Nouvelle Vague

LOU REED : Transformer

album-de-legende-lou-reed-transformer(RCA Records)

Sorti en décembre 1973

« Transformer », deuxième album de l’auteur-compositeur-interprète américain Lou Reed (2 mars 1942, Brooklyn, New-York – 27 octobre 2013, Southampton, Long Island, New-York), est celui qui permettra à ce dernier de relancer définitivement sa carrière. Suite à sa séparation avec le groupe The Velvet Underground en 1970 – le quatuor ne connaîtra pas de succès commercial lors de son existence dans les années 1960, mais s’avèrera précurseur pour de nombreuses formations underground new-yorkaises – Lou Reed, rendu amer par cet échec, se réfugie chez son père. De là, il continue à écrire des chansons et, à la demande du producteur Richard Robinson, enregistre en 1972, un premier album solo éponyme à Londres. Le disque est un échec : il ne retient l’attention ni des critiques, ni du public. Hormis quelques fans, parmi lesquels un certain David Bowie.
Ce dernier, que Lou Reed a bien connu à la Factory d’Andy Warhol avec le Velvet Underground, lui propose de produire son prochain album avec son label RCA. Il ouvre à Lou Reed le chemin de la rédemption. Ce deuxième album, toujours produit à Londres, paraît dans la foulée du premier et fait un carton. Dans la même veine que les années précédentes, « le prince de la nuit et des angoisses » (comme que le surnommera Warhol) souffle en chanté-parlé et sur des textes noirs le réalisme cru du New-York des années 60. La chanson « Walk On The Wild Side », racontant l’itinéraire de personnages new-yorkais, travestis, prostitués connus à l’époque de la Factory, devient un tube aux Etats-Unis et en Europe. On y retrouve également des morceaux tels que « Satellite Of Love » et « Perfect Day », que l’on retrouvera par la suite, avec « Walk On The Wild Side », dans plus d’une dizaine de films. Fort de ce succès, Lou Reed sort un troisième album, « Berlin », en 1973 : à cet instant là, il atteint le sommet de son art, et devient, pour un temps au moins, l’ange noir du rock’n’roll.

Adrien Lévêque

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