Nouvelle Vague

JULIETTE KATZ

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À 23 ans, Juliette Katz n’a pas froid aux yeux. Elle écrit, chante et compose avec la légèreté et la passion des gens de son âge. Sans pour autant brûler les étapes, elle a su garder le cap sur ses rêves. Son principal atout : une voix éraillée mais non moins sensuelle qui n’a rien à envier aux divas de la soul. Après un premier single sorti en 2011 et un premier album « Tout Va de Travers » sorti en mars 2012, nous avons rencontré cette étoile montante.

 

Quelles sont les premières émotions qui ont suscité chez toi cette passion pour la musique?

Mes premières émotions remontent à l’un des Sol En Si de mon père : « Le Jardin du Bonheur ». Il comportait un chœur d’enfants dans lequel j’ai pu chanter, je devais avoir entre 5 et 7 ans. C’était une expérience musicale intense, je crois que c’est depuis ce jour que j’ai voulu faire de la musique.

 

Te souviens-tu des premiers artistes qui t’ont marqué ?

Mon père était un grand admirateur de James Brown et de musique soul américaine, mais je crois que ceux qui me sont vraiment restés sont Brel et Brassens. Ils ont été les vrais piliers de mon enfance, tout comme Henri Dès. Surtout Brassens, je connaissais toutes ses chansons par cœur. Je pense qu’inconsciemment il a été un déclencheur.

 

Tu as longtemps vécu en Inde, cela aurait-il eu une influence sur ta musique ?

En fait nous avons une maison en Inde et je vais là-bas tous les ans depuis mes trois ans. J’ai donc un rapport assez particulier avec ce pays même s’il ne m’a pas inspiré musicalement. Par contre il m’a beaucoup apporté humainement parlant. Là où je vais, dans le sud près de Pondichéry, les gens sont très pauvres mais ils ont malgré tout une joie de vivre débordante. J’essaie de prendre du recul sur beaucoup de choses et ça m’apporte une certaine sérénité. Dans ces pays, ils n’ont pas le même rapport à la consommation. Ils se rendent compte de ce qu’ils ont et savent s’en contenter contrairement à nous qui, si nous ne gagnons pas 1500€ par mois ou si nous n’avons pas d’iPhone, sommes perdus. Même moi je suis comme ça. C’est grâce à ce recul-là que j’ai vraiment appris quelque chose.

 

Au début de ta carrière tu aurais reçu un petit coup de pouce d’Alain Souchon ?

Ce n’est pas tout à fait ça. À l’origine j’écrivais des chansons dans ma chambre puis j’ai envoyé le peu de textes que j’avais à tous mes contacts ainsi que mon père qui connaissait Alain. Il a eu un vrai coup de cœur et m’a appelé pour me proposer de rencontrer le patron de son label. On ne peut pas dire que ça m’a aidé puisque ça n’est jamais allé plus loin mais dans tous les cas ça reste un très beau geste de sa part.

 

Tu as aussi une expérience dans le mannequinat, tu le vois plutôt comme un simple passage, un vrai métier ?

Et bien à vrai dire ça s’est présenté tout seul. J’ai fait mes premières photos avec mon frère, j’avais 19 ans, en amateur. Puis j’en ai fait de plus en plus. Au début c’était un moyen pour moi de gagner ma vie mais surtout d’apprendre à m’accepter puisque j’ai toujours été un peu ronde. Ça m’a permis de m’aimer dans une certaine mesure et de me trouver assez jolie. Et puis c’est assez rigolo puisqu’on rentre dans un rapport de comédienne, on joue un rôle devant l’objectif. Ce qui serait intéressant c’est de combiner les deux : la chanson et la photo, ce serait un bon combo.

 

Tu es donc auteur/compositeur/interprète mais certaines de tes chansons ont été écrites ou co-écrites par d’autres. Dans ces cas-là les orientes-tu vers des thématiques ? Comment cela se passe exactement ?

Alors j’écris très peu de textes, mais je compose beaucoup. Il y a des chansons dont je ne suis qu’interprète, où je n’ai même rien fait au niveau de l’écriture et de la composition. Après il y a des chansons qui ont été faites pour moi et sur lesquelles j’ai flashé. Ensuite il y a les chansons co-écrites où nous sommes deux, nous choisissons des sujets et nous discutons comme vous et moi maintenant. Parfois quand je sèche, je demande s’ils n’ont pas des idées à proposer comme généralement ils me connaissent. Ça se fait comme ça, petit à petit. J’ai beaucoup d’idées mais j’ai un peu plus de mal à les coucher à l’écrit. Par rapport à la musique, il y en a que j’ai d’abord composée et d’autres où nous avons d’abord écrit les textes puis j’ai mis la musique par-dessus.

Ton premier album studio est sorti en mars 2012. Avec le recul quelle appréciation portes-tu sur cette création ?

C’est un premier bébé qui se lance dans le vide. C’est quand même un peu flippant de se dire qu’on ne contrôle plus tout cela. Il m’est arrivé de très belles choses pour un « artiste en développement » comme moi. J’ai fait des trucs incroyables à mon petit niveau : la première partie de James Morrison, Michel Jonasz, Florent Pagny, etc. Et l’on veut toujours plus, c’est clair. Pour moi c’est d’abord la scène et après l’album.

 

Donc avant cet album, tu avais quand même une certaine expérience de la scène ?

Oui, j’ai fait quelques dates à Paris et j’ai aussi fait une tournée en Inde et en Russie, complètement à l’arrache, vraiment. À cette époque c’était d’autres chansons que j’avais écrites moi-même, j’avais 17 ans.

 

Et maintenant, tu as des dates de prévues dans le cadre de cet album ? D’autres Projets ?

J’ai une date de prévue en mars. Sinon depuis octobre / novembre je compose avec des amis et je pense que nous allons rentrer en studio d’ici un mois, enregistrer quelques chansons et les présenter à mon label pour le prochain album.

Penses-tu que ton prochain album sortira dans la foulée ?

J’ai signé pour trois albums donc je pense que le prochain sortira début 2014. Le temps de faire toutes mes chansons, d’enregistrer en studio, faire les pochettes d’albums, la promo, tout ça prend énormément de temps donc le faire à la rentrée me semble un peu prématuré. Je pense que nous allons prendre notre temps mais je n’ai pas envie non plus que l’on m’oublie, déjà qu’on ne me connaît pas beaucoup. Bien sûr j’ai quelques fans, nous avons vendu près de 12 000 albums, c’est très bien seulement il y a beaucoup d’artistes de nos jours ce qui rend la chose plus compliquée.

Antoine Gaudin

www.juliettekatz.com

 

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