Nouvelle Vague

JONAS BLUE

#NVmagZoom

Se décrivant lui-même comme issu de la « révolution du streaming », Jonas Blue est un britannique de 28 ans dont les vidéos dépassent parfois plus de 400 millions de vues sur YouTube, comptabilisant à ce jour plus de 1,3 milliards de vues en l’espace d’à peine 3 ans. Oui, vous avez bien lu. Rencontre avec un passionné précoce qui s’adapte avec lucidité, quitte à rendre obsolètes les habitudes de l’industrie.

Quand est-ce que tu as commencé la musique ?

À 7 ou 8 ans, j’étais déjà musicien, mais j’ai commencé la composition et le DJing à 11 ans, vers 2000. J’étais un peu geek, obsédé par les assemblages électroniques à cette époque, c’est pourquoi j’ai une connaissance approfondie de la synthèse et la programmation de synthés, tout ça. Je m’y suis mis très tôt avec tous types de séquenceurs. C’était comme un magasin de bonbons pour moi, je voulais tout découvrir.

Quand est-ce qu’est sorti ton premier single ?

À 16 ans. C’était un morceau que j’ai fait sous mon vrai nom, Guy Robin, et j’en ai accordé la license à un label indépendant londonien. Ça a été le premier tournant de ma carrière car j’ai obtenu une petite avance et c’est là que j’ai su que j’étais sur la bonne voie pour gagner de l’argent à travers la musique afin de me payer plus de matériel.

Tu as un nombre vraiment impressionnant de vues sur YouTube. Comment c’est arrivé ?

C’est arrivé assez instantanément quand j’ai sorti « Fast Car » [reprise du classique de Tracy Chapman]. C’est devenu un tube planétaire, ce qu’aucun d’entre nous n’aurait pu prévoir. Ça a décollé au moment de la révolution du streaming. Ça s’est passé naturellement et mon label a été très bon à le marketer, et je me suis mis à être vraiment DJ à ce moment-là donc ça m’a permis de le promouvoir en jouant dans de nombreux pays. Ça a vraiment commencé à partir de là, puis mon second single, « Perfect Strangers », a fait encore plus ! Ça n’a pas arrêté d’augmenter. Puis ça devient très difficile de rester au même niveau. C’est déjà du bol de faire un tube, et j’en ai maintenant réalisé plusieurs, je n’ai aucune idée comment.

Tu as eu un retour de Tracy Chapman ?

Non. Je pense qu’elle doit être toujours en vacances.

 

Est-ce que tout cela a changé les choses pour toi dans l’industrie de manière significative ?

À l’époque de « Fast Car », le deal que j’avais obtenu était « single avec option ». Et l’option a été ce second single, « Perfect Strangers », qui a eu lieu grâce au succès du premier. À ce moment-là, j’ai été dans une très bonne position où beaucoup de portes se sont ouvertes alors que, du coup, j’étais sorti de contrat et je pouvais donc continuer avec n’importe qui ! Mais on n’est pas rentrés dans la surenchère car on a réalisé qu’on avait de nouer de super relations avec notre label, on était devenus bons amis et on souhaitait continuer avec eux. Donc, malgré les nouvelles portes ouvertes, on a choisi de rester avec notre label. On est toujours avec eux à ce jour et ils font un super boulot. Quant aux portes ouvertes sur les fans, ça m’a permis de voyager partout dans le monde, être un DJ qui marche, rencontrer des fans, de nouvelles cultures, et tout cela nourrit ma nouvelle musique. Donc oui, ça a ouvert de nombreuses portes de nombreuses manières et ça a changé ma vie très positivement.

Tu as l’intention de sortir un album ?

Il sera prêt d’ici la fin de l’année. Pour être franc, ce n’est pas quelque chose en lequel je crois vraiment car je suis issu de la révolution du streaming qui n’a pas grand-chose à voir avec les albums, je suis vraiment dans le marché du single, mais il vient un moment où les gens s’attendent à plus de ta part. Ils veulent une histoire dans un package, et maintenant, c’est le bon moment pour ça. Je comprends ce que suis en tant qu’artiste, les gens le comprennent aussi, il est donc temps de sortir l’album à la fin de l’année.

Tu as l’intention de le sortir en vinyle ?

Je ne pense pas qu’il le sera. Peut-être en édition limitée.

 

Depuis que tu as démarré, ta musique a évolué. Vers où va t-elle aller maintenant ?

J’essaie de ne pas trop prévoir. Je sais qu’il y a des gens qui font constamment des sessions, j’en ai fait moi-même des tonnes avant de devenir Jonas Blue mais dans le monde dans lequel je suis maintenant, j’aime ne pas avoir à écrire tout le temps. J’aime rassembler des idées dans ma tête, les noter dans mon téléphone, et quand il est temps de faire le single suivant, j’y vais avec plein d’idées fraîches, motivé d’aboutir à quelque chose. Mais je ne prévois pas trop, je vais avec le mouvement.

« Fast Car » est la seule reprise que tu aies sorti. Tu as l’intention d’en sortir d’autres ou plutôt de te focaliser sur tes compos ?

Évidemment, plutôt sur mes compos, car c’est qui je suis. « Fast Car » était un coup comme ça. Je n’ai jamais cru que ce serait mon premier single. C’était juste quelque chose que j’ai fait pour le fun. Je composais déjà avant ça. Donc le fait qu’il marche et que j’aie pu le suivre avec mes propres compos, c’était super.

Quels autres plans as-tu à part tout ça ?

Je démarre ma résidence comme DJ à Ibiza, et c’est quelque chose sur lequel je travaille depuis très longtemps. Quand j’avais 11 ans, je regardais des programmes sur Ibiza, j’étudiais mes DJ préférés, Carl Cox, David Guetta, tous ces gens. et maintenant, d’avoir ma résidence à Ibiza, c’est monumental pour moi. C’est un grand moment dans ma carrière parce que c’est très dur d’obtenir ça. Donc il y a eu beaucoup de planning pour ça. L’album est aussi un point de focalise cette année. Je l’ai à 70-80% terminé. J’ai d’autres trucs dont je ne peux pas encore parler. J’enregistre la vidéo pour mon nouveau single « Rise » et j’ai un grand DJ set au stade de Wembley à Londres donc oui, plein de choses !

Christopher Mathieu

www.jonasblue.com

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