’Amérique; d’une certaine manière, je jubile ! Pas qu’il y ait autant de mort et de destruction, mais que l’homme, à ce stade, soit toujours aussi putain de stupide. Et je dis bien « l’homme » ! Parce que ce sont les hommes qui dirigent ce merdier. Donc haha, bande de connards, faites donc tout sauter. Maintenant, de quoi s’agissait-il, d’auto-émancipation ? Non, parce que je sens qu’on m’a confié le devoir de dire ma version de la vérité. Ce n’est pas la vérité ultime, c’est la façon dont je vois les choses. Je suis une hystérienne, je suis une journaliste, donc je documente. Une hystérienne signifiant venant de l’utérus, donc je documente l’hystérie de ma vie sexuelle ou l’hystérie de la politique qui est des hommes qui n’ont pas assez de sexe et qui préfèrent tuer que voir des gens baiser. C’est ça que je fais. Ouais.

 

Comment expliquez-vous que vous avez ressenti pouvoir faire ça plus que les femmes de votre entourage ?

Bah, c’est leur problème si elles ne le font pas. Dans le passé, on le faisait tout le temps, aux réunions de sorcières et dans les cultes, à hurler la vérité avec des cris stridents. Je ne sais pas d’où m’est venu ce pouvoir. Littéralement, c’est dans mon ADN. Je suis Allemande, Sicilienne et Américaine, je suis une triple fasciste, qu’on le sache ! C’est-à-dire, l’anti-mot, comme l’Antéchrist qui change le vin en eau au lieu de l’eau en vin. Oui. C’est ça qui se passe.

 

Donc, en 1986, …

Haha ! (se met à chanter) « 1986, okay !… »

 

… Marie Shear a dit « Le féminisme est la nation radicale que les femmes sont des gens » – partagez-vous la même définition du féminisme vous-même ?

Je ne partage aucune définition du féminisme, c’est comme le mot « moutarde » pour moi, ça ne veut rien dire. Tout le monde en a eu une version différente. Je suis pour l’élévation de la condition humaine. Je suis pour l’individu. Je me fiche de quel sexe on est, si on pense que je suis 100% femme, regardez mieux ! Je veux dire, je sens que je parle pour tous les putains de tordus, pas juste les femmes. Je sens que je parle pour chaque personne bizarre, et certaines sont des femmes. Il n’y a pas de terme pour ce que je suis. Je pense que les hommes sont tout aussi opprimés parce que les hommes qui ne sont pas d’accord avec la putain de pute de guerre [en référence à Hillary Clinton], le mal ou l’orgie de sang et de destruction, qui sont aussi battus et pris à parti, ils le vivent aussi mal que les femmes. Je pense que le monde est tout aussi dur pour n’importe qui qui est un individu donc je suis plus pour l’individu. Quant aux droits de la Femme, on a tous besoin de putain de droits de l’Humain ! Les droits de l’Humain ! Je dis juste qu’il nous faut corriger le déséquilibre et il y a juste plus de femmes. C’est ça que j’appelle l’auto-émancipation. Le droit de contrôle.

 

À travers les années, la plupart de vos collaborations (du moins celles enregistrées) ont été avec des hommes…

Mais pourquoi pas ? Je suis un homme ! Je suis plus homme que femme ! Et la plupart des hommes avec qui j’ai travaillé sont des garçons doux et sensibles. Comme des tapettes. Thurston Moore, c’est une tapette, Rowland S. Howard, c’est une tapette, [pointe son doigt à Weasel], lui aussi peut être une tapette quand il veut. Juste parce qu’il ressemble à un buffle ne veut pas dire qu’il n’est pas un peu folle de temps en temps.

J’ai travaillé avec beaucoup de mecs mais j’ai aussi travaillé avec beaucoup de camionneuses. J’ai travaillé avec Karen Finley, j’ai travaillé avec des femmes que tu connais pas, je veux dire Adele Bertei, Carla Bozulich, Pat Place, Connie Burg, j’ai travaillé avec des femmes qui ont des manières d’hommes et la plupart des hommes sont très efféminés. Donc, je ne te regarde pas par ce que tu as entre les jambes, juste parce que j’ai de superbes nichons ne veut pas dire que je n’ai pas de grosses couilles, sous ma robe, Mr. « Nouvelle… Nouveau… Musique… » [elle essaie de se rappeler le nom du magazine]

 

Donc, comment choisissez-vous vos collaborateurs ? Est-ce qu’ils…

J’en sais rien ! Non, non, non, non… reviens en arrière.

 

D’accord.

Je suis une conceptualiste. Je ne suis jamais assise là à me dire « Oh ! J’adorerais travailler avec … [bafouillement volontairement inintelligible] ». Parce que si tu me demandes là, maintenant, il n’y a pas une seule personne sur ma liste avec qui j’aimerais travailler. Parce que le concept vient avant tout. Dans l’ensemble, c’est moi qui ai approché la plupart des gens. Weasel s’est porté volontaire pour le job dans Retrovirus parce qu’il savait, comme il aime le dire, que c’était son tour. J’ai un concept, et ensuite c’est à quiconque rentre dans ce moule musical. Je ne décide jamais en premier « je veux travailler avec cette personne et je vais inventer un concept », ce n’est pas la façon dont je fonctionne. Je n’arrive pas à penser à une seule personne sur la planète avec qui je voudrais travailler parce que si le concept n’est pas là… ça n’a aucun sens. Omar Rodríguez López de Mars Volta m’a approchée, voilà une personne qui l’a fait. Enfin, il m’a approchée après que je les aie traqués pendant un moment. Après que je les ai littéralement traqués, ils ne le savaient pas. Pour jouer à All Tomorrow’s Parties et ensuite à enregistrer un disque avec lui. Mais dans l’ensemble, j’ai approché les gens avec qui j’ai travaillé.

 

Y a-t-il des gens avec qui vous regrettez de ne pas avoir collaboré ?

Non ! Pourquoi ?! S’ils ne rentraient pas dans le concept, ils n’y étaient pas ! Non !

 

… ou avec qui vous auriez adoré collaborer ?…

Non !!  Je veux dire… des morts ?! Comme Carl Jung ?… ou comme [Wolfgang] Pauli, le physicien nucléaire ?! Euh… non ! Non !

 

Vous avez vécu en Europe, vous y vivez toujours ?

Je ne vis nulle part. Je suis une nomade. Je suis une réfugiée.

 

Mais ça vous est arrivé à un moment…

J’ai vécu à Barcelone pendant 8 ans. J’y suis 20 jours par an donc j’imagine que j’y vis un centième de l’année…

 

Pensez-vous que vivre en Europe a altéré votre perception envers…

Non.

 

… les hommes et les femmes, ou quoi que ce soit ?…

Non. Non, non, non, non ! Peut-être quand j’ai emménagé à Barcelone. Je veux dire, j’y ai emménagé pour plusieurs raisons. L’une d’entre elles était quand [George W.] Bush a volé la 2ème élection. Et je me suis dit « c’est bon, j’en ai marre ». L’autre était que je voulais aller aux « World Police & Fire Games », des jeux olympiques policiers avec 10000 pompiers et moi défoncée à l’acide, enfin, je veux dire à l’ecstasy. J’étais en train de traquer quelqu’un, j’ai décidé d’emménager à… non ! C’est à ce moment que j’ai commencé à me faire appeler « The liver of America (le foie de l’Amérique) » parce que même si j’étais assez loin de l’Amérique, j’étais toujours obsédée par le désastre qu’elle exporte chaque jour de sa putain d’existence.

Donc, vivre en Europe a facilité les choses alternatives que je fais, ça m’a simplifié le développement du spoken word illustré [« illustrated word »], car évidemment, si je fais des performances de choses basées sur les mots en Europe, je dois développer quelques différents types de performances, certaines avec de la vidéo et de la musique psycho ambient ou d’autres musiciens, parfois avec des traductions sur l’écran, parfois avec les livres traduits, parfois avec un choriste qui chante un quart du texte en français, italien ou espagnol. Donc, ça m’a permis d’aller plus dans l’illustrated word parce que c’est le propos qui est le plus important pour moi. Et je ressens qu’en Europe, même si on ne comprend pas chaque mot que je dis, on en comprend mieux le but. Ils comprennent parce qu’ils comprennent la littérature. Ils comprennent la poésie et bien que je déteste le mot « poésie » et que je ne me considère pas comme une poétesse, ils comprennent mieux le sexe et la mort. Ils comprennent la guerre. Et par conséquent, ils me comprennent.

Et ça n’a pas besoin d’être chaque mot parce que peu importe, mais c’est pourquoi j’adore avoir mes livres traduits. J’ai un livre qui vient juste de sortir en français et anglais de ma poésie [« Dirty White Honeysuckle (Sale Chèvrefeuille Blanc) »], et c’est important pour moi d’être publiée en plusieurs langues et de jouer en Europe et en Amérique du Sud où l’on a une meilleure appréciation de la véritable hystérie, de l’historia [en espagnol – ndlr] et de l’histoire du monde. Et de la littérature. Les gens y lisent juste plus souvent.

 

Donc, quels sont vos plans maintenant, artistiquement parlant ?

Eh bien, là, on fait « Brutal Measures », on vient juste de sortir un CD. Retrovirus vient en Europe en décembre, mais principalement en Angleterre et en Allemagne. Je ne sais pas s’il y a des spectacles de prévus en France. On va faire un show à New York avec Weasel Walter, moi et Tim Dahl qui est dans Retrovirus avec nous, Child Abuse et plusieurs autres groupes. On va faire un show avec Umar Bin Hassan qui est l’un des derniers restants des Last Poets, qui, tu sais, est de la poésie Noire du début des années 70. Donc, ça c’est un projet qu’on a en cours.

Et oui, j’essaie de vendre mes archives. J’ai compilé toutes mes archives parce qu’il possèdent tout [les maisons de disques – ndlr], et voilà donc quelques-uns des projets sur lesquels je travaille en ce moment.

J’ai aussi un album terminé avec Cypress Grove qui sortira l’année prochaine.

 

Un nouveau !

Un nouveau… comme d’habitude… du même genre que je fais d’habitude…

 

Donc, l’un dans l’autre, diriez-vous que la Lydia Lunch au quotidien est aussi nihiliste et hardcore…

Pourquoi tu ne demandes pas ça à Weasel ?!

… que ce qu’elle montre ou pensez-vous qu’au fond c’est une gentille au cœur tendre ?

(Lydia) Pfft ! Ouais, je suis une putain de gentille au cœur tendre ! En fait, je suis gentille à l’extérieur…

(Weasel) Enfin, tu es en train de lire un livre sur l’esprit masculin…

(Lydia) Le cerveau masculin, pas son esprit…

 

Les mecs, on n’a pas d’esprit…

(Lydia) Tiens, voilà…

(Weasel) … et il y a un chapitre sur le cerveau masculin mature qui est peut-être un cerveau féminin mature qui ne serait pas aussi perturbé qu’à son état adolescent. Tu penses que c’est possible ? Tu penses que c’est physiologique ?

(Lydia) J’essaie de décider ou se situe mon cerveau entre le masculin et le féminin, tu vois. Mais non, ce n’est pas la question !

(Weasel) Je veux dire que tu ne sembles pas avoir autant de manie que ce que tu as eu…

(Lydia) Oh, tu crois ça ?

(Weasel) Je suis assez certain que ce n’est pas le cas.

(Lydia, dès lors beaucoup plus calme et intimiste mais aussi plus sombre) Je suis une vraie gentille. Le truc, c’est que, je ne pourrais pas travailler avec le nombre de gens avec qui je travaille si je n’étais pas d’une nature très nourricière. Je suis la pom-pom girl du putain d’underground. Je suis très inapte. Je suis pleine de sympathie et d’empathie pour les gens, mais je suis tout autant sarcastique et très haineuse. Ma haine est grande. Elle n’est pas petite. Ma haine n’est jamais petite. Je n’ai pas le temps de m’emmerder avec des petits trucs. Ma haine est à un niveau global.

 

Ce n’est pas quelque chose qui s’est dissipé avec les années ?

(Lydia) Non, je l’ai sophistiquée. De sorte à ne pas blesser les gens à chaque fois que j’ouvre ma grande gueule. Je veux dire… la version « plus douce et plus gentille »… [plisse les yeux et me regarde fixement en tirant une bouffée de sa cigarette] mais bien sûr…

(Weasel, hésitant) Mais tu ne voudrais quand même tomber sur elle dans une ruelle sombre au milieu de la nuit.

(Lydia) Bah… ouais, tu as probablement raison.

(Weasel) Je veux dire, la violence spontanée est toujours présente…

(Lydia) J’ai une personnalité très violente mais pas dans le sens de jeter une assiette contre le putain de mur. Je ne commets pas d’actes de violence stupides au hasard. J’ai une psychologie violente. J’ai une position violente sur le monde parce qu’il est violent et que je suis Américaine, enfin, je suis anti-Américaine, donc j’ai une violente anti-position sur l’Amérique que je voudrais détruire.

 

Ça devient compliqué…

Ouais, bah, c’est toi qui as demandé, pas moi.

 

Je sais…

(Lydia, encore plus calme et sombre) Ma violence n’est pas un rêve. Je dois dépenser beaucoup d’énergie physique. J’aime boxer. Et je n’ai pas boxé régulièrement depuis longtemps et ça me frustre un peu, alors… je dois exercer des sports physiques extrêmes… la plupart d’entre eux à la nuit tombée… (elle sourit)… de sorte à brûler cette énergie en trop, et je dors très peu et j’ai beaucoup d’énergie mais mais j’opère de façon habile… et nucléaire… Donc ouais… j’imagine que je suis différente… Une voix en moi l’est. Elle parle si bas que seuls les chiens l’entendent.

(Weasel) Les chiens entendent les fréquences aigües.

(Lydia) Ils entendent aussi des saloperies que tu n’entends pas.

 

Christopher Mathieu

Propos recueillis le 5 Octobre 2016 au Volume, Nice (06).

www.lydialunch-official.com/

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