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Lo Pailhès est un compositeur et interprète français, d’origine ardéchoise, qui livre des textes s’apparentant à des contes. Avec des textes en français et anglais, et une musique se rapprochant du rock, Lo Pailhès séduit depuis plusieurs décennies son public, avec une formule musicale toujours plus éloignée des conventions. Rencontre avec ce musicien hors normes.

Toi Lo, c’est guitare basse batterie, ton univers. Tu ne mets pas des machines pour produire des sons ?

L’essentiel de mon son, c’est guitare basse batterie. Après, les sons électroniques, ça peut être intéressant : des klaxons, des sirènes, du vent, un frottement… Il faut savamment doser le mélange entre l’audio provenant de vrais instruments et les rajouts de sons autres pour que cela soit intéressant. Mais ce qui produit la profondeur du son, c’est le touché et l’apport du batteur Jules Pelletier et du bassiste Vincent Ouriet.

Mais toi, tu ne te sers pas de sons électroniques pour tes enregistrements ?

Si, je rajoute des sons, comme par exemple sur le titre Le train. L’idée consiste à empiler plusieurs nappes de sons, puis d’enlever lors du mix tout ce qui est superflu.

Donc toi aussi, à la manière de Franklin de Curl, tu peux passer des heures en studio à peaufiner les moindres détails d’un enregistrement de Lo Pailhès ?

Je passe beaucoup de temps à l’écriture des textes et des musiques, davantage que pour les arrangements. En général, je peux me contenter d’un son brut. Le plus consommateur de temps, c’est donc la préparation de ce que je veux enregistrer. Lorsque je rentre en studio, presque tous les sons sont définis. Mais je garde aussi une place pour l’imprévu qui peut s’inviter juste avant le bouclage de l’enregistrement.

Quand tu es en studio, puisque tu es méticuleux, comment décides-tu qu’un morceau est fini ?

Tout d’abord, il y a une date limite défini par la contrainte économique de la chose. Ensuite, une fois tous les enregistrements faits, j’aime bien écouter les prémix et m’accorder quelques jours et si, au bout de quelques jours, l’écoute n’appelle pas de changements, alors, le morceau est fini.

Merci Laurent, tu pourrais faire un billet là-dessus sur ton blog qu’on lit régulièrement…

Gil : A l’OQG, on a les prémix de ses nouvelles chansons qu’on a déjà passées à l’antenne. C’est déjà bien abouti. Moi, j’ai trouvé tout cela excellent quoi ! Le train, Nos Afriques… J’espère que l’album tout entier sera comme cela.

Oui, tout cela est d’ores et déjà en rotation sur notre webradio www.loreillequigratte.com. On va t’écouter avec un premier morceau : Le train. C’est un prémix ?

Oui, c’est un prémix issu de mon nouvel album « Echos » dont la sortie est prévue en janvier 2019. Cette chanson est issue d’une sensation dans un train à grande vitesse. J’ai imaginé que, tel un physicien quantique que je ne suis pas, la vitesse raccourcirait l’effet du temps. J’ai décrit les détails qui montrent l’usage du temps même quand tout va très vite. Mais le temps s’arrête quand une émotion nous submerge, comme celle de la séparation sur un quai de gare.

On connaît beaucoup d’auteurs qui aiment parler des trains. Et toi, pourquoi ?

Déjà, il y a des cheminements très beaux visuellement dans les courbes d’une voie ferrée. Et puis, le train, c’est le moyen de transport terrestre témoin de la vie : des rencontres, des histoires se nouent, d’autres se dénouent. Car Le train, c’est aussi l’histoire d’une séparation : « moi je n’ai plus rien aujourd’hui que tu t’en vas ».

 

Sur scène, ça se passe comment ? T’es tout seul ?

Oui, je joue de la guitare et chante sur des samples créés à partir des enregistrements en studio, ce qui amène des intermèdes, des atmosphères différentes tout au long du concert.

On vient d’écouter un de tes nouveaux morceaux, qui s’appelle Grisaille. Peux-tu nous en préciser le thème ?

Grisaille, c’est l’histoire de quelqu’un, au volant de sa voiture la nuit, sur une route de campagne, qui s’enfuit pour retrouver un peu de chaleur et de perspectives. C’est un road movie au travers d’une forêt et les phares de la voiture balaient le paysage endormi.

Il fait bon vivre à Marseille quand on est un artiste ? C’est une ville qui inspire ?

… (hésitations) En fait, je ne sais pas si la ville m’inspire. Ce sont des situations, les gens qui m’inspirent plutôt que les lieux. Pour moi, l’inspiration naît davantage d’un départ que de l’attachement à une résidence. L’inspiration, c’est ce que tu ressens, ce que tu as besoin de dire, peu importe là où tu te trouves au moment précis où ça t’arrive.

Et toi, tu es Marseillais de toujours ?

Non, je suis à Marseille depuis quelques années maintenant après vécu sous d’autres horizons, en France et à l’étranger. J’ai notamment eu un groupe de rock à Paris pendant plusieurs années.

Ce que tu fais aujourd’hui, de la chanson française, tu le fais parce que tu as mûri, parce que tu es seul, parce que tu vis à Marseille… ?

J’aime penser que je fais du rock. Je suis influencé par le rock de Lou Reed. j’ai du plaisir à entendre une guitare avec un gros son, un ampli à lampe qui larsen. D’ailleurs, en face d’un gros son, il faut un texte à la hauteur. La chanson française, ça veut tout et rien dire. C’est le style qui importe.

Tu nous fais découvrir ton nouvel album. Il a déjà un nom ? Un thème, un côté conceptuel ou tous les morceaux sont indépendants ?

Mon prochain album s’appellera Echos. Je reviendrai vous le présenter… Il doit bien y avoir un thème mais je m’en apercevrai une fois qu’il sera sorti ! Les morceaux de l’album peuvent être très différents les uns des autres. Le trait d’union, c’est le son et comme il est produit par des musiciens qui jouent tous à leur manière sur les mêmes instruments, c’est assez facile de trouver une cohérence.

Un grand merci Lo, n’hésite pas à revenir quand le cœur t’en dit.

Simon de L’Oreille qui Gratte – Agora fm

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