Nouvelle Vague

JETHRO TULL

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Jethro Tull fait partie de ces groupes légendaires qui ont marqués l’histoire du rock avec des albums tels que « Aqualung » ou «Thick As A Brick ». Le groupe ou plutôt Ian Anderson revient avec un album de musique classique. Il nous livre quelques explications sur sa démarche et sa conception du groupe et de la célébrité.

 

 

Vous venez de sortir un nouvel album de Jethro Tull “The Strings Quartets” qui est de la musique classique. Comment est née cette idée de faire cet album ?

Il y a un an j’ai décidé de me lancer dans un nouveau projet autour de chansons de Jethro Tull arrangées pour quatuor à corde. Mais la première expérience avec un quatuor à corde était en novembre 1968 c’était pour des chansons de Noël. Je me suis concentré sur les éléments essentiels : l’harmonie et la mélodie.

 

Adapter les classiques de Jethro Tull en musique classique a été difficile ou naturel ?

Parfois c’était facile et parfois ça l’est moins. J’ai travaillé avec le pianiste John O’Hara avec qui j’ai travaillé quelques fois, qui a proposé des arrangements et cela a permis de se lancer dans l’enregistrement avec confiance.

 

Comment s’est passée la coopération entre le Carducci Quartets et John O’Hara ?

C’était très facile car ce sont des musiciens professionnels et le Carducci Quartet était bien préparé, nous avons pris du temps sur ce projet. Nous avons joué avec passion, enthousiasme et vigueur.

 

Il y a deux ans vous avez sorti un très bon album solo « Homo Erraticus ». Dans le futur allez-vous continuer avec le nom de Jethro Tull ou avec Ian Anderson ?

Jethro Tull c’est pour moi 32 musiciens qui jouent avec moi depuis des années. La musique de Jethro Tull est plus importante que le nom du groupe. Jethro Tull est plus un répertoire comme Bach et les Beatles. Quand je pense au Beatles, je ne pense pas à John ou Paul mais à l’héritage qu’ils ont laissé en réinventant la pop music. La musique de Jethro Tull est un répertoire.

 

Votre musique et spécialement vos paroles ont souvent été critiques envers la société et la religion. Que pense le ménestrel Ian Anderson de notre société et de notre période ? Cela vous inspire ?

Je tire mon inspiration en regardant la télévision, la presse et les photos et ce qui se passe dans le monde ; c’est ce qui fait mon humeur. Je suis à la fois intéressé et effrayé par la politique, la société et les conflits à venir, ainsi que les différentes cultures et sociétés qui se divisent : les politiques, les populistes et les divisions religieuses.

 

Quels sont vos projets pour le futur ?

J’ai annulé deux semaines de répétitions pour cause de maladie et nous allons commencer à travailler sur le nouvel album qui sortira en 2018.

 

Beaucoup de groupes des années 70 comme Black Sabbath font des tournées d’adieu ou se reforme comme Rainbow. Peut être il est temps pour Jethro Tull de se reformer avec le groupe des années 70 ?

Le groupe des années 70 ? Tu sais Jeffrey Hammond (bassiste) ne se porte pas bien et ne joue plus depuis 1976. John Evan (clavier) a du abandonné le piano en 1980. Barriemore Barlow (batteur) ne joue plus de la batterie. Ces musiciens ne sont plus disponibles. Martin Barre (guitare) est disponible mais il est l’un des 32 musiciens de Jethro Tull. Mais que dire aux autres musiciens avec qui je joue depuis 20 ans, si je leur dis « je vous remplace par d’autres personnes » cela serait cruel ! Beaucoup de groupes le font pour l’argent. Je ne le fais pas car je me réjouis de la relation que j’ai avec mes musiciens.

 

Quels conseils donneriez-vous à de jeunes gens qui voudraient être musiciens ou faire partie d’un groupe de rock ?

Mon conseil est quand j’ai commencé dans les années 60, on avait une chance d’avoir du succès. Aujourd’hui c’est une chance sur 10 000 d’avoir du succès, parce que tout le monde veut être dans un groupe de rock ou dans le show business. La population a doublé et nous avons d’énormes changements dans le monde ; trop de gens veulent être dans la pop music. Ils ruinent leur vie en croyant qu’il n’y a que cette possibilité. Je conseillerai de faire des études et d’avoir un travail correct. Jouer de la musique en amateur n’est pas dévalorisant mais un honneur. L’amateurisme n’est pas une honte. Beaucoup de pilote de British Airways jouent de la musique le week-end. Quand j’ai commencé la musique j’étais au collège et j’ai recherché un travail. Etre un peintre ou dans l’art n’est pas facile. Je n’ai rien planifié, j’aurai pu être photographe ou journaliste. J’ai eu de la chance car les choses ce sont faites naturellement c’est ce qui a été excitant. On peut être stupidement célèbre en tuant Donald Trump ! Mais vouloir être célèbre pour être célèbre, c’est comme être une coquille vide et c’est dangereux !

 

Laurent Therese

 

jethrotull.com

 

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