Nouvelle Vague

ALBUM-DE-LEGENDE-Jeff-Buckley-GraceSorti en Août 1994

Il serait injuste d’assumer que le succès de Jeff Buckley soit directement connecté au succès de son défunt père, Tim, car hormis leur étonnante ressemblance physique et un timbre de voix familier, Jeff fut élevé par sa mère et son beau-père, dépourvus de moyens. Son attirance prononcée pour la musique l’emmena néanmoins de Californie à New York où il trima quelques temps avant de trouver enfin une résidence au club Sin-é. Une fois établi, seuls sa voix, sa guitare et son talent lui permirent de fidéliser un noyau de fans toujours plus grand jusqu’à temps que les représentants de maisons de disques défilent pour venir l’écouter. Finalement, c’est avec Columbia que Jeff signera un contrat pour trois albums, rassemblant ses amis musiciens de longue date et assisté par le producteur Andy Wallace, alors en pleine gloire pour sa réalisation des albums « Nevermind » de Nirvana, « Dirty » de Sonic Youth et du premier album éponyme de Rage Against The Machine entre autres.

Des éléments laissant présager un beau succès, mais à sa sortie fin août 1994, l’album peine à décoller malgré la promotion internationale. Ce n’est que par le bouche-à-oreille et d’extensives tournées sur 2 ans que le mythe de Jeff Buckley commencera réellement à se former et qu’il trouvera au fur et à mesure sa place sur les étagères de chacun, le menant en 1997 aux prémices de l’enregistrement d’un deuxième album durant lequel il décède dans une noyade accidentelle. Bien qu’incomplet, l’album « Sketches For My Sweetheart, The Drunk' » ainsi que concerts, raretés et compilations sortiront quasiment chaque année après sa mort, mais un seul album subsistera comme étant celui qu’il aura pu superviser, le seul album que David Bowie aurait, selon ses dires, emmené sur une île déserte: le désormais légendaire « Grace ».

Christopher Mathieu

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