Nouvelle Vague

LAURENT DE WILDE

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Jazzman, mais aussi écrivain, Laurent de Wilde ne cesse de jongler avec ses deux passions. Auteur d’une biographie à succès consacrée à Telonious Monk, il repart sur un nouveau projet d’écriture consacré cette fois aux « inventeurs de claviers », entendons par là les plus grands instrumentistes. Si ses pas le conduiront dans les prochains mois en Californie, que les amateurs de jazz se rassurent, il continuera ses concerts à travers la France.

 

L’écriture et la musique sont deux activités qui ne s’inscrivent pas dans un même tempo de ce fait il assez rare de rencontrer un musicien écrivain.

Ce sont des compléments nécessaires, bien que deux actes contraires voire différents. En effet, écrire exige un certain recul, une analyse. Avec la musique, c’est différent, nous sommes dans l’immédiat, dans l’instantané.

Qu’est-ce qui vous attire autant dans la musique de Thelonious Monk, au point de lui avoir consacré un ouvrage ?

Du moment où j’ai commencé et terminé la biographie de Monk, 6 ans se sont écoulés. Mais une fois achevé le récit de sa vie, je me suis rendu compte de l’éternelle modernité de sa musique et surtout de l’influence considérable sur les musiciens d’aujourd’hui, car son répertoire est une inspiration continuelle. Et puis comme disent les New-yorkais, quand on interprète sa musique, on est « out of the box », obligés de se questionner sans cesse pour sortir l’âme de cette musique. Quand j’écrivais sa bio, au même moment je passais à la loupe ses partitions pour en découvrir toutes les subtilités. Je compare souvent l’œuvre de Monk à une montagne que l’on peut attaquer par toutes les faces, quant à se l’approprier et en faire quelque chose… c’est autre chose.

Pensez-vous que l’œuvre de Monk soit toujours autant appréciée du public ?

Si j’en juge d’après les ventes de mon livre, entre 45 000 et 50 000, je vous réponds qu’il l’est. Mais les jeunes musiciens à New-York le prennent toujours pour référence ! Donc Monk n’a pas pris une ride.

Dans « Over The Clouds », votre dernier album vous faites la part belle à diverses influences et notamment africaine, il s’en dégage une grande sérénité.

« Over The Clouds » est une ballade intimiste et mélodieuse, une paix intérieure « Le Bon médicament ». Je rends hommage à Ellington sur le magnifique « Prelude To a Kiss », puis au maître de l’afro-beat Fela Kuti sur la reprise du thème de « Fe fe naa efe ». J’ai travaillé avec des musiciens avec lesquels je suis en parfaite harmonie. Le contrebassiste Jérôme Regard et le batteur Laurent Robin qui doublent avec talent et complicité la basse profonde de Coleman et la percussion subtile de Penn. C’est exact l’Afrique et ses influences planent par-delà les rythmes et les mélodies de ces neuf pièces.

Avec « Over The Clouds » vous revenez à une formule plus acoustique, avez-vous définitivement tourné le dos à vos années électro ?

On pense souvent que les artistes ont une approche très idéologique de leur art. On a parfois critiqué mon virage électro et aux tout début, même, mon label n’était pas ouvert à ce nouveau virage musical. La plupart des musiciens que je respecte beaucoup par ailleurs, font des choses très pragmatiques. Prenez l’exemple d’Herbie Hancok, il avait fondé un groupe ,que par ailleurs j’adorais, et puis un jour il l’a dissout, car il a estimé qu’il ne marchait pas suffisamment, et puis il a changé de braquet car il « fallait faire danser le public ». Même chose pour Chick Correa à qui son manager demandait « d’être plus commercial ».

Quelle sera la couleur sonore de votre prochain album ?

Il n’y a pas d’album pour l’instant en perspective, par contre, je vais en Californie, car j’ai pour projet d’écrire un ouvrage sur les inventeurs de claviers. Parallèlement je poursuis mes tournées.

 

Léa Raso

Le 29/11 à la salle Grappelli – Nice (06) le 20/12 au Muceum – Marseille (13) et le 04/04 au Centre René Char – Digne les Bains (04).

www.laurentdewilde.com

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