Nouvelle Vague

LENNY KRAVITZ

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Décoré de quatre Grammys, Lenny Kravitz a transcendé les genres, styles, origines et classes sociales dans une carrière de plus de vingt ans au cours de laquelle il a puisé son inspiration de la soul, rock et funk des années 60 et 70. Ses talents en tant que compositeur, producteur et instrumentiste résonnent sur une dizaine d’albums, formant ainsi un catalogue indémodable. Quatre années après la sortie de son dernier album, Lenny Kravitz s’apprête à revenir sur le devant de la scène. Ce retour du chanteur américain sera marqué par la sortie d’un nouvel album baptisé « Raise Vibration » et une tournée européenne pour l’été 2018.

Un artiste né

Après une enfance bercée par la musique, des Jackson 5 à James Brown, Lenny Kravitz, alias Leonard Albert Kravitz, débute très tôt dans une chorale réputée de Los Angeles. Passionné de musique, il prend aussi des cours de guitare, de basse et de piano. C’est en 1989 que le chanteur débute sa carrière avec son premier opus studio, « Let Love Rule ». Le succès de cet album entre rock et soul est immédiat, lui permettant de travailler avec l’icône de l’époque, Madonna, sur le titre « Justif My Love » en 1990. En 1991, il sort « Mama Said », qui contient les morceaux « Stand By My Woman » ou « It Ain’t Over ’Til it’s Over ». En 1992, Lenny Kravitz écrit et compose l’intégralité du troisième album studio de Vanessa Paradis. En effet, les deux stars ont entamé une relation amoureuse qui les amènera à collaborer ensemble. En seront extraits des titres comme « Be my Baby », « Natural High » ou « Sunday Mondays ». En 1998, Lenny Kravitz revient sur le devant de la scène avec son album « 5 ». Pour ce nouvel opus, il entame un virage plus électro, en travaillant avec l’ingénieur du son Terry Manning. C’est un véritable carton, le disque contient des titres comme « Fly Away », qui lui offrira son tout premier Grammy Award, pour la « meilleure performance vocale rock masculine » en 1999.

Une production moderne

A l’image de Prince, Lenny a un contrôle total sur sa musique. Les crédits des pochettes de ses albums « Produced, arranged, written and performed by Lenny Kravitz » ne laissent aucun doute à ce sujet. Sa production est résolument moderne et on peut dire qu’il a toujours eu quelques longueurs d’avance sur son époque. Son principal talent à ce niveau est d’anticiper le son des années suivantes. Ainsi, en 1998, un titre comme « I Belong To You » préfigure une bonne partie de la production R’N’B que l’on entendra à partir des années 2000. De la même façon, dans son album « Baptism », les titres « Sistamamalover » et « Storm », avec le rappeur Jay-Z mixent rock et hip hop. En règle générale, la production des albums de Lenny repose sur les principes suivants: notre homme n’ayant pas peur d’utiliser des outils avant-gardistes pour l’époque, le son de la rythmique est très moderne, A l’opposé, le son des guitares est vintage, bien que l’ajout de certains effets apportent un caractère parfois inédit à la réalisation finale. La voix est également produite selon ses règles. Les guitares fuzz sont très hendrixiennes et la voix est traitée façon hard funk des seventies. La batterie est métallique, à l’image des productions rock des années qui vont suivre, avec un son de cymbale particulièrement travaillé. Efficace, vintage, mais moderne avant tout. Enfin Lenny Kravitz est un redoutable performer au plan vocal, un grand chanteur de soul dont la voix est particulièrement expressive et s’inspire parfois du grand Al Green.

Un chanteur engagé

En 2001, Lenny Kravitz sort un sixième album studio. Encore une fois, il cherche la facilité en ce qui concerne le titre, son sixième opus, avec « sa tronche lunettée en couverture », s’appelle tout sobrement « Lenny ». En 50 minutes tout rond, pas une seconde de plus ou de moins, et pour 12 titres « Lenny » offre quelques chansons remarquables. Avec même un des plus gros tubes de la carrière du show man , « Stillness Of Heart ». Un riff ultra efficace en intro, un chant parfait et un refrain admirable. Par la suite, Lenny Kravitz n’aura de cesse de revenir à ses origines comme avec son neuvième album, « Black And White America », sorti en 2011, sous sa pochette représentant Lenny enfant, avec le symbole de la paix sur le front, le mot peace sur la joue et love sur le poignet. Album le plus long de sa carrière, ce disque est un mélange entre musique funk/noire et musique rock/blanche. Le chanteur rappelle les décennies 60/70, une époque où la controverse et le militantisme des afro-américains bouleversaient le Nouveau Continent. Épique, cet opus retrace une page de l’histoire mais se veut moderne et ancré dans son époque. Une œuvre composite et toujours composée avec classe, toujours empreint d’amour, des femmes, celui dont la différence de couleur de peau lui vaut d’être pointé du doigt. Une Amérique d’hier et d’aujourd’hui, voulue interraciale mais encore marquée par le communautarisme et le refus de l’acceptation de l’étranger malgré l’élection d’un président noir, Barack Obama, en 2009. Une page de l’histoire des États-Unis dont on se souvient encore avec notamment les manifestations d’afro-américains militant pour l’égalité des droits. C’est ce passé assimilé à Martin Luther King que Lenny Kravitz a souhaité remémorer à l’oreille de l’Amérique.

Le come-back fracassant

Retour au classique sans fioritures ni sons électro, malgré près de 40 millions d’albums vendus en vingt-cinq ans de carrière, Kravitz veut continuer à « grandir en tant que musicien, devenir meilleur sur scène et toujours se surpasser au-delà des questions de hit-parades ou d’argent ». A cinquante ans, Lenny affiche une silhouette de jeune homme sur la pochette du disque et dans son clip très hot, « The Chamber » de son tout nouvel album « Strut ». Multi-instrumentiste, il joue, comme d’habitude, lui-même la plupart des instruments sur un disque confié aux bons soins de l’ingénieur du son Bob Clearmountain. « Cet album est venu comme ça ! Je ne dirais pas que c’est facile, mais cela a coulé naturellement, tout est juste venu comme ça dans ma tête sans que j’aie à y penser » ajoute celui qui a écrit l’opus pendant le tournage de « Hunger Games l’embrasement ». Un film où il tient le rôle, comme dans le premier volet de la série, de Cinna, le styliste de l’héroïne incarnée par Jennifer Lawrence. Dans « Strut » Lenny Kravitz revient aux fondamentaux en s’intéressant à toutes les dynamiques de l’amour. On passe, dit-il, « du désir au sexe, de la rupture au désespoir en passant par la dévotion ou l’amour incompris ». Cet amour, c’est aussi celui du New-Yorkais pour sa ville, célébrée à travers l’efficace « New York City » décrite comme « la plus grande » de toutes les villes, qui « a vécu et est morte tant de fois ». Cela n’empêche pas l’artiste de passer aussi du temps aux Bahamas et dans la capitale française où il est propriétaire depuis maintenant neuf ans. Lenny Kravitz voulait un album rock n’ roll à son image, comme l’a été toute sa carrière musicale.

Kristina Krasniqi

Le 08/07/18 aux Arènes de Nîmes (30) et le 12/07/18 au Pinède Gould – Juan Les Pins (06).

www.lennykravitz.com

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