Nouvelle Vague

JAZZ à JUAN : MAGMA / KING CRIMSON

Vander

#NVmagLiveReport
Le 16/07/19 à la Pinède Gould – Juan les Pins (06)

Après le blues, Jazz à Juan propose une soirée exceptionnelle consacrée au Rock (Jazz?) Progressif avec deux groupes cinquantenaires. Les français Magma et les anglais King Crimson.
Première légende à entrer en scène, le Magma de Christian Vander. Huit musiciens. Il n’est pas aisé de raconter un concert de Magma, dire que Christian Vander est habité par sa musique est un faible mot car en fait tout le groupe l’est. Il suffit de voir Benoît Alziary se démener sur son vibraphone ou de regarder le regard du batteur aller constamment de l’un à l’autre. Au programme du jour, deux titres seulement parmi les plus emblématiques du groupe. Köhntarkösz et son intro volcanique, batterie démoniaque, juste avant l’arrivée des voix. Puissance sonore, attaque impeccable, précision du placement de chacun (et chacune). Stella Vander et Hervé Aknin se complètent parfaitement. Le bassiste Philippe Bussonnet maintient le riff de basse sans dévier d’une once. Pour le plus grand plaisir des fans (et des autres, n’en doutons pas) Magma enchaîne après les applaudissements avec Mekanik destruktiv commando. Trois choristes rejoignent le groupe, les amateurs de jazz azuréens reconnaissent Sandrine Destafanis parmi elles. Le cadre est toujours aussi merveilleux, le coucher du soleil éclaire la scène par derrière. Le jeune guitariste Rudy Blas s’autorise quelques chorus de grande classe, plus tard, il double sur ses six cordes le chant de Stella. Vander frappe toujours puissamment mais avec mon de rage que dans le passé, semble-t-il. Leur musique devient hallucinatoire mais reste chaleureuse. En final Christian Vander chante debout entre ses fûts simplement accompagné du Rhodes et de la guitare. Après un dernier salut, ils quittent la scène. Vander revient sur ses pas et dédie le concert (et tous les autres) à John Coltrane.
Après Magma, il fallait bien trois batteurs pour faire le poids. Cela tombe bien King Crimson aligne justement trois batteries sur le devant de la scène. Les autres, les guitares, Robert Fripp, Jakko Jakszyk, les basses de Tony Levin, les saxs et flûte de Mel Collins sont en retrait sur une estrade. Pas de photos autorisée, même les smartphones doivent être dans les poches. Sur les écrans géants images en plan fixe. Après Magma, on a du mal à s’enthousiasmer totalement, malgré la performance technique des batteurs. Malgré la qualité et la complexité des arrangements. Malgré l’impeccable mise en place. Malgré les chorus de saxophones. Malgré une setlist en forme de best of qui fait la part belle à l’album « In The Court of The Crimson King« , paru en 1969…Les ingénieurs du son du groupe ont poussé le volume vers le haut. Les chorus de guitare sonnent heavy metal. Mais les mélodies ne sont pas noyées dans une bouillie sonore. Un show très bien réglé, parfaitement interprété sans la moindre anicroche mais hélas sans la moindre fantaisie.
Minuit pile, fin du set avec un Starless somme tout envoûtant. Puis en rappel, l’inévitable et toujours magique, 21st Century Schizoid Man qui permet à chacun des musiciens d se distinguer une dernière fois.
Il ne nous reste plus qu’à descendre les hautes marches des gradins et rejoindre la nuit…

Jacques Lerognon

Magma
philippe bussonnet

rudy blas

Vander

Benoît Alziary

christian v1

herve aknin

magma

King Crimson
Ils nous prennent en photo… Nous aussi
king

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